Le fondateur de Wikipédia veut combattre les fausses nouvelles avec Wikitribune

Gardien de la vérité

Le secret pour remédier à la propagation de fausses informations résiderait-il dans une approche communautaire à la Wikipédia? C’est du moins ce qu’en croit son fondateur, Jimmy Whales.

Car contrairement aux Facebook et Google de ce monde, Wikipédia n’a jamais eu à composer avec le phénomène de manière significative. Bien entendu, de faux articles ont pu y trouver leur chemin, mais sa communauté de modérateurs a généralement été en mesure de préserver l’intégrité de son information en purgeant ces nuisances.

Jimmy Whales, son fondateur, est persuadé que l’industrie des nouvelles peut bénéficier de cette approche. «L’actualité est brisée, mais nous avons compris comment la réparer», lance-t-il dans la vidéo introduisant sa dernière initiative.

«Avant Internet, nous ne pouvions recevoir nos nouvelles que par des organismes d’actualités traditionnels. Les éditeurs, les vérificateurs de faits et les journalistes étaient les gardiens de la nouvelle, et ils avaient notre confiance pour dire la vérité. Nous étions même prêts à les payer pour nous dire la vérité, voilà à quel point nous respections l’actualité.»

«Les médias sociaux, où la plupart des gens consultent l’actualité de nos jours, sont littéralement conçus pour nous montrer ce que nous voulons voir, pour confirmer nos préjugés, et pour nous pousser à cliquer à tout prix.»

«Par la suite, l’actualité s’est retrouvée en ligne, et tout à coup, nous voulions tout cela gratuitement, et nous voulions que les annonceurs s’occupent de les rémunérer. Parce que la publicité est bon marché, la concurrence pour les clics est féroce, et les sources d’information de mauvaise qualité sont partout.»

On connaît bien la suite de l’histoire : le fameux chapitre où les réseaux sociaux se sont emparés de l’actualité pour la reléguer au rang du divertissement.

«Les médias sociaux, où la plupart des gens consultent l’actualité de nos jours, sont littéralement conçus pour nous montrer ce que nous voulons voir, pour confirmer nos préjugés, et pour nous pousser à cliquer à tout prix.»

«Cela brise fondamentalement les nouvelles. En vérité, sur Internet, il n’y a pas de gardien de l’information. Il est donc temps de repenser à ce rôle, et nous l’avons appelé Wikitribune.»

C’est par une campagne de sociofinancement (dont le montant ciblé est toutefois inconnu) que Wikitribune cherche à embaucher ses 10 premiers journalistes qui travailleront en collaboration avec la communauté afin de vérifier les faits et s’assurer de la pertinence et de l’intégrité de l’information.

Le modèle de Wikitribune

«Wikitribune est un nouveau site avec un nouveau modèle pour l’actualité. Il combine le journalisme basé sur les normes professionnelles et l’intègre à l’idée radicale du concept de wiki selon laquelle une communauté de bénévoles peut et protégera avec fiabilité l’intégrité de l’information. Les articles sont rédigés par des journalistes professionnels et des membres de la communauté qui travaillent côte à côte comme égaux, et ne sont pas soutenus par les annonceurs, mais par les lecteurs qui se soucient suffisamment du bon journalisme pour y contribuer mensuellement. Il n’y a pas de mur de paiement, n’importe qui peut donc lire Wikitribune. N’importe qui peut signaler ou réparer un article et le soumettre à l’examen. Au fur et à mesure que les faits sont mis à jour, l’actualité devient un artefact qui évolue, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Internet a été créé.»

Contrairement à Wikipédia, qui est décliné en plus de 280 langues, Wikitribune semble être destiné d’abord au marché anglophone. Bien entendu, l’initiative n’en est qu’a ses balbutiements, et il y a fort à parier que son objectif est d’étendre ses activités au-delà de la langue de Shakespeare.

Au moment d’écrire ces lignes, Wikitribune est soutenu par plus de 1 600 bailleurs de fonds, et a suffisamment amassé d’argent pour embaucher un journaliste. La campagne doit prendre fin dans 29 jours, moment où Wikitribune lancera son portail d’actualité.

  • Gaston

    Le monde du journalisme n’a que lui même à blâmer.

    Depuis que des empires médiatique en mal de pouvoir, de publicité et de notoriété ont remplacé le journalisme par du sensationnalisme, le vrai journalisme n’existe plus (m’enfin presque plus).

    Et tout ça a commencé bien avant la démocratisation d’Internet.