Les publications secrètement commanditées ne seront plus tolérées au Canada

Dès l'an prochain, blogueurs et influenceurs sur les réseaux sociaux seront tenus de bien identifier toute commandite d'un produit ou d'un service en vedette sur leurs publications.

C’est en effet ce que rapporte aujourd’hui le magazine Canadian Business, dont l’information provient directement des Normes canadiennes de la publicité (NPC), l’organisme à but non lucratif responsable de l’intégrité et de la viabilité de la publicité au Canada.

De nouvelles lignes directrices, établies par les NPC, entreront ainsi en vigueur au début de 2017. Elles s’adresseront particulièrement aux internautes qui sont rémunérés par des entreprises dans le but de faire la promotion de produits, de services, ou d’une marque.

«La vraie question est, les consommateurs ont-ils lu la mention et l’ont-ils comprise?»

«L’approbation et le témoignage favorable d’une personne envers une marque doivent inclure une divulgation de tout lien financier entre le signataire, le critique ou l’influenceur et l’entité qui commercialise le produit ou service en question», explique Janet Feasby, vice-présidente responsable des normes des NPC. «Si un lien existe, il doit être clairement indiqué à proximité de la représentation du produit, et ce, de manière conforme.»

Autrement dit, pas comme l’actrice Chloë Moretz qui tripe un peu trop solide sur son baume à lèvre de marque EOS pour que sa publication ne soit que spontanée.

Soulignons qu’aux États-Unis, de telles lignes directrices ont été adoptées en 2009 par la Federal Trade Commission. La FTC cherche d’ailleurs a endurcir ses règles, trop facilement détournées par les blogueurs et influenceurs.

«Lorsqu’il y a sept autres mots-clics de diverses natures à la fin d’un tweet, les consommateurs peuvent facilement passer par-dessus», a déclaré le mois dernier un porte-parole de la FTC à Bloomberg. «La vraie question est, les consommateurs ont-ils lu la mention et l’ont-ils comprise?»

Quelles seront les conséquences des contrevenants?

Mais voilà, alors que la FTC est une agence gouvernementale ayant le pouvoir d’infliger des amendes, ce n’est pas le cas des Normes canadiennes de la publicité, qui est un organisme d’autoréglementation.

Son plan de match consiste à demander aux contrevenants de cesser leurs pratiques illégales, et en cas de refus, les NPC communiquent directement avec le réseau social sur lequel le message a été publié afin qu’il soit retiré et que la situation ne puisse se reproduire à nouveau. «Il est très rare que quelqu’un ne collabore pas», selon Feasby.

Si une amende doit être imposée, ce sera au Bureau de la concurrence d’en décider. Phil Norris, porte-parole du Bureau, a d’ailleurs confirmé que ces pratiques de non-divulgation pourraient en effet être visées par les règles contre la désinformation et la publicité mensongère.

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