Twitter poursuit Washington

Liberté d'expression

Twitter a déposé une poursuite contre le département de la Sécurité intérieure des États-Unis après que celui-ci lui ait transmis une requête lui demandant de révéler l’identité d’un utilisateur anti-Trump.

MISE À JOUR : Washington abandonne sa demande à Twitter de révéler l’identité de l’un de ses détracteurs

Le réseau social a évoqué la liberté d’expression pour justifier son refus de remettre au gouvernement des informations au sujet du compte @ALT_uscis, dont la majorité des messages s’opposent aux politiques protectionnistes sur l’immigration du gouvernement Trump. Washington soupçonne le compte en question d’être administré par un fonctionnaire du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.

Twitter a rappelé qu’il existe aux États-Unis une longue tradition de discours politique anonyme, et qu’elle souhaite la défendre.

Twitter a rappelé qu’il existe aux États-Unis une longue tradition de discours politique anonyme, et qu’elle souhaite la défendre.

«En vertu du premier amendement de la Constitution américaine, le droit à la liberté d’expression accorde aux utilisateurs de Twitter et à Twitter elle-même le droit notamment de diffuser un discours politique anonyme ou pseudonyme», déclare l’entreprise dans sa plainte déposée jeudi.

Selon des experts juridiques interrogés par Reuters, cette demande du gouvernement est très inhabituelle en comparaison aux précédentes requêtes transmises à des entreprises comme Twitter et Facebook. Généralement, de telles demandes de renseignements confidentiels sont attachées à une enquête criminelle ou liées à une menace pour la sécurité nationale. Ici, la requête est appuyée par une enquête interne du département de l’immigration, et il n’existe aucun précédent à ce sujet.

Alors que les parties impliquées au sein du gouvernement des États-Unis ont refusé de commenter l’affaire, le sénateur démocrate Ron Wyden de l’Oregon a déclaré dans un communiqué que la requête était un gaspillage de ressources, en soulignant que cette tentative de découvrir l’identité d’un critique anonyme équivalait à une chasse aux sorcières.

«Nous ne voyons aucun motif valable pour lequel le gouvernement a ordonné de démasquer l’identité de cette personne», a déclaré Esha Bhandari, avocate de l’American Civil Liberties Union qui représente l’utilisateur anonyme. Bhandari a ajouté que le droit au discours anonyme opposé au gouvernement étant «une valeur ancré dans l’histoire américaine» fortement protégée par le premier amendement de la Constitution des États-Unis.

Ce n’est pas la première fois que Twitter s’oppose à de telles demandes de la part de son gouvernement. En 2014, l’entreprise a poursuivi le département de la Justice des États-Unis, souhaitant obtenir le droit de révéler publiquement plus d’informations au sujet des nombreuses requêtes de sécurité nationale qui lui étaient transmises. Selon Reuters, le procès a été partiellement rejeté l’an dernier.