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Dictionnaire culinaire et antisocial des réseaux sociaux

Par François Dominic Laramée – le dans Actualités
Mise en garde : Dans le texte qui suit, FDL insultera fort probablement votre réseau social favori. Consolez-vous en sachant qu’il insultera aussi tous les autres.

Je soupçonne notre bien-aimé rédacteur en chef, Laurent, de vouloir se débarrasser de moi au plus sacrant. Parce que cette semaine, il m’a demandé d’écrire au sujet des réseaux sociaux. Moi, le gars le moins sociable et le plus grognon de la blogosphère québécoise, je vais donc commenter ce que plusieurs d’entre vous chérissent par-dessus tout sur Internet.

Ça ne peut pas faire autrement que mal finir.

Surtout que, rien que pour empirer mon cas, le meilleur concept que j’ai trouvé consiste à associer chaque réseau social au type de malbouffe auquel il ressemble le plus, en commençant par le plus toxique d’entre tous!

Facebook, l’Octuple Bypass Burger du Heart Attack Grill de Las Vegas

octuplebypassburgerUne monstruosité à huit boulettes de viande, à laquelle on peut ajouter 40 tranches de bacon pour seulement 7,40$ supplémentaires. Probablement mortel même à petites doses. Et tout comme le réseau du sieur Zuckerberg, on ne peut pas s’empêcher de le trouver appétissant quand même.

Jusqu’ici, j’ai toujours résisté à l’attrait de Facebook parce que son modèle d’affaires, qui consiste à vendre toutes nos données personnelles à gauche et à droite et à changer nos paramètres de sécurité à notre insu le plus souvent possible, me terrifie autant que la perspective de boucher mes artères en y injectant plusieurs kilos de viande juteuse avec une seringue de vétérinaire.

Mais à chaque fois que je manque un party organisé sur Facebook ou que je m’ennuie d’un pote qui n’est nulle part ailleurs, je me dis que je vais bien finir par succomber aux bons effluves de barbecue comme tout le monde.

D’ailleurs, je vais devoir ouvrir un compte Facebook pour un client en fin de semaine. Mais seulement pour le travail. Pas pour moi. Non, non, non.

Ouais…

Google+, de la salade de chou de delicatessen

Parce que je n’ai jamais vu personne commander de la salade de chou volontairement. On commande un club sandwich ou une assiette de viande fumée, et la salade de chou se pointe toute seule. Comme on obtenait jusqu’à tout récemment, de gré ou de force, un compte Google+ en prime avec une adresse Gmail.

Or, si une personne sur dix dévore sa salade de chou avec plaisir, les autres l’envoient directement au compostage. Les statistiques de vente des producteurs de salade de chou sont donc artificiellement gonflées par les pratiques de l’industrie de la restauration. Maintenant que le lien entre Gmail et Google+ est brisé, qu’arrivera-t-il aux statistiques d’adoption de Google+? Les vrais fans, qui s’en servent pour autre chose que pour republier du contenu provenant de Facebook ou pour améliorer le référencement des articles qu’ils publient sur leurs sites web, sont-ils assez nombreux pour lui éviter le sort de Google Wave?

Si le réseau appartenait à une autre entité que Google, je dirais que oui, mais Google a l’habitude de fermer régulièrement des services qui ne sont pas d’ÉNORMES succès. Alors, qui sait?

Snapchat, des céréales Count Chocula

countchocula

Parce que j’ai plus de 18 ans et que je n’ai donc pas d’affaire à aller sur Snapchat.

Twitter, des nouilles «assaisonnées» au pavot à opium

Comme celles qui ont valu une dizaine de jours de détention à un restaurateur chinois qui pensait que mettre de la drogue dans sa nourriture l’aiderait à fidéliser sa clientèle.

Ça paraît bien, Twitter. Comme un bon plat de ramen, ça semble léger, nourrissant et pas trop compliqué. Pas besoin de donner d’informations personnelles, ni d’écrire des messages-fleuves. Mais il y a de la drogue dans la recette.

Si vous ne me croyez pas, essayez d’y aller seulement une fois par jour. Vous avez le temps puisque je dois interrompre la rédaction de cette chronique pour aller répondre à un DM d’un de mes abonnés.

LinkedIn, des biscuits de fortune de restaurant chinois

(Photo originale : C.P. Storm)
(Photo originale : C.P. Storm)

On ne sait pas trop à quoi ça sert. Ça ne goûte rien. On espère toujours que les messages seront intéressants et on est toujours déçus. Et pourtant, à chaque fois qu’on nous en propose un, on accepte quand même.

J’ai un compte LinkedIn depuis nombre d’années. Il ne m’a jamais servi à rien, sauf à accepter d’autres invitations LinkedIn. Peut-être parce que les algorithmes qui analysent nos informations personnelles sur les serveurs de ce drôle de réseau ne sont pas très doués.

C’est du moins l’impression que j’ai eue en début de semaine quand le dernier courriel de LinkedIn m’a incité à postuler pour un emploi de vice-président dans une compagnie d’assurance à Toronto.

Ello, tout le menu du défunt restaurant Hungry Birds du carré Philips à Montréal

Ello, nous promet de nous offrir tout ce que Facebook fait de bien, mais sans l’aspect sauronesque. En théorie, c’est alléchant. Mais malheureusement pour Ello, un réseau social qui fait tout ce que fait Facebook, il y en a déjà un : il s’appelle Facebook.

Je n’ai jamais mis les pieds dans ce restaurant «inspiré» du jeu Angry Birds. Je ne sais donc pas si la nourriture y était mangeable. Je sais cependant que je fréquente déjà bien assez de rôtisseries et que je n’ai pas besoin d’en découvrir une nouvelle. Je sais aussi que je me méfie des produits qui sentent vaguement le clonage.

Or, le petit dernier de la famille des réseaux sociaux, Ello, nous promet de nous offrir tout ce que Facebook fait de bien, mais sans l’aspect sauronesque. En théorie, c’est alléchant. Mais malheureusement pour Ello, un réseau social qui fait tout ce que fait Facebook, il y en a déjà un : il s’appelle Facebook. Et si les 129 milliards de membres de Facebook n’ont pas déjà décroché à cause de ses nombreux actes diaboliques, pourquoi le feraient-ils maintenant? Ce n’est pas comme si Ello était le premier service à tenter de recréer la recette gagnante. (N’est-ce pas, Google+?)

Les chances de succès d’Ello sont donc limitées. Et soit dit en passant, le développement de ce réseau est financé par du capital de risque. Un de ces jours, probablement plus tôt que tard, les investisseurs voudront donc récupérer leur argent. Si ce n’est pas en vendant l’accès à l’information personnelle de ses utilisateurs, ce sera d’une autre manière – peut-être en cédant la compagnie à un géant moins à cheval sur les principes. Comme Facebook, genre.

Conclusion

Vous remarquerez que je n’ai pas tapé sur Instagram, ni sur Pinterest, ni sur la multitude d’autres réseaux sociaux. C’est parce que c’est à votre tour : allez-y joyeusement dans les commentaires.

Et surtout, rappelez-vous que la vraie raison pour laquelle je compare les réseaux sociaux à de la malbouffe, c’est que j’aime trop les deux pour mon propre bien! :)

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François Dominic Laramée

Après une carrière de 15 ans en conception de jeux vidéo, François Dominic Laramée a succombé à la puissance du Côté Obscur de la Force et est devenu journaliste techno. Il a notamment été chroniqueur et scripteur à l’émission Les Nerdz de Ztélé pendant 8 saisons, a publié 4 livres dont certains ont été traduits en russe et en coréen, et a écrit pour toutes les publications dont les administrateurs ont oublié de lui interdire l'accès à leurs systèmes de gestion de contenu.