L’Union européenne souhaiterait que Google se divise en deux entreprises

Antitrust

Non contente des concessions de Google à l’égard de sa position dominante, l’Union européenne pourrait demander à l’entreprise de séparer ses activités liées à la recherche web du reste de ses opérations commerciales.

Selon le Financial Times, qui a obtenu une copie de la motion qui doit être approuvée jeudi prochain, le Parlement européen appelle à la «fragmentation du moteur de recherche de ses autres services commerciaux» comme une solution potentielle à la position dominante de Google sur le marché de la recherche web en Europe.

La mise en place du droit à l’oubli par Google cet été ne semble pas avoir affecté l’opinion du Parlement européen au sujet du géant de la recherche.

Alors que la Commission européenne étudie le cas de Google et de son quasi-monopole dans ce créneau depuis 2010, la situation s’est plutôt exacerbée ces derniers temps. En septembre dernier, le commissaire à l’économie numérique Günther Oettinger a d’ailleurs déclaré que tout accord avec Google pourrait «renforcer sa position sur le marché plutôt que de la diluer».

Dans la foulée des révélations d’Edward Snowden au sujet des programmes de cyberespionnage de la NSA, les politiciens allemands, espagnols et français ont vertement critiqué l’entreprise sur son rôle à ce sujet. La mise en place du droit à l’oubli, un formulaire permettant aux internautes européens de demander à Google le retrait de résultats de recherche à leur égard, ne semble pas avoir affecté l’opinion du Parlement européen au sujet du géant de la recherche.

Un bref rappel des événements

En 2010, l’Union européenne a lancé une enquête préliminaire devant des allégations soutenant que Google aurait discrètement trafiqué les résultats de son moteur de recherche afin de réduire la visibilité de ses concurrents dans le secteur de la recherche. Soulignons qu’en Europe, le moteur de recherche de Google représente 90% des parts de marché, contre 70% aux États-Unis.

À noter que l’autorité du Parlement européen ici est limitée : il ne peut forcer Google à faire quoi que ce soit. Toutefois, si la motion obtient suffisamment de soutien, elle peut inciter la Commission européenne à obliger l’entreprise à séparer ses activités par le biais d’une législation.

C’est d’ailleurs arrivé à Microsoft en 2009, alors que l’entreprise a été contrainte de lancer en Europe une version de Windows 7 dépourvue d’Internet Explorer afin d’apaiser les préoccupations croissantes d’un quasi-monopole des navigateurs web.