Pirater un frigo

Internet des objets

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Depuis les dernières années, les fabricants de différents types d’objets se tournent de plus en plus vers les technologies de l’information pour agrémenter leur offre.

Pensons simplement aux brosses à dents pouvant se connecter à un appareil téléphonique intelligent. Il faut voir qu’il s’agit, dans les faits, d’une tendance globale à la connectivité des objets du quotidien à l’Internet. Ce phénomène est désormais connu comme étant l’Internet des objets.

On s’entend, avoir un grille-pain connecté à l’Internet dans le but de pouvoir vous envoyer un tweet quand vos rôties sont prêtes n’est peut-être pas vraiment utile, et ce, même si vous essayez très très fort de vous convaincre.

L’Internet des objets

Sans entrer dans les détails définitionnels et techniques, disons simplement que l’Internet des objets est l’extension de l’Internet vers des objets physiques, notamment des objets du quotidien.

Il s’agit donc de briser la barrière qui fait en sorte que l’Internet n’a généralement pas tendance à s’exporter au-delà du monde de l’électronique et de l’intégrer dans des objets ayant des fonctionnalités usuelles.

Une utilité relative

Pour plusieurs, les objets connectés peuvent paraître plus ou moins utiles. Avouons-le, il y a parfois des moments où on se demande s’il est aussi intéressant de connecter des objets à un réseau. On s’entend, avoir un grille-pain connecté à l’Internet dans le but de pouvoir vous envoyer un tweet quand vos rôties sont prêtes n’est peut-être pas vraiment utile, et ce, même si vous essayez très très fort de vous convaincre.

Par contre, il y a de toute évidence des objets qui gagnent effectivement à être connectés à l’Internet. On pense notamment au thermostat de Nest. Cet appareil combine à la fois la force de l’intelligence artificielle – il s’adapte à votre quotidien – mais en plus, il utilise la force de l’Internet en vous offrant la chance de pouvoir moduler la température de votre résidence en exploitant une application mobile.

nest

Idem pour les systèmes d’alarme autonomes qui se trouvent connectés à l’Internet et qui peuvent protéger votre domicile. On voit que des projets comme Canary sont effectivement prometteurs et peuvent démontrer une puissance accrue lorsqu’ils sont connectés à l’Internet.

L’éternelle question de la sécurité

D’un point de vue d’usage, il faut donc comprendre que l’utilité de l’Internet des objets est relative et bien interprétative. Par contre, d’un point de vue de sécurité, là le débat est moins ouvert à l’interprétation. En effet, qui dit appareil connecté à l’Internet, dit nécessairement appareil éventuellement vulnérable à des assauts en provenance de gens malintentionnés, ou de systèmes tout simplement déficients.

Conséquemment, ce n’est qu’une question de temps avant que des attaques informatiques visent, ou proviennent d’appareils intelligents du genre. C’est également une question de temps avant qu’une défaillance importante finisse par mettre KO des pans importants de nos vies d’homo numericus1. De la science-fiction vous dites?

De la science-fiction vous dites? Ha bon. Il existe pourtant des travaux qui tendent à démontrer que des appareils intelligents catégorisés comme faisant partie de l’Internet des objets participent à des attaques distribuées diverses.

Ha bon. Il existe pourtant des travaux qui tendent à démontrer que des appareils intelligents catégorisés comme faisant partie de l’Internet des objets participent à des attaques distribuées diverses. En d’autres mots, des appareils intelligents font désormais partie de botnets. La compagnie de sécurité Proofpoint a d’ailleurs récemment publié des informations à l’effet qu’un frigo aurait participé à une campagne de polluriel à l’intérieur d’un réseau de Botnet.

Pensons aussi à cette étude qui démontre les failles sécuritaires présentes dans les stimulateurs cardiaques. Étant donné la rapidité avec laquelle les technologies de l’information pénètrent le secteur de la santé et le fait que cette intégration n’est pas toujours faite de manière sécurisée, je dois bien avouer que je suis un tantinet inquiet.

La propension à tout vouloir connecter tout le temps aura, tôt ou tard, des effets plus graves qu’on aurait pu l’imaginer. Étant donnée la volonté de différents manufacturiers de continuer à pousser sur l’intégration de l’Internet dans différents objets, il serait probablement important de réfléchir sur l’innocuité de telles initiatives.

1. NDLR : Bien que de nombreux internautes préfèrent utiliser «homo numeris», le prétendu adjectif latin «numeris» n’existe pas. Merci à notre latiniste maison, Philippe Gagnon.

  • http://stech72.tumblr.com/ Steve C

    Des snoreaux ont piraté l’imprimante 3d de l’université UCLA du département de Desing si je me rappelle bien … Ils ont fait tourner l’imprimante sans arrêt et vidé les bacs de la matière source ( en occurrence ici du nylon) … 5000$ de nylon perdu et un dégât très désagréable ont ramassé ……

    Le problème je crois qu’il se situe là …. savoir qu’un espion chinois ou encore la NSA sache qu’il me manque de la mayo dans le frigo m’importe peu, mais que la faille permet a un conard de dégelé mon congélateur c’est autre chose ….

    • Benoît Gagnon

      En effet, un tapon qui décide de foutre le bordel avec les thermostats, ou tout simplement un système qui déconne et qui fait des choses comme décongeler le frigo. C’est tout aussi problématique!