Test du jeu Hyrule Warriors: Age of Imprisonment – Addictif, mais sans surprise

Hyrule Warriors: Age of Imprisonment
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Avouons-le d’emblée: ce ne sont pas tous les dérivés de la franchise The Legend of Zelda qui ont brillé. J’ai notamment en tête un certain The Legend of Zelda: TriForce Heroes, étrange mélange entre un Zelda traditionnel et la…mode. Cependant, le test ayant mené à la création de la série Hyrule Warriors fut beaucoup plus concluant et intéressant. Le dernier en liste parvient lui aussi à nous offrir une expérience addictive à défaut de proposer une expérience originale.

Un premier Âge d’Hyrule qu’on connaît déjà

Hyrule Warriors: Age of Imprisonment se déroule en parallèle des événements de The Legend of Zelda: Tears of the Kingdom. En fait, vous pourrez finalement vivre les récits de cet Âge narrés dans Tears of the Kingdom alors que la princesse Zelda est catapultée dans le passé alors qu’Hyrule vient à peine de naître. Accompagnée par le roi Rauru et sa femme Sonia, Zelda se fera de nouveaux allié.es et deviendra rapidement l’une des principales protectrices de son royaume passé, menacé par des forces sinistres menées par un certain Ganondorf.

La prémisse de Age of Imprisonment paraît et est, sommes toutes, intéressante. Toutefois, elle ne contient pas de surprises. Si vous pensiez en apprendre davantage sur Hyrule et ses personnages ou bien approfondir le lore des deux derniers opus principaux de la série The Legend of Zelda, vous serez déçu. Age of Imprisonment se contente de donner vie aux événements évoqués dans Tears of the Kingdom plutôt que de proposer une histoire approfondissant ce que l’on connaît déjà si on a déjà joué à ce dernier. Ainsi, si le scénario est bien écrit et demeure accrocheur, il manque de punch.

Qui plus est, la majorité des 19 personnages jouables sont inintéressants. Certains tels que Zelda, Rauru et Calamo sortent du lot, mais les autres ne sont que des calques les uns des autres qui, de surcroît, n’apportent rien à l’histoire générale. C’est dommage puisque certaines séquences de Age of Imprisonment sont poignantes, que l’on parle d’une certaine perte importante pour le roi Rauru ou de la transformation de Ganondorf en tyran sanguinaire. Le tout n’est malheureusement pas soutenu par une écriture et un développement de personnages suffisamment intéressants pour faire briller les 19 héros du premier Âge d’Hyrule.

Un musou classique, mais peaufiné

À l’instar des autres Hyrule Warriors, Age of Imprisonment est un jeu de style musou. Si vous ignorez de quoi il s’agit, vous prenez le contrôle d’un ou quelques personnages sur divers champs de bataille et devenez une véritable machine de destruction massive. Vous pouvez ainsi massacrer des centaines, voire des milliers d’ennemis à l’aide des techniques de vos personnages. Facile à prendre en main, ce genre de jeu vise surtout à nous permettre de nous défouler en éliminant un nombre effarant d’adversaires.

Age of Imprisonment reprend essentiellement le style et les mécaniques d’Age of Calamity. À mesure que vous avancerez au sein de la campagne, vous débloquerez de plus en plus de missions se divisant en diverses catégories. Par exemple, vous aurez des missions de ravitaillement consistant à livrer des matériaux que vous acquérez sur les champs de bataille, des missions secondaires complémentant les événements des missions principales, des missions de bataille, etc. À l’image d’Age of Calamity, le nombre de missions se débloquant au fil des dizaines d’heures de la campagne principale est impressionnant tant elles sont nombreuses.

Sur le champ de bataille, vous pourrez réaliser des techniques de base et d’autres plus puissantes. Tout comme dans les autres Hyrule Warriors, vous pourrez combiner vos attaques afin d’effectuer des combos dévastateurs et exécuter des techniques spéciales propres à chaque personnage une fois une jauge remplie. De plus, Age of Imprisonment introduit les techniques de duo permettant à deux héros situés à proximité de déclencher de puissantes attaques afin de massacrer tout sur leur passage. Avec 19 héros, les techniques en duo sont nombreuses et, pour la plupart, très efficaces.

Par ailleurs, vous serez toujours invité à affaiblir des ennemis coriaces en vidant une jauge de résistance. Une fois cela fait, l’ennemi vacillera et sera vulnérable à une attaque ciblant son point faible. Toutefois, Age of Imprisonment introduit davantage d’attaques permettant de contre-attaquer les techniques autrement implacables d’adversaires. Non seulement ces techniques sont-elles efficaces, mais elles sont au coeur des mécaniques de combat du jeu. Vous serez invité à stopper l’action et à cibler rapidement l’attaque permettant de contre-attaquer un monstre se lançant dans les airs ou bien vous chargeant.

En somme, Age of Imprisonment ne réinvite pas le style de combat propre aux musou. Vous ferez toujours face à des dizaines, voire des centaines d’adversaires à la fois et serez invité à utiliser votre arsenal de techniques pour les affronter. Cependant, Age of Imprisonment introduit de belles et nouvelles subtilités afin de rendre les actions encore plus efficaces et jouissives lorsqu’on se retrouve en plein combat.

Moins de stratégie, plus d’action

Une grande différence que vous remarquerez rapidement entre Age of Imprisonment et ses prédécesseurs est son changement de cap entre l’action et la stratégie. En fait, ce nouveau Hyrule Warriors met davantage de focus sur l’action que sur les stratégies. Même si vous pourrez préparer plusieurs missions en sélectionnant vos personnages ainsi qu’en les améliorant, l’accent sera surtout mis sur l’élimination des ennemis. À cet effet, il sera rare qu’un camp que vous aurez réussi à récupérer retombera aux mains de l’ennemi. De plus, les adversaires se régénèrent moins qu’au sein des précédents Hyrule Warriors et des jeux de la franchise Dynasty Warriors. Koei Tecmo a ainsi recentré le focus des missions afin d’amoindrir la répétition liée à l’élimination constante d’adversaires ne faisant que réapparaître sur le champ de bataille.

Par ailleurs, il est plus facile de récolter des ressources au sein des missions. Que l’on parle d’objets de ravitaillement ou bien d’acier pour les divers types d’armes proposées par le jeu, Age of Imprisonment est moins pénible dans la récolte de ressources ou ce que l’on appelle en bon français le grinding. Vous en aurez toujours à faire, spécialement si vous désirez mettre la main sur de l’acier plus rare permettant d’améliorer la force et les capacités de vos armes, mais le tout est beaucoup moins pénible qu’au sein d’autres jeux musou.

Or, malgré ces améliorations, j’aurais souhaité que les 19 personnages jouables soient plus intéressants et distincts les uns des autres. Ce n’est pas qu’au niveau scénaristique qu’ils sont décevants, mais aussi lorsqu’on plonge dans leurs souliers. Trop d’entre eux ne sont que des calques les uns des autres, dont les Gorons, les Hyliens et les Gerudos mis de l’avant. Avant longtemps, je me suis concentré sur Zelda, Rauru, Calamo et un certain Golem faisant penser à un personnage central de la série The Legend of Zelda (…) et ai laissé tomber une dizaine des héros offerts tant leur style et personnalité propre m’ennuyaient.

La puissance de la Nintendo Switch 2 mise à profit

Au niveau technique, Age of Imprisonment représente une belle avancée, notamment par rapport à Age of Calamity. Si la direction artistique demeure la même, la puissance de la Nintendo Switch 2 permet d’offrir un jeu fluide roulant à 60 images/seconde en tout temps, et ce peu importe l’action à l’écran. Les couleurs sont vibrantes tandis que les effets spéciaux tels que les particules éblouissent nos iris. Le simple fait de jouer à un musou avec une telle fluidité et une direction artistique ayant fait ses preuves rend l’expérience plus agréable que celle de ses prédécesseurs.

Même constat au niveau sonore, la musique orchestrale inspirée des derniers The Legend of Zelda étant tout aussi efficace qu’au sein de ces derniers. Le doublage, notamment offert en français canadien, est quasi-impeccable. Si tous les dialogues ne sont pas doublés, ceux l’étant au sein des cinématiques sont de haute qualité, et ce peu importe la langue choisie. De la belle et grande collaboration comme savent le faire Koei Tecmo et Nintendo !

Devriez-vous y jouer ?

Hyrule Warriors: Age of Imprisonment n’est peut-être pas original et est maladroit sur bien des facettes, mais il n’en demeure pas moins un solide jeu de type musou. On aurait souhaité un meilleur scénario ainsi que des protagonistes plus intéressants tant sur un plan scénaristique qu’au niveau de leur implantation dans les mécaniques de jeu. Malgré tout, le jeu est addictif, propose beaucoup de contenu et recentre certaines portions de la recette classique des musou pour amoindrir la fatigue du grinding de ce type de jeu.

Hyrule Warriors: Age of Imprisonment est imparfait, mais c’est dans son imperfection qu’il parvient à divertir tout amateur de jeu d’action voulant vivre certains événements ayant façonné le Hyrule introduit dans Breath of the Wild et Tears of the Kingdom.

16/20
Points forts
  • Techniquement plus fluide et de meilleure qualité que le précédent Hyrule Warriors
  • Mécaniques peaufinées rendant l’expérience moins lourde que d’autres musou
  • Beaucoup de contenu
Points faibles
  • Scénario peu original et globalement décevant
  • Une majorité des 19 personnages jouables sont inintéressants
  • Très similaire globalement à Age of Calamity

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