Test de The Rogue Prince of Persia : un roguelite agréable sur Switch 2

The Rogue Prince of Persia
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Après avoir parcouru The Rogue Prince of Persia sur Nintendo Switch 2, un constat s’impose chez Branchez-vous : ce spin-off développé par Evil Empire Studio est un roguelite plaisant qui réussit à marier l’ADN de Prince of Persia avec les codes du genre. Lancé initialement en accès anticipé en 2024 avant sa version 1.0 en août dernier sur PS5, Xbox Series X|S et PC, le titre vient d’arriver cette semaine sur les consoles Nintendo avec de solides atouts.

Un Prince of Persia pas comme les autres

Pour ceux qui n’auraient pas suivi l’actualité du jeu, précisons d’emblée que The Rogue Prince of Persia ne constitue pas une nouvelle entrée conventionnelle dans la saga emblématique d’Ubisoft. Il ne s’agit pas du remake tant attendu des Sables du Temps, ni même d’une suite directe à l’excellent Prince of Persia: The Lost Crown. Non, ce titre emprunte une voie radicalement différente en adoptant les codes du roguelite, ce genre où la mort permanente et la rejouabilité constituent les piliers de l’expérience.

Les influences de Dead Cells, l’un des meilleurs représentants du genre, transparaissent clairement. Et pour cause : Evil Empire Studio, le développeur derrière ce projet, n’est autre que le studio responsable de l’excellent DLC Castlevania pour Dead Cells. Cette expertise se ressent dans chaque aspect du jeu, offrant une base solide pour construire une expérience familière mais agrémentée de la touche unique de Prince of Persia.

Concrètement, The Rogue Prince of Persia nous propose des runs dans des niveaux générés de manière procédurale, jamais identiques d’une partie à l’autre. Chaque tentative offre son lot de découvertes : nouvelles armes à débloquer, améliorations permanentes, chemins alternatifs et bien sûr, des boss imposants à terrasser. Le système fonctionne admirablement et procure cette satisfaction addictive propre aux meilleurs roguelites.

Une histoire simple mais efficace

Comme dans beaucoup de jeux du genre roguelite, le scénario sert principalement de prétexte pour lancer l’action, et il remplit parfaitement ce rôle. Le royaume de Perse subit l’assaut dévastateur des hordes hunniques menées par leur général Nogaï, qui semble disposer d’une magie conférant à ses troupes une puissance redoutable. Face à cette menace implacable, la Perse tombe rapidement.

Dans une tentative désespérée pour mettre fin au conflit, le Prince affronte directement Nogaï. Loin de triompher, notre héros mord misérablement la poussière. Mais contre toute attente, malgré ses blessures mortelles, le Prince ne périt pas et revient mystérieusement à la vie. Un personnage énigmatique et masqué nommé Paachi lui explique que cette résurrection provient de l’amulette qu’il porte sur la poitrine. C’est ainsi que débute notre périple de vengeance pour vaincre le général et ses armées.

Au fil des runs successives, nous rencontrons de nouveaux personnages. Certains trouvent refuge dans notre Oasis, notre camp de base, et nous proposent leurs services : l’armurier débloque de nouvelles armes, d’autres personnages nous confient des missions à accomplir durant les niveaux, comme retrouver un objet spécifique ou ouvrir une porte dissimulée. Ces interactions ajoutent une dimension narrative appréciable qui enrichit progressivement l’univers du jeu.

De ce point de vue, bien que plus simple que certaines références du genre comme Hades II, l’approche narrative reste efficace et suffisamment engageante pour donner du sens à nos tentatives répétées. Les dialogues, sans être extraordinaires, remplissent leur fonction et nous donnent envie de découvrir la suite.

Un gameplay qui marie tradition et innovation

Sur le plan ludique, The Rogue Prince of Persia s’appuie sur des fondations solides éprouvées par le genre, tout en y intégrant sa propre identité. Le système d’équipement permet de porter deux armes simultanément : généralement une arme de mêlée et une autre à distance, chacune modifiant sensiblement l’approche tactique. Nous débloquons progressivement de nouveaux outils, les environnements se génèrent de façon procédurale, de nouveaux biomes s’ouvrent à nous au fur et à mesure de notre progression, des boss finaux nous attendent…

Nous équipons même des amulettes conférant des capacités passives intéressantes, comme transformer chaque coup de pied en attaque étourdissante laissant une traînée collante au sol. La variété des builds possibles encourage l’expérimentation et garantit que chaque run offre une expérience légèrement différente. Cette approche familière du genre constitue une force plutôt qu’une faiblesse, car elle permet aux joueurs de se concentrer sur ce qui rend ce titre unique.

Le parkour comme signature magistrale

Et c’est précisément là que The Rogue Prince of Persia brille de mille feux : le parkour et les acrobaties. Cette mécanique emblématique de la saga s’intègre merveilleusement aux codes du roguelite et transforme complètement la manière d’aborder les niveaux.

Oui, le Prince sait se battre au corps à corps avec des dagues, des masses, des lances ou des épées. Il maîtrise également les arcs et les grappins pour attirer les ennemis à lui. Il peut esquiver en sautant par-dessus ses adversaires ou même les repousser d’un coup de pied pour les précipiter dans le vide. Mais c’est véritablement dans le déplacement que le jeu trouve son identité.

Nous pouvons courir sur les murs (vers le fond du niveau, grâce à un bouton dédié), enchaîner les sauts pour franchir des zones hérissées de poutres en bois, nous balancer, grimper le long de mâts… Le jeu nous récompense même avec un boost de vitesse si nous remplissons une jauge en enchaînant les acrobaties sans interruption. Cette mécanique s’avère extrêmement satisfaisante une fois maîtrisée.

Le titre encourage ainsi une approche rapide et agile. Au début, cette mécanique demande un temps d’adaptation, mais elle devient progressivement naturelle, presque instinctive. L’objectif n’est pas de traverser les niveaux à toute vitesse, mais plutôt de les explorer en se déplaçant « avec style », dans la plus pure tradition de la licence. Cette sensation de fluidité et de maîtrise progressive constitue l’un des plus grands plaisirs du jeu.

En fouillant chaque recoin, nous découvrons des secrets dissimulés, rencontrons de nouveaux personnages susceptibles de nous confier des quêtes, trouvons des amulettes précieuses et bien plus encore. Le level design encourage intelligemment l’exploration sans jamais la rendre obligatoire, respectant ainsi le rythme que chaque joueur souhaite adopter.

Et rassurez-vous : en cas de mort, nous retournons au campement de base, d’où nous pouvons toujours accéder à certains niveaux déverrouillés, tester de nouvelles armes ou acquérir des capacités permanentes grâce aux montées de niveau accumulées. La progression reste constante et gratifiante, évitant la frustration excessive qui peut parfois entacher certains roguelites plus punitifs.

Un contenu généreux et bien pensé

Il faut noter que lors de chaque run, nous visitons au maximum cinq biomes différents parmi les neuf disponibles, et affrontons un total de trois boss. Cette structure offre une belle variété tout en maintenant une durée de run raisonnable, permettant de multiplier les tentatives sans lassitude. Le nombre total de biomes et d’ennemis assure une rejouabilité solide, avec toujours quelque chose de nouveau à découvrir.

Un style artistique absolument charmant

Visuellement, The Rogue Prince of Persia enchante immédiatement le regard. Le style cartoon coloré et dynamique habille magnifiquement tant les personnages que les décors, offrant une esthétique fraîche et distinctive qui se démarque dans le paysage actuel. Chaque biome possède sa propre identité visuelle, avec des palettes de couleurs variées et des atmosphères distinctes qui rendent l’exploration constamment plaisante.

Sur Nintendo Switch 2, où nous avons effectué notre test, le titre tourne à 60 images par seconde constants, garantissant une fluidité impeccable essentielle pour un jeu misant autant sur la réactivité. La résolution semble atteindre le 4K (possiblement rescalé) en mode docké, et 1080p en mode portable. La qualité visuelle impressionne particulièrement en mobilité où nous avons passé la majorité de notre temps de jeu, profitant de chaque déplacement pour enchaîner quelques runs supplémentaires.

Les animations du Prince méritent une mention spéciale. Chaque mouvement, chaque saut, chaque attaque respire la fluidité et le dynamisme. Voir notre personnage enchaîner les acrobaties avec grâce tout en éliminant les ennemis procure une satisfaction visuelle constante. L’équipe artistique a parfaitement capturé l’esprit acrobatique de la licence tout en l’adaptant à ce nouveau contexte.

Une bande sonore irréprochable

La bande sonore mérite également tous les éloges. Du thème chanté qui nous accueille dans le menu principal aux compositions accompagnant chaque run, l’ensemble constitue un véritable régal pour les oreilles. Chaque morceau s’adapte parfaitement à l’action et renforce l’immersion dans cet univers réinventé de Prince of Persia. Les compositions orientales mêlées à des rythmes modernes créent une ambiance unique qui reste en tête bien après avoir éteint la console.

Quelques petits points d’amélioration

Sur le plan technique, nous avons noté quelques aspects perfectibles. Les temps de chargement entre les biomes s’avèrent un peu longs, oscillant entre 20 et 30 secondes. La vibration de la manette pourrait également offrir davantage de nuances pour mieux retranscrire les différentes actions.

Bien que le jeu fonctionne généralement de manière fluide, nous avons rencontré quelques rares plantages obligeant à fermer et relancer l’application. Ces incidents restent exceptionnels et n’entachent pas vraiment l’expérience globale, mais méritent d’être mentionnés pour l’exhaustivité de ce test.

Une accessibilité bienvenue

The Rogue Prince of Persia constitue une excellente porte d’entrée pour s’initier aux roguelites. Le titre adopte une approche plus « amicale », bien que la mort et le cycle de répétition caractéristique du genre soient bel et bien présents. Cette accessibilité se manifeste notamment lors des affrontements contre les boss, équilibrés pour offrir un défi stimulant sans frustration excessive.

Pour les joueurs aguerris du genre, le principal défi consistera à maîtriser pleinement les mécaniques de parkour et d’acrobaties pour atteindre une fluidité totale. Cette courbe d’apprentissage progressive ajoute une dimension technique satisfaisante qui récompense la pratique et l’amélioration continue.

Terminer l’histoire principale requiert approximativement dix heures de jeu. En explorant tout le contenu optionnel, cette durée grimpe à environ quatorze heures. Les complétionnistes déterminés à tout découvrir, débloquer chaque arme et maîtriser chaque build pourront atteindre les 25 heures de jeu, ce qui représente un rapport qualité-prix très honorable.

Verdict

The Rogue Prince of Persia réussit le pari ambitieux de transposer l’essence de la célèbre saga dans le cadre exigeant du roguelite. Si le jeu s’appuie sur des mécaniques éprouvées du genre, il y ajoute sa propre identité grâce à un système de parkour absolument jubilatoire qui transforme complètement l’expérience.

Evil Empire Studio démontre une nouvelle fois son expertise dans le genre, offrant une structure solide et addictive. Le système de progression reste constamment gratifiant, la variété des armes et des builds encourage l’expérimentation, et les neuf biomes offrent suffisamment de diversité pour maintenir l’intérêt sur la durée.

Mais c’est véritablement dans les déplacements que le jeu trouve sa signature. Enchaîner les acrobaties, courir sur les murs, bondir d’une plateforme à l’autre tout en éliminant des ennemis procure une satisfaction rare. Cette fluidité de mouvement, une fois maîtrisée, élève l’expérience au-dessus de nombreux autres roguelites et justifie pleinement l’existence de ce projet.

L’accessibilité du titre constitue également un atout majeur. Pour les néophytes du roguelite recherchant une introduction en douceur au genre, The Rogue Prince of Persia représente un excellent choix. Son approche bienveillante, son style visuel charmant et son système de parkour plaisant en font une proposition séduisante. Les fans de longue date de la licence Prince of Persia y trouveront également leur compte, découvrant une nouvelle facette de cet univers qu’ils chérissent, tout en retrouvant les sensations qui ont fait le succès de la saga.

Pour les vétérans du genre roguelite, le titre offre suffisamment de profondeur pour justifier l’investissement. La maîtrise complète du système de mouvement demande du temps et de la pratique, et la recherche des meilleures synergies entre armes et amulettes assure une rejouabilité solide.

Au final, The Rogue Prince of Persia est un roguelite de qualité qui honore l’héritage de la saga tout en apportant sa propre contribution au genre. C’est une production soignée, agréable et addictive qui plaira autant aux fans de Prince of Persia qu’aux amateurs de roguelites cherchant une expérience mettant l’accent sur la mobilité et les acrobaties. Un spin-off réussi qui prouve que la licence peut s’adapter avec brio à différents genres sans perdre son âme.

17/20
Points positifs
  • Le système de parkour est extrêmement fluide et renouvelle brillamment l’approche du roguelite.
  • Les déplacements acrobatiques procurent une sensation de liberté et de maîtrise rarement atteinte dans le genre.
  • La variété des armes, des builds et des amulettes encourage fortement l’expérimentation.
  • La progression reste gratifiante et évite la frustration excessive propre à certains roguelites.
  • La direction artistique colorée et stylisée confère une identité visuelle immédiatement reconnaissable.
  • La fluidité en 60 images par seconde sur Nintendo Switch 2 garantit un confort de jeu optimal.
Points négatifs
  • Les temps de chargement entre les biomes peuvent casser légèrement le rythme des runs.
  • Quelques rares plantages techniques viennent ternir une expérience autrement très solide.
  • La vibration de la manette manque de nuances et aurait pu renforcer davantage l’immersion.

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