Pourquoi je ne veux pas de cellulaire, et encore moins d’une montre connectée

Montée de lait

Exclusif

Tristan Geoffroy vous invite à profiter du monde qui vous entoure. Non seulement il n’envisage pas l’achat d’une montre connectée, mais il ne possède toujours pas de téléphone mobile… en 2015.

Je dois avouer que plus le temps passe, plus je me sens hors normes, aux limites de la marginalité techno. Alors que je suis les nouvelles technologiques et vidéoludiques depuis longtemps, j’ai toujours refusé d’avoir un téléphone cellulaire. Voici en quelques lignes les raisons pour lesquelles je m’obstine à ne pas rentrer dans ce moule.

Disponible 24/7? Sûrement pas!

N’avez-vous pas déjà assez de choses à gérer pour devoir en plus filtrer vos appels et décider qui mérite votre attention à un moment ou à un autre?

Depuis quand, dans l’histoire de l’humanité, quelqu’un a-t-il décrété qu’il fallait être accessible et joignable, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, tous les jours de l’année, pour tous et n’importe qui? C’est un peu ce qui pend au nez et qui arrive généralement à tous les propriétaires de téléphones mobiles. Lorsque l’on vous appelle, que l’on vous texte ou que l’on vous écrit, avouez qu’il est souvent difficile – voire tout le temps – de ne pas décrocher ou répondre, et ce, quel que soit le contexte. Difficile de résister à l’envie d’apprendre que quelqu’un s’intéresse à vous ou de connaître les derniers développements du dossier X ou Y ou encore les derniers ragots.

Bien sûr, on me répliquera que l’on n’est pas obligé de répondre et que l’on peut laisser la boîte vocale se charger de filtrer le tout. Mais sincèrement, n’avez-vous pas déjà assez de choses à gérer pour devoir en plus filtrer vos appels et décider qui mérite votre attention à un moment ou à un autre? Je m’adresse principalement à tous les lemmings qui marchent la tête baissée dans leur écran comme si leur vie en dépendait, alors même qu’ils traversent une route tout ce qu’il y a de plus réelle et dangereuse.

Image : Esther Vargas.

Photo : Esther Vargas.

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je passe déjà énormément de temps (trop) devant un écran d’ordinateur, alors prolonger l’expérience dès que je mets le nez dehors… Non merci. Le virtuel a du bon, d’accord, mais le monde qui vous entoure aussi. Le cellulaire n’est pas un succédané artificiel du cordon ombilical qui vous reliait à votre mère. Pour certains, sans lui, aucune vie n’est possible. Mais je vous jure du contraire. La preuve : on vous le coupe à la naissance.

Penser autrement, c’est possible

Détrompez-vous, car contrairement à ce que peut laisser penser ce texte, je ne suis pas un réac rétro antiprogrès. Comme tout dans la vie, «la vertu est dans le juste milieu». Malheureusement, comme d’habitude, les humains, ça, ils ne connaissent pas.

Il faut dire qu’on ne les aide pas trop à penser autrement puisque nos vies ne sont dictées que par nos rythmes de consommation. Vous n’avez pas le dernier téléphone, vous êtes automatiquement un has been ou trop pingre pour être au top. Comme dans bien des domaines, ce que vous possédez détermine ce que vous êtes et les téléphones en sont un des exemples. Vous achetez telle marque, vous êtes comme ci, telle autre, vous êtes comme ça.

De plus, la fameuse obsolescence programmée de ces maudites machines ne fait rien pour arranger les choses au nom du sacro-saint progrès technologique. L’absurdité est rendue au point où pour dépenser plus vite votre argent, vous devez acheter un nouveau gadget plus cher. Malin et terriblement efficace. Refuser les téléphones cellulaires, c’est un peu refuser un modèle de société où vous n’êtes bon qu’à consommer. Cette brutale épiphanie s’est révélée lorsqu’avec un simple lecteur MP3 pouvant aller sur Internet, je me suis rendu compte que le système réussissait à me faire dépenser de l’argent même allongé dans mon lit.

Non. Trop, c’est trop. Je ne suis pas un portefeuille ambulant. Un outil doit rester un outil.

Ce n’est pas un service essentiel, mais du vol

Au Québec et au Canada en général, les prix des forfaits sont incroyablement élevés si on les compare aux tarifs des autres pays développés du globe. On se fait littéralement voler quand on voit les profits qui sont dégagés par les compagnies de télécom pour des services, qui sont, il faut bien l’avouer, très moyens.

À l’heure où Internet est devenu un service essentiel au même titre que l’accès à l’eau, quand le téléphone le deviendra-t-il? Je m’attends à voir bientôt en plus de votre numéro d’assurance sociale, un numéro de téléphone accolé à votre nom à vie, histoire d’être sûr de ce que vous dites, faites, où et avec qui. Si l’on n’essayait pas par tous les moyens de soutirer la moindre information personnelle et la moindre cenne virtuelle de mes poches par l’appareil qui s’y trouve, je pourrais éventuellement changer mon point de vue. Mais ce stratagème n’est pas sur le point de disparaître.

Les maudites montres connectées

Comme si ce n’était pas suffisant, voilà maintenant que les manufacturiers et autres vendeurs de services en tous genres veulent nous faire acheter des montres. Attention, pas n’importe quelles montres. Des montres qui nécessitent un téléphone pour fonctionner, qui lui nécessite un forfait quand la montre n’en demande pas un supplémentaire.

androidwear

La boucle est bouclée. Une fois que vous avez mis le doigt dans l’engrenage, vous êtes foutu. Encore une fois, ces marchands du temple du 21e siècle ont réussi à créer des besoins là où il n’y en avait pas et nous, on fonce tête baissée et portefeuille grand ouvert. Alors que désormais, n’importe quel gamin demande un cellulaire tandis qu’il n’est pas foutu de faire une phrase sans faute, c’est tout un modèle de société véhiculé par ces petites machines vicieuses qui s’immisce dans nos vies et qui dénature totalement nos rapports sociaux.

Je vous garanti que si vous donnez autant d’attention aux personnes qui vous entourent physiquement que vous en donnez à vos «amis» virtuel, vous vivrez moins stressé et plus heureux. Mais pour ça, il faudrait d’abord que vous forciez à relever la tête de votre téléphone pour profiter du monde qui vous entoure.

  • Matieu Fortier

    Je me demande si des gens vont y voir du hate comme avec le billet de Pascal Forget sur sa position face aux jeux vidéo. J’espère que non!

    • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

      Comme tu peux le voir, les commentaires sont non seulement plus respectueux, mais davantage intéressants. Il faut dire que Tristan est plus soft que Pascal sur ses comparaisons… ;)

  • Lucky Luke

    Héhé, je trouve que l’auteur de cet article essaye plus de se convaincre lui-même qu’il ne doit pas céder à la tentation. Les arguments du style « big brother vous regarde » sont bons en théorie mais c’est comme de s’interdire de marcher dans la rue au cas où la police déciderait de faire un contrôle. Pour les dépenses, à moins d’être vraiment accro, il y a toujours moyen de ne rien acheter et de quand même tout avoir presque tout gratuit de manière légale. (la copie privée est LÉGALE donc vive les bibliothèques et les amis)

    Quand aux couts des services, une cinquantaine de $ par mois pour la voix incluant les interurbains illimités, l’afficheur et toutes les options plus quelques centaine de Mo de données, ce n’est pas tellement cher par rapport au salaire moyen. Il y a une dizaine d’année, une simple ligne fixe avec afficheur et interurbains illimités coutait environ ce prix là et tout le monde en avait une ou presque.

    En plus, en 2015, le wifi étant très souvent fourni dans les restos, les cafés, et même dans des endroits publics populaires comme le Vieux Port, on peut se contenter d’un simple forfait voix à la carte qui coutera au max 1-2 heures de salaire par mois. (au salaire minimum)

    • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

      Connaissant assez bien Tristan, je peux vous assurer qu’il est fondamentalement convaincu de tout ce qu’il avance. Visiblement, il préfère décrocher de la Toile aussi souvent qu’il le peut…

  • André Dasté

    Tellement d’accord, je n’en ai toujours pas et cela me fait immensément plaisir. Je n’en tiens par contre aucunement rigueur à mon entourage, c’est un droit. Très bon article ! :)

  • Apa57

    Je suis tellement d’accord avec cet article. Je suis un jeune retraité et j’ai remis mon cellulaire à mon employeur lors de ma dernière journée de travail. Fini les téléphones à tous heures. Je peux enfin respirer.

  • http://www.maryus.ca/ maryus

    Intéressant à lire. À mon avis tout est une question de choix, les gens décident qu’ils ne peuvent vivre sans leur téléphone et sont par conséquent convaincus que c’est le cas. Pour d’autres c’est le contraire. Personnellement j’aime beaucoup prendre des notes et un téléphone est un bon outil pour vite « scriber ». Avoir le gadget dernier cri est également une question de choix. Il n’y a techniquement rien qui oblige à acheter le plus récent téléphone « plus rapide » si on est satisfait de son appareil courant et que la pression sociale ne nous affecte pas. En autant d’éviter à l’occasion les mises à jour d’OS qui ajoutent des fonctions dont on n’a pas besoin et poussent plus vite à un upgrade matériel…

  • Mathieu Méa

    Filtrer les appels et décider qui mérite votre attention, ça consiste juste à mettre quelques contacts en favoris sur Android 5+ et utiliser le mode priorité et la montre Android Wear utilise les mêmes paramètres que le cellulaire auquel elle est rattachée.

    C’est vraiment pas si compliqué de gérer la demande d’attention.

    Déjà que même en étant connecté 24/7, le fait de ne pas utiliser le même service de messagerie que les autres peut entraîner l’exclusion [involontaire].

    On peut décider de vivre comme un ermite, mais ce n’est pas sans conséquences.

    • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

      Trop de gens ne se prennent tout simplement pas la peine de se poser la question et sont prêts à interrompre leur activité chaque fois que leur téléphone requiert leur attention. Lorsqu’on est en discussion avec une telle personne, c’est relativement chiant. ;)

      • Mathieu Tanguay

        Mais ce cas n’est pas un problème du téléphone, mais plutôt un problème de la personne. Mais je suis tout à fait d’accord que ce genre de situation peut être irritant.

  • Alexandre Barone

    Totalement daccord. Je possede un telephone intelligent avec un abonnement a la carte 100min et textos. J’ai deja possedé un contrat a 75$ par mois et jamais je ne reviendrai en arriere. Les snapchat, instagram, facebook et compagnie, ce n’est pas pour moi et ca ne devrait pas etre aussi important pour vous! Merci de donner et ton opinion et courage, tu n’es pas le seul!

    Maintenant, essayons de convaincre les gens qu’il ne faut pas se fier a ce qu’il y a dans les journaux (heum heum JdM). Dure tache!!

    Allez A+

  • Alexandre Barone

    Ha et quand tu parles des Lemmings, tu n’as encore rien vu si tu n’es pas entré récemment dans un Cegep du grand Montréal… On dirait que l’estime de soi passe plus par les reseaux sociaux et les multiples interactions sociales dans une journée que les relations eux-meme qu’on a avec des personnes privilégiées..

  • TristanGeoffroy

    Salut à toutes et tous, ce que je tiens à souligner dans cet article ce sont surtout les extrémistes qui, malheureusement, sont de plus en plus nombreux en ce qui concerne les téléphones cellulaires. Croyez-moi, même sans téléphone on peut avoir une vie sociale très riche. De là à virer hermite, il y a une limite! ;)

    Disons que les manufacturiers ont sans aucun doute trouver le levier de vente le plus puissant depuis la création de l’automobile et qu’une fois de plus, la grande majorité y plonge sans grande analyse de ces réels besoins, mais plutôt d’un désir d’appartenance à une caste « connectée ». Le téléphone cellulaire est une invention géniale, mais évidemment corrompue par le seul intérêt de générer des profits énormes sans grand regard pour les consommateurs.

    Quand à « big brother » c’est sûr qu’il y a mille et un autres moyens de se « faire contrôler » mais avec autant de latitude et aussi inconsciemment de la part de l’utilisateur d’un téléphone cellulaire, j’en doute. On pourrait en parler longtemps, mais la phrase clé dans cet article demeure, la vertu est dans le juste milieu. Après, les goûts et les couleurs…

  • Mathieu Tanguay

    Je trouve que toute l’argumentation est valable, sauf le cas du 24h/7.

    Tout comme un téléphone de maison fixe, il peut sonner à toute heure de la journée 24h/7. Dans les deux cas, on peut laisser passer sur la boîte vocale ou répondre. Dans les deux cas, on peut pour le cellulaire, le mettre en mode avion ou silencieux et pour le téléphone de maison, débrancher le fil de téléphone pour ne pas être joignable. La principale différence que j’y vois, c’est qu’avec un cellulaire, on peut faire des appels d’urgence lorsqu’on est à l’extérieur

    Si on parle d’être joignable sur tout autres moyens de communications (FB, email, textos, etc), alors on peut toujours désactiver les notifications. Consulter nos courriels seulement quand nous le voulons par exemple.

    Personnellement, si une personne crois qu’elle est trop joignable, je ne crois pas que c’est la faute de son appareil, mais plutôt de l’utilisation qu’elle en fait (ou mauvaise configuration).

  • sylvain tremblay

    je trouve que les cellulaire c’est fait juste pour le monde des affaire ,et J’ai pas assez d’appel pour avoir un cellulaire ,et en plus le monde attends tous se que tu dit non merci

  • http://Rhialto.com/ Rhialto

    I’m a bit late, j ‘avais décroché de la toile en fds… ;-)

    J’ai un cellulaire depuis 21 ans, pas depuis que j’ai 21 ans, me suivez-vous? Quoi que je crois que j’avais 22 ans à l’époque… Ouf! Si je me rappelle bien, mon forfait était de 30$ au tout début et a même chuté à 20$ à un moment donné avec les années. 200-250 minutes/mois ce fût et c’est toujours amplement pour mes besoins.

    Ce n’est que depuis octobre ou novembre dernier que j’ai un téléphone dit ‘intelligent’ mais toujours avec le même forfait de base qui avait été majoré à 25$ un peu plus tôt en début d’année 2014 car on m’annonçait que c’était impossible de continuer avec un forfait à 20$ à ce moment, petit moment ou j’ai dû argumenter un peu mais bon, j’en suis revenu, même si j’ai maintenant une boîte vocale que je n’utilise jamais.

    Je me souviens d’ailleurs avoir écrit que j’avais encore mon bon vieux Sony Ericsson W810i voilà quelques mois dans un article ici à propos d’un nouveau téléphone : https://disqus.com/home/discussion/branchezvous/samsung_demontre_lrsquoincroyable_autonomie_du_galaxy_s5/#comment-1496056860

    Bref, j’ai maintenant ce nouveau téléphone qui m’est pratique à certain moment lorsque le WiFi est dispo (c’est presque partout maintenant) mais jamais au grand jamais je vais m’abonner à un forfait à 60$+ par mois pour être connecté à internet en tout temps… je trouve ça incroyablement dispendieux pour ce que ça apporte. Il faut croire que je suis d’une autre génération, même si pourtant je me considère techno.

    À l’époque je trouvais cool de pouvoir être au Carré d’Youville ou
    marcher sur la Grande-Allée et de pouvoir avec des appels d’amis…
    aujourd’hui je trouve ça bien utile que ma blonde puisse me rejoindre
    facilement pour me demander de faire une course à l’épicerie ou pour m’annoncer qu’elle va passer chercher les
    enfants à l’école en fin de compte.

    À chacun son dada…

  • http://popitre.com Pierre-Olivier Pitre

    Si vous n’êtes pas capable de rentabiliser 60-70$ par mois (2$ par jour) en ayant un téléphone, j’estime que vous ne saisissez pas la signification que temps = argent. N’importe qui peut sauver 1 heure de temps par jour en s’en servant à bon escient.

  • goodrick

    Je n’ai pas cell et je m’en porte très bien et je ne voit pas le jour ouj’en aurai besoin

  • Mme F.Hannah

    bonne Journée

    Avez-vous besoin d’un prêt d’urgence? Demander immédiatement prêt rapide dans FH FINANCE PLC. Nous sommes 24 heures en ligne pour vous. Email: fh_finance@outlook.com

    Mme F.Hannah

    Directeur / MD