Réinventer son alimentation en scannant sa bouffe

Comme dans Star Trek

On a beau en savoir toujours un peu plus sur l’impact de notre alimentation sur notre santé, nous ne disposons malheureusement jamais assez des informations les plus pertinentes. Voici donc l’innovation qui pourrait grandement vous faciliter la vie : le numériseur de bouffe TellSpec.

Non, vous ne rêvez pas, il est bel et bien désormais possible de scanner sa nourriture pour savoir ce qu’elle contient au milligramme près. Peut-être me direz-vous que nous disposons de nombreuses informations déjà indiquées sur les aliments que nous mangeons. Oui, mais en fait, pas vraiment.

Oui sur tous les produits dits transformés, qui affichent le nombre de calories, la dose de gras, de sel, de vitamines, etc. Cependant, ces étiquettes formatées ne permettent pas de calculer rapidement ce que vous pouvez ingérer ou non en fonction de votre poids, de votre taille, de votre santé, de vos antécédents médicaux, bref, de votre cas bien particulier. Il en va de même pour tous les produits bruts, comme les fruits, les légumes, ou les viandes, qui ne sont pas soumis aux mêmes règles d’affichage.

Pour répondre à toutes ces interrogations alimentaires, l’entreprise torontoise TellSpec propose son spectromètre éponyme dernier cri, moitié moins gros qu’un téléphone intelligent. C’est d’ailleurs grâce à la miniaturisation des principales composantes que TellSpec a décidé de se lancer dans l’aventure. En fait, le système de TellSpec se compose de trois éléments : le numériseur, une application Android ou iOS, et une banque de données en ligne.

Le numériseur TellSpec.

Le numériseur TellSpec.

Le capteur du spectromètre transmet de la lumière dans la nourriture (rassurez-vous, c’est totalement inoffensif) et calcule ensuite le nombre de photons qui lui sont renvoyés. En faisant ce simple décompte par longueur d’onde, l’application crée un spectrogramme qui est ensuite interprété par la banque de données en ligne. À chaque nourriture correspond un spectrogramme précis. Aussitôt analysés, les résultats sont renvoyés vers le téléphone émetteur en moins de trois secondes.

Avoir sa bouffe dans le cloud

Quoi de mieux en effet que de peupler ses serveurs de millions d’entrées de données volontaires?

Comme bien des services aujourd’hui, tout se passe dans le fameux nuage. Votre historique alimentaire y sera donc bel et bien stocké. Non seulement afin de vous permettre d’effectuer un contrôle de votre alimentation, mais sûrement aussi (on imagine) afin de raffiner les analyses de milliers d’aliments consommés à travers le monde. Quoi de mieux en effet que de peupler ses serveurs de millions d’entrées de données volontaires? 

Les résultats acheminés à votre téléphone seront affichés selon des graphiques très simples et clairs, permettant une compréhension rapide et des réactions rapides visant à corriger le tir ou à éviter une catastrophe gastrique. On retrouvera ainsi la somme des glucides, des protéines et des gras pour une dose X donnée.

Vous voulez savoir à combien correspondent ces chiffres pour votre dose de nourriture, disons, X + 200 grammes? Aucun problème. En modifiant rapidement le poids de ce que vous comptez consommer, les chiffres s’ajustent en temps réel.

tellspeccake

Idem en ce qui a trait à votre alimentation quotidienne. Grâce à une interface qui semble plutôt conviviale si l’on se fie aux vidéos officielles du site, vous pourrez même savoir à quel pourcentage de votre consommation quotidienne recommandée correspond la portion de l’aliment que vous venez de numériser. Fini les calculs et les balances pour les personnes qui participent à un régime amaigrissant!

Une encyclopédie culinaire en plus?

Non content de vous aider à vous alimenter plus en accord avec les besoins physiologiques de votre corps, TellSpec veut aussi éduquer ses clients avec TellSpecopedia, sorte d’encyclopédie alimentaire sur ce qui compose la plus grande partie de ce que nous ingérons. La description de la plupart des éléments généralement présents dans nos produits alimentaires courants est d’ailleurs accessible sur le site de l’entreprise, y compris les éléments qui ont des noms imprononçables à faire froid dans le dos… ou à donner mal au ventre, c’est selon.

L’application offre aussi la possibilité de signaler votre état général une fois que vous vous êtes nourri afin de détecter plus aisément vos problèmes d’allergies, de santé (notamment de diabète) et autres sensibilités à certains aliments. En choisissant vous-même les cycles sur lesquels vous voulez être suivi, en fonction de votre régime (ou pas), TellSpec permet d’avoir une vue précise ou plus globale des répercussions de votre alimentation grâce à des moyennes quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles et même trimestrielles.

Prévu initialement à la vente fin 2014 au prix de 320$, c’est au mois de septembre prochain à 399$ US que le scanneur de Tellspec devrait faire son apparition sur le marché. Espérons que l’accès aux services n’exigera pas une mensualité supplémentaire et que ce gadget digne de Star Trek finisse enfin par se téléporter dans le monde réel. En effet, ce ne serait sûrement pas la première invention à promettre monts et merveilles et à ne rester qu’un vaporgear.

  • Olivier Ariel

    Cette innovation n’a en fait rien d’innovant. Le TellSpec n’analyse pas réellement la nourriture qui lui est présenté. En fait, tout ce que l’appareil pourrait faire (j’insiste sur pourrait car j’ai bien hâte de voir le réel taux de réussite) est d’être capable d’associé un aliment avec sa valeur nutritionnel moyenne sur une base de donnée. Alors, cela revient à utilisé une application tel MyFitnessPal qui contient ce genre de base de donnée. La seule différence est que les applications actuelle on entre manuellement que l’on mange une pomme et avec le TellSpec on espère qu’il identifie rapidement et d’un seul coup la pomme comme une pomme.

    J’ai un gros doute que cette compagnie va être capable de réalisé ce qu’elle dit. Même si elle est capable de faire son scan avec taux de réussite potable cela va rester un attrape nigaud à mon avis.

    Un peu de rigueur scientifique n’aurait pas fait de tord à cet article.