L’Union européenne, terre d’accueil pour Snowden?

Droits et libertés

Le Parlement européen vient d’adopter un amendement appelant les membres de l’Union européenne à non seulement abandonner les charges criminelles à l’encontre d’Edward Snowden, mais à lui offrir l’asile politique.

Alors qu’il est toujours considéré comme un traître aux États-Unis, le lanceur d’alerte Edward Snowden vient essentiellement de recevoir une invitation de la part du Parlement européen.

En effet, une résolution vient d’être votée aujourd’hui appelant les pays membres de l’UE «à abandonner toute poursuite contre Edward Snowden, à lui offrir une protection et à empêcher en conséquence son extradition ou sa restitution par une tierce partie, en signe de reconnaissance de son statut de lanceur d’alerte et de défenseur international des droits de l’homme».

Si cette tournure d’événement a été qualifié d’extraordinaire par le principal intéressé, réfugié en Russie depuis plus d’un an et demi, il faut dire que cette résolution a été adoptée par une faible minorité : 285 voix appuyant la motion contre une opposition de 281 voix.

Comme le souligne le blogue Next INpact, l’idée de prêter refuge à Snowden a déjà été soulevée par le passé en France, mais irait à l’encontre de l’exécutif de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, l’organisme responsable de ce type de demande.

La résolution appelle aussi à une stratégie pour une plus grande indépendance de l’information et de la vie privée en ligne.

Cette nouvelle survient un peu plus de trois semaines après l’invalidation par la Cour de justice de l’Union européenne du Safe Harbor, l’accord visant à protéger les renseignements personnels des citoyens européens lors de l’exportation de données commerciales d’entreprises vers les États-Unis. À cet égard, le Parlement a exprimé son inquiétude par rapport aux «récentes lois dans certains États membres qui étendent les capacités de surveillance des organies de renseignement», y compris en France, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

La résolution appelle aussi à une stratégie pour une plus grande indépendance de l’information et de la vie privée en ligne, et souligne la nécessité de garantir un contrôle démocratique significatif des activités de renseignement et de rétablir la confiance avec les États-Unis.

Reste à voir maintenant si le sujet sera abordé par les candidats dans le cadre de l’actuelle campagne présidentielle américaine.