Votre téléphone est-il votre meilleur ennemi?

Aider son prochain

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Chers branchés, encouragez vos proches à se méfier de leurs téléphones intelligents. C’est pour leur propre bien. Promis, juré, «crashé».

Un téléphone intelligent, c’est bien pratique. Mais encore faut-il savoir s’en servir avec discernement, sinon cet appareil si utile peut se retourner contre nous. Ça vous semble évident, n’est-ce pas? Eh bien, ce n’est peut-être pas le cas pour l’un des membres de votre famille ou pour l’un de vos amis un peu moins calé en matière de technologie. 

Votre maman vous a sans doute déjà dit de ne pas courir avec des ciseaux dans les mains. Mais ce qu’elle a probablement négligé de vous dire, c’est qu’il y a des gens qui ne devraient même pas utiliser des ciseaux à bouts ronds quand ils sont attachés à une chaise rembourrée et qu’ils portent une armure en kevlar anti-balles.

Du moins, c’est l’impression qui se dégage de quelques études récentes qui démontrent que les comportements risqués ou inappropriés sont toujours aussi désespérément répandus. En tant que geeks, nous avons une certaine responsabilité envers nos proches : protégeons-les contre leurs mauvais instincts et ils ne seront que plus heureux de venir réparer nos robinets qui fuient dans le futur.

Le mystère des données zombies

Quand vous étiez petit, votre maman vous a sans doute déjà dit de ne pas courir avec des ciseaux dans les mains. Mais ce qu’elle a probablement négligé de vous dire, c’est qu’il y a des gens qui ne devraient même pas utiliser des ciseaux à bouts ronds quand ils sont attachés à une chaise rembourrée et qu’ils portent une armure en kevlar anti-balles.

Or, aujourd’hui, certaines de ces personnes ont des téléphones intelligents. Et ça paraît.

Par exemple, il y a des gens qui prennent des photos de leurs zwiz avec leurs téléphones et qui vendent ensuite ceux-ci à de parfaits inconnus sans se donner la peine d’effacer les images compromettantes correctement. Récemment, la compagnie de sécurité Avast a acheté une vingtaine de téléphones Android usagés sur eBay et, sans trop se forcer, y a trouvé 250 photos de zwiz, plus de 750 photos de femmes dévêtues, 250 contacts personnels, et même un document de demande de prêt bancaire rempli d’informations confidentielles. Tout au plus les employés de la compagnie ont-il dû installer des utilitaires de recouvrement de données effacées comme on en retrouve partout; on présume que, dans certains cas, même cet effort minimal n’a pas été nécessaire.

La nature humaine étant ce qu’elle est, il y avait probablement, parmi les anciens propriétaires de ces téléphones, quelques exhibitionnistes qui ont fait exprès pour vendre leurs appareils assaisonnés d’images louches. Les autres risquent d’avoir de petites surprises.

Un téléphone de perdu, 42 000 informations de retrouvées

Si vous voyez un être cher utiliser un téléphone sans avoir besoin de déverrouiller l’écran de celui-ci, dépêchez-vous de lui donner une bonne tape sur les doigts. Parce qu’en cas de perte, et à plus forte raison en cas de vol, il est à peu près certain que la personne qui mettra la patte sur l’appareil tentera d’y trouver des informations que votre ami(e) préférerait garder secrètes.

En février dernier, Symantec a réalisé une adaptation canadienne de son célèbre projet Honey Stick, dans lequel la compagnie laissait volontairement traîner des téléphones non protégés dans des endroits publics afin d’observer les comportements des gens qui retrouveraient ceux-ci. En tout, les espions de Symantec ont «semé» 60 téléphones dans six villes, dont Montréal et Ottawa. 

Les résultats sont navrants : pas moins de 72% des cobayes ont tenté d’accéder à une application contenant une liste (heureusement fictive) de mots de passe et d’identifiants, tandis que 50% ont tenté d’accéder aux photos du propriétaire – soit à peine moins que les 55% qui ont éventuellement tenté de retourner les appareils trouvés.

Mais à quoi ont-ils pensé?

Et ça, c’est sans parler des comportements qui n’entraînent aucun risque – sauf celui de recevoir une gifle en récompense. 

Ai-je besoin de préciser que si vous avez un ami qui trouve normal de prendre un selfie rigolo dans un camp de concentration, vous devriez : d’abord lui donner une leçon de savoir-vivre, ensuite changer d’ami?

Dans le cadre de sa campagne #PetiteGene, Telus a mené un sondage Google qui illustre fort bien certaines habitudes désolantes.

Par exemple, 11,8% des répondants ont indiqué que le cinéma était l’endroit où l’utilisation du téléphone était la plus inappropriée. C’était la réponse la plus populaire; il n’y a, par exemple, que 10,4% qui ont répondu : «des funérailles». Or, si je ne me rappelle pas avoir jamais vu qui que ce soit tweeter une oraison funèbre en direct, je ne compte même plus les voisins de bancs gnochons dont les petits écrans rivalisent d’intensité lumineuse avec le grand écran sur lequel j’essaie de regarder le film.

Si vous avez un ami qui est célibataire contre son gré, le téléphone est peut-être aussi la cause de son état. Pas moins de 53,9% des répondants au sondage de Telus ont affirmé que, si un «candidat» sortait son téléphone pendant une première rencontre, il n’y en aurait pas de deuxième. Sans doute ne savent-ils que trop bien quel message interrompre une conversation pour prendre un appel communique à l’interlocuteur, puisque 75% des répondants ont aussi avoué avoir utilisé leur téléphone pour éviter ou terminer un échange face à face qui ne les intéressait pas!

Oh, et est-ce que j’ai besoin de préciser que si vous avez un ami qui trouve normal de prendre un selfie rigolo dans un camp de concentration, vous devriez : d’abord lui donner une leçon de savoir-vivre, ensuite changer d’ami? Même, si comme celui d’une certaine Princess Breanna, le selfie en question a été retweeté et/ou classé favori plusieurs milliers de fois?

Conclusion

Amis geeks, ne prenez pas de risques : 

  • Si un de vos proches envisage de donner ou de vendre son téléphone, assurez-vous que les données qui s’y trouvent sont vraiment détruites au préalable.
  • S’il ne protège pas son écran avec un mot de passe, mettez-en un pour lui à son insu – et ne lui donnez la combinaison qu’après une judicieuse période de pénitence.
  • Enfin, si la première bande-annonce est terminée et que le cellulaire de votre chéri(e) n’est pas encore éteint, détournez son attention avec un langoureux baiser et profitez de l’occasion pour ranger l’appareil dans votre propre poche jusqu’à la fin du film et ainsi lui éviter des bosses et/ou un téléphone piétiné par un cinéphile enragé.

Rappelez-vous qu’en matière de technologie comme partout ailleurs, l’amour, ça se protège!

  • jay

    Le risque n’est pas juste avec les téléphones. Je me rappelle avoir acheté un iPod usagé chez Best Buy et celui-ci n’avait même pas été reconditionné et contenait encore plusieurs centaines de chansons… Heureusement pour le propriétaire précédent aucun document ou photo n’avait été stocké dessus.

  • http://Rhialto.com/ Rhialto

    Amen! La situation qui me fait le plus réagir c’est au cinéma comme vous en faites mention. C’est rendu que les cinémas ont été obligé de créer un message publicitaire invitant les gens à éteindre leur téléphone et malgré tout, des ‘gnochons’ comme vous dites si bien, ne peuvent s’empêcher de vérifier au 1 minute et quart si un nouveau SMS est entré. Ça me met hors de moi-même et je n’hésite pas à passer mon message (merci pub du début d’aider ma cause, grâce à toi je leur prouve que j’ai raison). Notre champ de vision est large et même assis 5 bancs plus loin sur la même rangée on peut se laisser distraire par le reflet du rétro-éclairage. En tout cas moi je le vois et ça me gosse. Si c’est un coup d’oeil rapide et one-shot only pas de problème, mais j’en ai vu envoyer des SMS en continu et ça vraiment… en tout cas.

  • wawadeep

    #GazaUnderfire

  • Max

    J’ajouterais de ne pas utiliser un téléphone intelligent en marchant ou a vélo. Tu fais comme en voiture, tu te ranges sur le côté, t’arrêtes pas en plein milieu du trottoir.