Le jeu open world de Superman qui a ruiné Factor 5

Toute une histoire

L’un des studios les plus prometteurs de la dernière génération est tristement disparu du jour au lendemain sans trop d’explications… jusqu’à aujourd’hui.

En effet, la chaîne Did You Know Gaming? a déniché des informations sur le développement d’un jeu jamais été révélé publiquement : un open world mettant en vedette le superhéros de tous les superhéros, Superman.

Le développement du projet a débuté vers la fin de 2007 au moment où Factor 5 a conclu un partenariat avec Warner Bros et l’éditeur Brash Entertainment pour débuter la conception d’un jeu devant être lié à la suite du film Superman Returns.

À l’époque, le réalisateur Bryan Singer était toujours mandaté pour réaliser le film en question. Une série d’événements imprévus, dont des problèmes financiers chez Brash Entertainment et un changement de cap chez Warner (qui privilégie de redémarrer la franchise au cinéma et de ne plus faire appel aux services de Singer), fera avorter le projet.

Ce n’est pas faute d’avoir essayé

Pourtant, les images déterrées récemment montrent que le jeu était drôlement bien avancé. Factor 5 souhaitait sincèrement produire un jeu pouvant faire oublier l’affreux Superman 64, et ses ingénieurs semblent avoir travaillé d’arrache-pied à la conception de mécaniques précises, simples, qui respectaient les pouvoirs exploités par Superman dans les bandes dessinées de DC Comics.

Factor 5 avait même développé un moteur rendant tous les bâtiments destructibles en temps réel – une caractéristique très ambitieuse pour l’époque, et encore même aujourd’hui.

Blue Steel – nom du projet en interne évoquant à la fois le surnom de Superman, la couleur de son habit, et le nom Blue Harvest attribué au film Return of the Jedi – intégrait d’ailleurs plusieurs antagonistes tirés des précédents films et bandes dessinées de la série Superman. La ville de Metropolis, au cœur de ce jeu open world, était présentée telle une reconstitution fidèle de la ville de New York, et Factor 5 avait même développé un moteur rendant tous les bâtiments destructibles en temps réel – une caractéristique très ambitieuse pour l’époque, et encore même aujourd’hui.

La plateforme de développement était la PlayStation 3, notamment parce que l’équipe de Factor 5 avait beaucoup d’expérience avec cette console, en plus du nécessaire pour y produire des titres. Brash Entertainment souhaitait que le jeu soit aussi porté sur Xbox 360, tandis que Factor 5 prenait sur sa propre responsabilité l’adaptation du jeu pour la Wii. Si cette décision peut paraître surprenante, il faut se rappeler que le studio avait également une bonne relation avec Nintendo, ayant notamment développé l’excellent Star Wars : Rogue Leader à temps pour le lancement de la GameCube en novembre 2001.

La fermeture de Brash Entertainment en 2008 coupa les vivres à Factor 5. Le studio choisit alors de financer lui-même le projet en espérant trouver un éditeur intéressé à publier le jeu en question. Malheureusement, la crise économique qui secouait à l’époque les États-Unis était à son apogée, si bien qu’aucun partenaire répondit à l’appel.

Puis l’inévitable faillite de Factor 5, qui n’était plus en mesure de payer ses employés, arriva à quelques jours de Noël la même année. Et avec sa fermeture, le studio emporta avec lui un jeu très avancé, quoiqu’incomplet.