Première baisse de revenus pour Apple en 13 ans

Affaires

Les analystes l’avaient prédit. Apple l’a confirmé aujourd’hui. L’entreprise voit son chiffre d’affaires trimestriel reculer pour la première fois depuis 2003.

Apple a ainsi enregistré 50,6 milliards de dollars de revenus pour le trimestre prenant fin le 26 mars 2016, un recul d’environ 13% par rapport au chiffre d’affaires de 58 milliards généré par l’entreprise pour la même période l’an dernier. En terme de profits, le deuxième trimestre d’Apple passe de 13,6 à 10,5 milliards de dollars, soit une chute de près de 23%.

«Nous sommes très satisfaits de la forte croissance continue des revenus de nos services, grâce à l’incroyable force de l’écosystème Apple et à notre bassin d’utilisateurs croissants de plus d’un milliard d’appareils actifs.»

Ce n’est pas qu’Apple va mal. L’entreprise demeure l’une des plus importantes et profitables au monde.

Mais ses concepteurs n’ont pas su proposer de produits vedettes pouvant prendre le relais des ventes de l’iPhone qui ont sévèrement ralenti dans de nombreux marchés. Apple a réussi à écouler 51,19 millions d’unités lors de ce deuxième trimestre, soit 10 millions de moins que pour la même période en 2015. La folie liée à l’arrivée du iPad n’aura été que de courte durée. De son côté, l’Apple Watch est loin d’avoir suscité un engouement comparable à ce que l’on a déjà pu observer pour l’iPhone ou l’iPod.

«Notre équipe a extrêmement bien performé devant les forts vents contraires de la macroéconomie», a déclaré le PDG d’Apple, Tim Cook. «Nous sommes très satisfaits de la forte croissance continue des revenus de nos services, grâce à l’incroyable force de l’écosystème Apple et à notre bassin d’utilisateurs croissants de plus d’un milliard d’appareils actifs.»

Apple a en effet su bien tirer son épingle du jeu en ce qui concerne les services, avec notamment Apple Music qui jouit de 13 millions d’abonnés payants. Reste à voir maintenant si les ventes de l’iPhone SE pourront mettre un baume à la situation financièrement de l’entreprise, qui a tout de même des réserves de 233 milliards dans ses coffres.

Pour apaiser les inquiétudes de Wall Street, Apple a annoncé en parallèle une rallonge de 50 milliards de dollars à son programme de reversements aux actionnaires par le biais de dividendes et de rachats d’actions. Une stratégie qui ne semble pas avoir eu l’effet escompté, l’action d’Apple ayant perdu environ 8% de sa valeur dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse de New York.

Enfin, Apple prévoit un chiffre d’affaires de 41 à 43 milliards de dollars pour le trimestre prochain, en deçà des 47,3 milliards que prédisent les analystes, et représentant un recul par rapport aux 49,6 milliards du printemps de 2015.

Qui sait, peut-être que plongée dans l’incertitude, Apple dévoilera enfin ses présumés projets de réalité virtuelle ou de sa voiture électrique?

  • Gumby

    La Pomme sans Jobs n’est plus ce qu’elle était. L’innovation qui fait dire «Wow» n’est plus. L’obsolescence programmée trop rapide de leurs produits en écœure plus d’un. J’en fais partie. Amen.

    • Pierre-antoine Riverin

      Je suis très en accord avec toi ils en sortent trop, beaucoup trop.

  • XFNTY

    Les ventes témoignent-elles de ce qu le public réalise enfin que l’esthétique ne fait pas tout ? Que concernant les téléphones, comme en matière de mode, tout lasse, tout passe?
    Certes, nous avons des produits de qualité en achetant un produit de la pomme. Mais le renouvellement de la gamme tous les ans, les changements de connectique, les tarifs très élevés, la concurrence qui réussit à faire aussi bien voire mieux, les consommateurs réalisent peut-être que l’herbe est au moins aussi verte ailleurs.
    Et comme très bien écrit dans l’article, le problème d’Apple aujourd’hui, c’est que l’on ne voit pas l’appareil (outil ?) révolutionnaire et indispensable poindre son nez (au moins à moyenne échéance).
    Car les derniers produits (montre) n’ont pas bouleversé le marché, et ceux à venir (voiture) ne sont pas prêt d’être commercialisés et auront affaire à une toute autre concurrence où souvent le prestige et l’ancienneté attachés à certaines marques premium (germaniques souvent) seront très difficiles à contester pour un nouveau venu, sur un marché très conservateur.
    Alors certes, on pouvait en dire autant du marché des téléphones. Mais nous étions sur une gamme de prix qui n’avait rien à voir avec un investissement que peut représenter le prix d’une voiture. il suffit de voir la difficulté de Swatch pour ses voitures Smart au début de la création de la marque, au point qu’il a du s’adosser puis vendre à Mercedes-Benz pour réussir un volume de vente acceptable.
    Je ne souhaite que du bien à Apple, peu me chaut d’ailleurs puisque je ne possède plus un seul de ses produits. Mais l’avenir me semble moins radieux pour les toutes prochaines années pour la marque, si elle ne trouve pas un nouveau levier industriel rapidement.

  • Ricky

    Vous parler d’obsolescence programmée trop rapide, mais chez Apple (Vs Android), c’est pas si rapide… Mon beau père a un iPad 2 à jour avec le dernier OS malgré le fait la
    tablette aie 5 ans aujourd’hui… et elle lui convient toujours! Et mon beau père est très peu techno!

    Ma belle mère a un iPad mini 2 et un iPhone 5c. Elle n’a pas l’intention de s’acheter un autre iPad ni un autre iPhone parce que pour ses besoins, les deux appareils font encore très bien l’affaire. Malgré ça forte satisfaction envers ses produit de marque Apple, elle ne les changerai pas de si tôt. Ce n’est pas bon pour une compagnie comme Apple! Le pire, c’est que si tu brise l’écran ou le bouton home, les pièces de rechanges existent!

    Mes beaux parents ont eu des appareils Android aussi, mais ceux là sont aujourd’hui au poubelle (façon de parler). Et je ne vous parlent pas des sacres que j’ai entendu, reliés à l’utilisation des appareils…

    L’effet Wow est terminé. L’iPhone est là depuis 8 ans maintenant. Les
    trois premières années ont été déterminante pour créé une demande, une
    habitude, une fidelité. C’était nouveau et spectaculaire (combiné au
    perfectionnisme de Jobs). Le iPhone « 1″ n’était pas super performant
    pourtant…

    Pour le commun du mortel, les produit Apple font plus que le travail. Il sont d’une simplicité déconcertante (mon père a maintenant un iPhone…) et fonctionne bien pour ce que les gens demandes. Ils font maintenant partit des appareils d’essentiel de beaucoup de gens.

    Les Geeks qui veulent toujours le derniers modèle sont un petite partie du marché. Ces gens (moi y compris) parlent beaucoup de leurs achats électronique par passion, bonne ou mauvaise. Une catastrophe pour moi peu être un problème perçu comme insignifiant pour l’autre. Pour faire un parallèle, mon beau père me parlent plus souvent de ces perceuses que de son téléphone en me disant que ça brise trop rapidement, pourtant j’ai toujours ma première perceuse Mastercraft acheter en 2010!

    On généralise souvent notre perception d’un produit à tout le monde, comme si tout le monde voyait les choses tel que nous les voyons.