Quand même Palmer Luckey croit davantage en la réalité augmentée que virtuelle

Le pied dans la bouche?

Exclusif

Palmer Luckey, à qui l’on doit le regain de popularité de la réalité virtuelle, est sûrement un excellent ingénieur. Mais en termes de communications, c’est loin d’être gagné.

En effet, les dernières déclarations du fondateur d’Oculus et créateur du casque de réalité virtuelle Rift ne sont pas très loin du suicide commercial lorsqu’on le lit au premier degré.

L’Oculus Rift, un concept cher et primitif?

Pour une fois qu’un représentant d’une entreprise techno ne verse pas dans la boulechite, on peut s’en féliciter. Loin d’annoncer le nouveau gadget technologique qui sera le symbole d’une possible nouvelle révolution numérique, Luckey a plutôt fait dans la critique brute de décoffrage au sujet de sa propre industrie. Après une couverture du Time moquée partout sur la Toile, voilà que de nouvelles déclarations de Luckey en ont titillé certains.

En effet, dans une entrevue réalisée par GameSpot, il a déclaré (traduction libre) : «Je ne m’attends pas à ce que quelqu’un soit intéressé par la réalité virtuelle actuellement, car c’est pour l’instant une preuve de concept primitive et plutôt chère comparativement à ce que nous voudrions qu’elle soit, tel que la science-fiction a pu la décrire. En revanche, il est inévitable que la technologie s’améliorera constamment.» 

On peut décemment affirmer que ce n’est définitivement pas le ton généralement utilisé par les bonzes de l’industrie qui prônent, ad nauseam, que leur patente changera l’humanité à jamais.

«[La réalité virtuelle] est pour l’instant une preuve de concept primitive et plutôt chère comparativement à ce que nous voudrions qu’elle soit.»

Aussi honnête soit-il, les changements que cette technologie va apporter sont pourtant facilement imaginables. Mais ce ne sera évidemment pas pour tout de suite. Comme toujours ce seront les early adopters qui paieront le prix fort résultant d’années de recherche et de développement. C’est du moins ce qu’il a affirmé un peu plus tard dans l’entrevue. Une fois de plus, il est plutôt rare de voir un leader de l’industrie le clamer haut et fort sans craindre les remontrances incisives et paternalistes de ses départements de relations publiques et de marketing.

Car l’amélioration de ladite technologie passera indéniablement par une baisse de prix drastique afin de s’en équiper. Alors que le coût de 1 500$ avait été évoqué, Palmer ajoute qu’il aimerait bien voir ce prix baisser à 1 200$, précisant que dans ce coût d’acquisition de la technologie, c’est le PC qui évidemment prend la part du lion, et que le Rift d’Oculus ne représente qu’une fraction de l’investissement initial.

La réalité augmentée a la côte

Mais lorsque l’on parle de cette nouvelle réalité virtuelle, il ne faut pas mettre de côté la réalité augmentée, qui pourrait voir des applications pratiques se mettre en place beaucoup plus rapidement que sur les plateformes de sa cousine plus immersive.

Alors qu’en juillet Microsoft offrait jusqu’à 100 000$ US pour trouver des applications à son casque HoloLens, c’est peut-être la Kinect qui réussira à amener certaines nouveautés grâce à une technologie déjà vieillissante et dont le succès fut très limité.

Le MEDL (Modeling and Educational Demonstrations Laboratory) de l’Université de Californie à Los Angeles a développé une nouvelle technique afin d’utiliser la réalité augmentée. Leur objectif? Aider les étudiants à mieux visualiser l’impact de la modification d’un environnement sur la dynamique des fluides. Grâce à leur bac à sable 2.0, les étudiants peuvent manipuler la matière et modifier en temps réel la carte d’élévation qui est projetée, teintant de couleurs variées les différentes altitudes et permettant la simulation du déplacement de l’eau. 

Plus accessible et ne causant aucune sensation nauséeuse, la réalité augmentée a de très beaux jours devant elle, et ce, quelles qu’en soient les applications. Microsoft a ainsi déjà présenté son arme, et l’on soupçonne Apple de travailler dans l’ombre sur des technologies équivalentes. La prochaine révolution serait donc officiellement celle de la réalité augmentée bien avant celle de la réalité virtuelle, à moins que ce ne soit un mélange des deux, comme l’essaie actuellement le centre de divertissement The Void.

Enfin, la tendance pourrait logiquement s’inverser si, tout d’un coup, il en coûte moins de 1 000$ pour s’équiper, soit le prix des derniers modèles d’iPhone les moins chers sur lesquels personne ne rechigne à dépenser sans réfléchir…

Et vous, êtes-vous de type réalité virtuelle ou réalité augmentée?

  • Jean-Marie Boissonneault

    Les systèmes actuel de VR et AR sont mûr présentement. Les offres se multiplirons, la technologie se raffinera les prix baisserons mais c’est certain que c’est là pour resté. Dans un horizon de 5 ans approx c’est technologies seront matures et redéfiniront notre approche audio-visuel. Il y aura certainement des système hybrides. Pour le moment les deux ont leurs niches.

  • kajun

    La VR est trop chère et demande trop de puissance pour un gros jeu AAA,elle n’est pas prête pour le public.