Uber invite les Québécois à écrire à leur député

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Devant la menace du dépôt d’un projet de loi québécois jugé trop sévère par Uber, l’entreprise invite ses utilisateurs à demander à leur député de ne pas transformer le covoiturage urbain en taxi.

Le directeur général d’Uber Québec, Jean-Nicolas Guillemette, était en véritable mode promotionnel dans les médias ce mercredi, ayant accordé des entrevues notamment au quotidien La Presse, et aux réseaux TVA et CTV.

«La situation est critique et nous avons besoin de votre aide.»

But de l’exercice? Sensibiliser la population à la pertinence d’Uber au Québec, et aux conséquences que pourrait avoir une réglementation trop restrictive à l’endroit des services de covoiturage urbain et des consommateurs qui en profitent. Si les restrictions imposées par le gouvernement québécois sont jugées excessives par Uber, l’entreprise se dit prête à se retirer du marché, ce qui susciterait potentiellement la grogne d’une partie de la population.

Ce matin, les utilisateurs d’Uber ont reçu un courriel signé par le directeur général de l’entreprise les invitant à «faire une différence» en écrivant à leur député dans ce qui se présente comme la deuxième étape de son offensive : «Au cours des prochaines semaines, le gouvernement du Québec déposera une réglementation qui pourrait limiter vos choix et empêcher Uber d’opérer dès l’été. La situation est critique et nous avons besoin de votre aide.»

La région de Montréal divisée par circonscriptions. Uber propose une carte identique pour la région de Québec.

La région de Montréal divisée par circonscriptions. Uber propose aussi une carte identique pour la région de Québec.

Dans son invitation, Uber Québec a stratégiquement facilité le travail pour ses clients en leur affichant une carte géographique de la région qu’ils habitent divisée en circonscriptions. L’internaute n’a qu’à cliquer sur celle qui correspond à son lieu de résidence pour commencer la rédaction d’un courriel destiné au député en question, dont une copie conforme sera acheminée au cabinet du premier ministre, au ministre des Transports, et à une adresse des partisans d’Uber rattachée aux serveurs de l’entreprise.

«Demandons au ministre des Transports, Jacques Daoust, de ne pas limiter le choix des Québécois et de déposer un projet de loi qui priorise les besoins des citoyens et non pas ceux du monopole du taxi», implore Guillemette.

«Rappelez à votre député que les Québécois ont déjà adopté Uber puisque plus de 8 000 partenaires-chauffeurs se sont servis d’Uber pour boucler leur fin de mois et près d’un demi-million de Québécois utilisent Uber pour se déplacer de façon fiable, sécurité et abordable.»

La population derrière le gouvernement

Parallèlement à cette campagne de sensibilisation, un sondage CROP démontre que la majorité de la population québécoise est en faveur d’une réglementation commune entre l’industrie du taxi et les services de covoiturage urbain comme Uber.

Le sondage, qui vise à étudier l’opinion des Québécois sur les enjeux soulevés par l’émergence d’Uber et les bouleversements provoqués dans l’industrie du transport de personnes, a été mandaté par le Comité provincial de concertation et de développement de l’industrie du taxi.

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Selon celui-ci, 86% des participants estiment qu’il revient à l’État d’assurer le respect des règlements, et la même proportion est d’avis que la même réglementation devrait être appliquée auprès de l’ensemble des entreprises de transport de personnes, tant les services de covoiturage urbain que les services de taxi. Aux yeux d’une majorité des répondants, la même législation en matière de tarification, de sécurité, de permis, de formation et de paiement des taxes et impôts devrait être appliquée à tous.

Enfin, sans surprise, 90% des répondants jugent qu’il est primordial que les antécédents des chauffeurs soient vérifiés par une entité officielle.

À noter que ce sondage a été effectué dans le cadre d’une collecte de données en ligne réalisée du 14 au 18 avril 2016 avec un échantillon de 1 000 participants.

  • xfinity

    En France, plutôt que la sur-taxation des Uber, il a été choisi de leur imposer des contraintes : interdiction de maraude et rendez-vous au minimum 15 minutes avant la prise en charge du client, entre autre.
    A cela s’ajoutera la mise en place d’une taxe spécifique dont le montant de la collecte servira à racheter les plaques des taxis traditionnels, qu’ici il était nécessaire d’acheter pour la détenir et pouvoir exercer ce métier.
    Mais que de problèmes d’incivisme nous aurons connu de la part des taxis traditionnels (prêt à la révolution avant que de songer à se remettre d’abord en cause : amabilité, service, véhicule propre, acceptation de petites courses, paiement par carte,…) avant d’arriver à ce Modus Vivendi.

    • https://branchez-vous.com/ Laurent LaSalle

      La situation en France semble bien différente qu’ici. Par exemple pour la maraude, les chauffeurs d’UberX ne circulent pas au centre-ville de Montréal à la recherche de clients potentiels – ce n’est simplement pas dans leurs pratiques. En ce qui concerne le dédommagement des chauffeurs de taxi pour leur permis chèrement payé, le directeur général d’Uber Québec s’est dit ouvert à l’imposition d’une taxe spéciale ou la création d’un fonds pour y arriver.

      En effet, le service offert par les chauffeurs de taxi a besoin de sérieusement évoluer. C’était la principale critique des adeptes d’Uber à ses débuts au Québec, mais ce genre de commentaire semble s’être dissipé ces derniers temps pour faire place à ceux de gens qui contestent la présence de l’entreprise américaine sur le marché.

      • xfinity

        De ce côté-ci, malgré les déclarations des syndicats de taxis, leur attitude (surtout les taxis parisiens, avouons-le) n’a pas changé d’un iota. Les voitures Uber sont toujours clairement positionnées haut-de-gamme par rapport aux taxis lambda.
        Les taxis parisiens (et les garçons de café à paris) ne représentent-ils pas l’accueil typique « à la française » ? Ce serait dommage de renier une telle renommée… (ironie)