Le Canada, leader des non-propriétaires de téléphones mobiles

Clivage numérique

Qu’il soit question de posséder un téléphone intelligent ou simplement cellulaire, c’est au Canada que l’on retrouve la plus grande proportion d’adultes dépourvus de cet outil de communication des temps modernes parmi 14 des pays les plus avancés économiquement.

Les téléphones mobiles ne sont pas aussi omniprésents que l’on pourrait le croire. C’est en effet ce qu’a constaté le Pew Research Center après avoir sondé divers marchés au printemps 2016 afin d’avoir une vue globale de son taux de pénétration à l’échelle internationale.

Proportion d’adultes possédant un téléphone intelligent, un téléphone cellulaire, et aucun de ces types d’appareils

La somme de certaines lignes n'atteint pas 100 puisque les pourcentages ont été arrondis (Source : Pew Research Center).

La somme de certaines lignes n’atteint pas 100 puisque les pourcentages ont été arrondis (Source : Pew Research Center).

Alors que la Suède, les Pays-Bas, l’Espagne et l’Australie font bonne figure avec près de 80% de leurs populations adultes possédant un téléphone intelligent, et que le Canada s’en tire au sixième rang avec un taux de 72%, lorsque l’on se décide de regarder le verre d’eau à moitié vide, le Canada est bon premier. Ainsi, 14% des adultes canadiens sont dépourvus de téléphone mobile tout court selon les observations de la firme de recherche.

Au Canada, 14% de la population adulte ne possèdent aucun téléphone mobile.

C’est 3% de plus que l’Italie, la Pologne ou la Grèce, et le double de ce qui a été observé au Royaume-Uni, qui partage pourtant la même proportion de propriétaires de téléphones Android et iOS.

Il faut dire toutefois que lorsque l’on compare ces récents résultats aux résultats de sondages antérieurs, le nombre d’adultes ayant affirmé ne pas posséder de téléphone mobile a diminué au pays. Il était de 52% à l’été 2002, 40% au printemps 2007, 21% au printemps 2013, pour ensuite atteindre 17% au printemps 2015. D’année en année, cette diminution paraît plutôt constante, avec environ 2,7% de la population qui adhère ainsi à la mobilité.

Sans surprise, le taux d’adoption du téléphone cellulaire est intimement lié aux disparités des classes sociales.

«Il existe des clivages numériques importants en ce qui concerne la propriété de téléphones intelligents signalée par les marchés sondés», mentionne le Pew Research Center dans l’article lié à l’étude. «Dans chacun de ces pays, les jeunes, les personnes qui ont une meilleure éducation et les personnes qui ont un revenu supérieur à la médiane du pays sont tous plus susceptibles de posséder un téléphone intelligent que les membres plus âgés, moins instruits et plus pauvres de leurs sociétés.»

Mais alors que ce phénomène a été constaté dans l’ensemble des pays sondés, comment expliquer que le Canada soit toujours à la traîne en ce qui a trait au taux de pénétration des téléphones mobiles? Comme le soulève le journal Les Affaires, il y a fort à parier que les coûts élevés des appareils (entraîné notamment par notre faible huard) et le prix des forfaits pèsent beaucoup dans la balance.