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Apple refuse d’aider l’enquête de San Bernardino en intégrant une porte dérobée à iOS

Par Laurent LaSalle – le dans Actualités
«Le gouvernement demande à Apple de pirater ses propres utilisateurs», dénonce Tim Cook dans une lettre ouverte en réponse à une ordonnance du tribunal liée au massacre de San Bernardino.

Apple conteste ainsi la décision de justice lui ordonnant d’aider le FBI à décrypter le téléphone de l’un des auteurs du massacre de San Bernardino, Syed Rizwan Farook. Selon le PDG de l’entreprise, s’y conformer aurait des répercussions allant au-delà du cadre juridique.

«Le FBI peut utiliser différents mots pour décrire cet outil, mais ne vous méprenez pas : construire une version d’iOS qui contournerait la sécurité de cette façon provoquerait indéniablement la création d’une porte dérobée.»

Au cœur du débat, on retrouve la fonction supprimant automatiquement le contenu d’un appareil iOS après qu’un certain nombre de tentatives d’authentification aient échoué. Devant le risque de voir disparaître des éléments de preuves du téléphone de Farook, les enquêteurs ont demandé à la juge californienne Sheri Pym d’ordonner à Apple de fournir un logiciel leur permettant de déclencher une attaque par force brute – soit d’effectuer toutes les combinaisons possibles tout en empêchant les données du téléphone d’être menacées de suppression.

Mais aux yeux de Tim Cook, ce que le FBI demande essentiellement à Apple est de concevoir une porte dérobée permettant de contourner le chiffrement de ses appareils, une chose que l’entreprise a toujours refusé de faire, et ce depuis des années.

Selon lui, le tribunal demande à son entreprise de fournir au gouvernement des États-Unis «l’équivalent d’un passe-partout, ayant la capacité d’ouvrir des centaines de millions de verrous».

Le point de vue de Tim Cook

«Le gouvernement demande à Apple de pirater nos propres utilisateurs et de saper des décennies de progrès en matière de sécurité qui protègent nos clients», écrit Cook.

«Nous ne pouvons trouver aucun précédent d’une entreprise américaine contrainte d’exposer ses clients à un risque accru d’attaque. Pendant des années, cryptologues et experts de la sécurité nationale nous ont mis en garde contre l’affaiblissement des méthodes de chiffrement [à des fins de cybersurveillance]. Cette pratique nuirait seulement aux citoyens de bonne foi et respectueux de la loi qui comptent sur des entreprises comme Apple afin de protéger leurs données.»

Depuis iOS 8, Apple a cessé de stocker sur ses serveurs les clés de chiffrement qui pourraient permettre à des tiers de débloquer les données de ses utilisateurs, se retirant à elle-même ce pouvoir du même coup. Voilà pourquoi le FBI demande à Apple de créer un outil lui permettant de déverrouiller un appareil par force brute, en utilisant bien entendu une tout autre terminologie.

«Le FBI peut utiliser différents mots pour décrire cet outil, mais ne vous méprenez pas : construire une version d’iOS qui contournerait la sécurité de cette façon provoquerait indéniablement la création d’une porte dérobée.»

Dans l’affaire de San Bernardino, le FBI cherche à accéder à l’information stockée dans l’iPhone 5c de Syed Rizwan Farook, qui, avec sa femme Tashfeen Malik, a tué 14 personnes dans une clinique californienne le 2 décembre dernier. Le tribunal affirme que l’accès aux données nécessite l’assistance technique d’Apple, et que l’entreprise a volontairement refusé de collaborer à l’enquête, aboutissant à la décision de la Cour fédérale.

«Entre de mauvaises mains, ce logiciel, qui n’existe pas aujourd’hui, pourrait potentiellement déverrouiller n’importe quel iPhone de celui qui l’aurait en sa possession», ajoute Cook. «Même si nous croyons que les intentions du FBI sont bonnes, le gouvernement aurait tort de nous obliger à doter nos produits d’une porte dérobée.»

Qui plus est, toujours aux yeux de Cook, se conformer à cette requête du tribunal créerait un dangereux précédent selon lequel le gouvernement américain pourrait demander à Apple de construire «un logiciel de surveillance pouvant intercepter vos messages, accéder à vos dossiers médicaux ou vos données financières, vous localiser géographique, et même accéder au microphone ou à la caméra de votre téléphone à votre insu.»

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Laurent LaSalle

Depuis qu'il a tapoté sur son Commodore Vic-20 à l'âge de 3 ans, Laurent est (un peu trop) obsédé par la technologie. Passionné d'informatique et de jeux vidéo, il a notamment été blogueur pour Radio-Canada et chroniqueur techno pour MusiquePlus .