Impasse de Québec dans le dossier Uber

Uber vs. Taxi

Québec

Alors que le projet de loi pour résorber le conflit qui oppose les chauffeurs de taxi à la multinationale Uber doit être déposé avant la fin du mois à l’Assemblée nationale, le gouvernement est profondément divisé sur la stratégie à adopter.

Selon ce qu’a appris La Presse, les lourdes redevances que souhaite imposer Jacques Daoust aux chauffeurs d’Uber, qui équivaudraient au poids financier d’un permis de taxi, ne font pas l’affaire de Philippe Couillard. Le gouvernement souhaite que les chauffeurs occasionnels puissent prendre des passagers, et cette solution éliminerait d’office cette possibilité.

Ainsi, la stratégie présentée par le ministre Daoust au comité des priorités en début de semaine n’a pas obtenu d’approbation, et le projet de loi n’a pas été abordé au comité ministériel sur la législation. Par conséquent, il est impensable qu’un projet de loi soit déposé à l’Assemblée nationale avant plusieurs semaines.

D’un côté, le ministre des Transports ne semble pas être prêt à reculer sur les positions très fermes qu’il a manifestées publiquement. Parmi les options envisagées par Daoust, il a été question du rachat par Québec de centaines de permis actuellement exploités par les chauffeurs de taxi, puis de demander aux chauffeurs d’Uber de payer des redevances – en citant l’exemple d’Edmonton – qui les auraient mis sur un pied d’égalité que leurs collègues qui doivent composer avec le financement d’un permis. Enfin, en privé, le ministre aurait récemment évoqué la possibilité pour les chauffeurs de covoiturage urbain d’acheter des permis limités dans le temps en «blocs d’heures», moins onéreux.

«Historiquement, tout mouvement qui a cherché à arrêter un développement technologique a échoué», a plaidé Philippe Couillard en février dernier.

Ces avenues semblent incompatibles avec de précédentes affirmations du premier ministre Couillard, qui a déjà déclaré publiquement qu’il serait impossible de mettre un terme à la machine Uber. «Historiquement, tout mouvement qui a cherché à arrêter un développement technologique a échoué», a d’ailleurs plaidé Philippe Couillard en février dernier.

Toujours selon les témoignages recueillis par La Presse, le gouvernement craint qu’Uber ne poursuive ses activités en dépit d’une loi restrictive, et que la seule façon d’intervenir contre cette forme de taxi illégal ne soit de déclencher une vaste et coûteuse opération policière. Pour le gouvernement, une telle initiative serait lourde de conséquences aux yeux de l’opinion publique.

Alors que les permis des chauffeurs de taxi québécois perdent de leur valeur chaque fois qu’un passager emprunte UberX, le gouvernement est aux prises avec un casse-tête qui ne semble pas être sur le point de se résoudre.

  • 010010010

    Cool.