Trop de Canadiens «volent» du contenu Netflix destiné aux États-Unis

Selon Bell Média

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La présidente de Bell Média, Mary Ann Turcke, a déclaré cette semaine que le tiers des utilisateurs de Netflix au Canada contournait le géoblocage du service afin d’accéder à plus de contenus.

«Admettre que l’on emploie un VPN pour accéder à Netflix doit devenir socialement inacceptable. Un peu comme jeter des ordures par la fenêtre d’une voiture : on ne le fait tout simplement pas.»

Aux yeux de Turcke, accéder à la version américaine de Netflix à partir du Canada est comparable à du vol, et le pays doit adopter une mesure visant à changer ce type de comportement. La présidente a fait cette déclaration dans le cadre du Canadian Telecom Summit, un événement destiné aux entreprises canadiennes de télécommunications qui se déroulait ce mercredi à Toronto.

«Il faut un changement de comportement, et ce sont les gens – d’ami à ami, de parent aux enfants, de collègue à collègue – qui établissent le cadre culturel qui détermine si un comportement est acceptable ou inacceptable», a affirmé Turcke lors de son premier discours important depuis qu’elle est à la tête de l’entreprise en avril dernier.

«Admettre que l’on emploie un VPN pour accéder à la version américaine de Netflix doit devenir socialement inacceptable. Un peu comme jeter des ordures par la fenêtre d’une voiture : on ne le fait tout simplement pas.»

Bien entendu, l’opinion de Turcke (et par extension, celle de son entreprise) à l’égard de la pratique n’a rien d’étonnant. Inutile de souligner que Bell est l’un des plus importants télédistributeurs au pays, et bien que l’entreprise profite financièrement du fait que bon nombre de Canadiens utilisent son service Internet, contourner les restrictions géographiques de Netflix afin d’accéder à certains contenus affecte nécessairement le rendement du service de vidéo sur demande à la carte de Bell – et de CraveTV, un service identique à Netflix détenu par Bell.

Alors que légalement, il vous faudrait payer un montant X chez Bell pour regarder une télésérie Y qui ne se retrouve pas sur Netflix au Canada, utiliser un VPN pour accéder à du contenu destiné aux États-Unis pourrait vous permettre de regarder la télésérie Y sans avoir à débourser de frais supplémentaires.

Sa propre fille a été «corrompue»

Pour Turcke, la situation est devenue plus personnelle lorsqu’elle a appris que sa propre fille s’adonnait à cette pratique. La présidente a raconté que c’est lors d’un récent voyage aux États-Unis que son adolescente a découvert à quel point l’offre américaine de Netflix pouvait être plus alléchante.

Bien que l’utilisation d’un VPN dans ce cas de figure est une pratique qui se retrouve dans une zone juridique plutôt grise, elle enfreint les conditions d’utilisation de Netflix.

«Je lui ai dit que c’était du vol», a conclu la présidente. «Inutile de vous dire qu’il n’y a plus de VPN à la maison.»

«Je lui ai dit que c’était du vol», a conclu la présidente. «Inutile de vous dire qu’il n’y a plus de VPN à la maison.»

Toujours dans le cadre de son discours, Turcke a expliqué à quel point elle trouvait absurde non seulement l’absence de mesures punitives envers ceux qui exploite les services VPN comme moyen de contourner le géoblocage de Netflix, mais également le fait que des médias sur Internet explique étape par étape la façon de procéder.

Enfin, selon Turcke, l’industrie des télécommunications ne devrait pas compter sur les organismes de réglementation comme le CRTC pour régler le problème, mais plutôt adopter une attitude plus proactive, notamment en intensifiant leur offre de contenu et l’accessibilité à celui-ci, afin de rendre l’offre de Netflix moins attrayante aux yeux des Canadiens.