Portraits-robots réalisés à partir de l’ADN de déchets retrouvés sur la voie publique

Face of Litter

Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation à l’égard de la propreté municipale, des panneaux publicitaires affichent le visage de citoyens de Hong Kong soupçonnés d’avoir volontairement jeté leurs ordures au sol.

Des mégots de cigarettes, des verres à café, de la gomme à mâcher, des mouchoirs, la majorité des déchets que l’on produit au quotidien contient un échantillon de notre ADN. Ces mêmes déchets se retrouvent souvent sur la voie publique, et malgré les amendes imposées aux contrevenants, le problème persiste.

Selon l’agence publicitaire Ogilvy & Mather, 16 000 tonnes d’ordures se ramassent dans les parcs, trottoirs et rues de Hong Kong chaque jour. Dans l’espoir de changer ce type de comportement, l’agence a recueilli des déchets provenant de différents endroits dans la ville afin de les faire analyser par le laboratoire américain Parabon NanoLabs.

Réalité ou fiction? La science est-elle déjà en mesure de simuler l’apparence physique d’une personne à partir d’un échantillon d’ADN?

Résultat? Les spécialistes seraient parvenus à produire des portraits-robots à partir de l’ADN contenu dans ces déchets. Ils auraient ainsi pu déterminer le sexe de l’individu, son ascendance, la couleur de sa peau, de ses cheveux, de ses yeux, la présence de taches de rousseur, et enfin la forme de son visage.

Bien entendu, étant donné que l’ADN n’évolue pas avec l’âge, Parabon NanoLabs s’est basé sur d’autres facteurs pour déterminer l’âge des contrevenants, notamment en compilant des statistiques selon le type de déchet et l’endroit où il a été recueilli.

Les images de ces criminels ont ensuite été utilisées dans le cadre d’une campagne publicitaire nommée Face of Litter affichée un peu partout dans la ville. Bref, divers avis de recherche d’un citoyen présumé coupable d’avoir jeté des ordures sur la voie publique.

Simple coup de marketing?

Réalité ou fiction? La science est-elle déjà en mesure de simuler l’apparence physique d’une personne à partir d’un échantillon d’ADN? C’est du moins ce que soutient le service Snapshot de Parabon NanoLabs.

D’ailleurs, un article du magazine Fast Company publié en février 2013 raconte que l’artiste multidisciplinaire Heather Dewey-Hagborg serait parvenu à imprimer des modèles 3D de visages humains également à partir de rebuts, cette fois retrouvés à New York. On y souligne toutefois que la démarche est loin d’être aussi simple que ce que le laissent croire les téléséries criminalistiques comme CSI.

Pour le moment, il semble qu’aucun citoyen de la ville de Hong Kong ne se soit reconnu dans le cadre de cette campagne. Mais bon, même si c’était le cas, irait-il jusqu’à s’en vanter?