Google devient Alphabet

G is for Google

Dans le but d’alléger la structure de son entreprise, Google a fondé cette semaine une nouvelle société mère : Alphabet.

Il y a d’abord eu Google, le moteur de recherche. Ensuite vint Google, les services web. Puis Google, l’acquéreur et développeur de l’incontournable système d’exploitation mobile qu’est devenu Android. Mais au fil du temps, Google a diversifié ses activités pour intégrer des milieux un peu plus éloignés de son principal champ d’expertise. Si bien qu’un grand ménage s’impose.

Si Google devient Alphabet, Google demeure Google. La nouvelle entité est en réalité une société de portefeuille propriétaire d’une collection d’entreprises, dont la plus importante est Google.

Voilà pourquoi Google a annoncé ce lundi la fondation d’une nouvelle entreprise venant chapeauter le tout.

«Notre entreprise fonctionne bien aujourd’hui, mais nous croyons que nous pouvons la rendre plus claire et plus responsable», explique Larry Page, cofondateur et PDG de Google. «Nous créons donc une nouvelle société appelée Alphabet.»

Car si Google devient Alphabet, Google demeure Google. La nouvelle entité est en réalité une société de portefeuille (holding) propriétaire d’une collection d’entreprises, dont la plus importante est Google.

Par conséquent, les activités périphériques au secteur web, qui ont gagné en importance ces dernières années, mais dont le coût suscitait des craintes chez certains investisseurs, seront exclus de Google et rapatriés sous Alphabet. Il est question ici des activités de Calico, Life Science, Nest, Google Ventures, Google Capital, Google Fiber, et Google X (incluant X Labs et le développement de sa voiture autonome).

Le nouveau Google pourra ainsi revenir à ses premiers amours, en recentrant ses activités sur la recherche et la publicité en ligne, ses services de messagerie et de cartographie, mais également son portail vidéo YouTube et son système d’exploitation mobile Android. Car Google n’est pas pour autant démantelé ou fractionné, mais plutôt partitionné, de sorte que l’entreprise conservera sa main mise sur la gestion de ces marques et de leurs activités.

Remaniement administratif

Larry Page devient ainsi le PDG d’Alphabet, tandis que Sergey Brin siégera à titre de président de la nouvelle société. Sundar Pichai pour sa part reprend les rênes de Google à titre de PDG.

Le nouveau PDG de Google, Sundar Pichai.

Le nouveau PDG de Google, Sundar Pichai.

En bourse, les actions de Google seront transformées automatiquement en parts d’Alphabet d’ici la fin de l’année, et un bilan financier distinct pour chacune des entreprises de la nouvelle société mère sera publié à partir du quatrième trimestre de 2015.

Libérer le trésor

Comme le soulève Lauren Hockenson de The Next Web, cette restructuration libère Google de lui-même (plus précisément, de ses investisseurs). L’entreprise peut ainsi faire comme bon lui semble, notamment acquérir des entreprises sans avoir à trouver une justification venant rattacher sa nouvelle acquisition au secteur de la recherche ou de la publicité en ligne.

En se détachant de l’objectif et de la philosophie de Google, Alphabet ouvre la porte à de tout nouveaux secteurs de marchés.

Do no evil? Alphabet n’a jamais promis ça. Cela dit, ça ne signifie pas pour autant que Page et Brin vont soudainement adopter une tout autre mentalité. À suivre…

  • Steve Rodrigue

    C’est aussi un bel exercice comptable: chaque division sous Alphabet sera imputable. J’ai bien hâte de voir ce que le monde de la finance va en penser. Les actions sont en hausse de presque 5% ce matin.

  • Gaston

    Quand j’ai entendu la nouvelle à la télé sur une chaine étasunienne (me rappelle plus laquelle), on parlait d’Alphabet comme d’une « Umbrella Corporation ».

    Umbrella Corporation… Euh me semble que ça me dit quelque chose…

    • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

      L’expression existait déjà avant Resident Evil. C’est simplement une société qui détient une panoplie d’autres sociétés, ou un conglomérat si vous préférez. ;)

      • Gaston

        Je savais que l’expression existe depuis longtemps, mais le déclic dans ma tête quand j’ai entendu la nouvelle et le lien kafkaïen et légèrement ironique et sarcastique que ma mauvaise foi a ensuite concocté et le fou rire qui en a suivi on été plus fort que mon bon vouloir, il fallait que je fasse une joke un peu chelou. :-)