All time Branchez-vous Branche Toi BetterBe Nerds Carrières

Test du jeu Concrete Genie: la beauté de l’art-thérapie

Par Daniel Carosella – le dans Jeux vidéo, Tests

Même si je suis chroniqueur en jeux vidéo depuis plus de 20 ans, ma profession est celle d’intervenant psychosocial. Depuis que j’exerce, j’ai été amené à m’informer sur une panoplie de thérapies alternatives, dont l’art-thérapie. Bien sincèrement, aucun autre jeu que Concrete Genie ne m’a autant fait penser à une forme de thérapie tant, en plus d’être surprenant, il nous amène à réfléchir sur certaines problématiques.

Disponible sur: PlayStation 4

Quel espoir lorsqu’on est entouré de désespoir ?

Concrete Genie met en scène Ash, un adolescent intimidé par une bande de jeunes semant la terreur dans les rues de la ville de Denska. Cette dernière ayant été confrontée à une catastrophe pétrolière qui l’a menée vers l’abandon, Ash se retrouve bien souvent seul, sans amis et, surtout, entouré d’un climat de désespoir. Son seul réconfort est l’art, le jeune homme étant particulièrement doué pour se créer des univers peuplés de différents monstres. Or, jamais il n’aurait imaginé que ces derniers pourraient prendre vie grâce à des esprits ainsi qu’un pinceau magique !

Concrete Genie est le genre de jeu qui nous happe et nous bouleverse en raison de son scénario et de ses personnages. Bien que l’art y soit mis de l’avant, le jeu raconte avant tout l’histoire d’un adolescent qui n’a pas perdu espoir malgré les difficultés qu’il rencontre au quotidien. C’est un magnifique conte qui, malgré sa lourdeur, transmet un message fort positif nous donnant réellement l’impression de participer à une quête émotionnelle et humaine.

Seul petit bémol: j’aurais aimé qu’on approfondisse certains éléments psychosociaux. Peut-être est-ce une déformation professionnelle, mais j’aurais vraiment apprécié qu’on plonge davantage dans la psychologie de certains personnages, notamment les intimidateurs. Outre l’intimidation, le jeu vous dévoilera certaines réalités vécues par ses différents acteurs, dont la violence conjugale, l’abandon et la perte d’un parent. Le tout ne fait que nous attacher encore plus profondément à ceux gravitant autour d’Ash, mais ces sujets demeurent abordés en surface.

Peindre avec des créatures hyper attachantes

Concrete Genie se divise en deux dimensions. La première, qui est de loin la plus intéressante, est celle de l’art. Afin de redonner vie à Denska et de progresser dans votre aventure, vous devrez peindre différentes surfaces à l’aide de votre immense pinceau magique. Pour cela, il vous faudra réunir les pages du cahier de Ash, arrachées par les intimidateurs en début de partie. C’est en récoltant ces pages que vous pourrez matérialiser différentes formes sur les murs, et ainsi leur redonner de la couleur, un peu comme les jeux de Blob nous le permettaient il y a quelques années.

Or, en plus de pouvoir peindre différents éléments, vous pourrez aussi donner vie à des monstres issus de l’imagination de Ash. Appelés Génies, ce sont les réelles vedettes du jeu et vous verrez que malgré leur apparence monstrueuse, vous vous y attacherez. En effet, même s’ils ne parlent pas, ils transmettent leurs émotions grâce à leurs animations et deviennent très rapidement des créatures qu’on souhaiterait réelles dans notre propre vie !

Les Génies viendront en aide à Ash de différentes façons afin de l’aider à redonner vie à Denska et combattre de mystérieuses créatures des ténèbres. Parfois, ils auront des requêtes et vous demanderont de peindre des éléments précis sur des murs tandis qu’à d’autres moments, ils utiliseront leurs pouvoirs afin de brûler des objets, souffler sur des éléments ou activer des interrupteurs. Puisque les Génies ne peuvent que se déplacer sur les murs, vous devrez parfois éliminer des obstacles afin de leur permettre de bouger librement. Tout cela fait office de casse-tête plutôt légers, rien n’étant particulièrement difficile au sein de Concrete Genie.

Ceci dit, en plus de pouvoir peindre les murs à l’aide des dessins de Ash, vous pourrez personnaliser vos Génies comme vous le voudrez à l’aide d’autres types de schémas à récolter. Ainsi, lorsque vous pourrez dessiner un Génie, vous pourrez lui dessiner le corps que vous voudrez et lui apposer les traits que vous souhaiterez à partir des dessins que vous aurez débloqués. En outre, l’un de vos Génies pourrait avoir une queue plus pointue avec des cornes en bois et des brais feuillus ! La création des Génies demeure limitée aux dessins qu’on a récoltés, mais on peut réellement concevoir des créatures uniques qui viendront se promener sur les murs de Denska qu’on aura soi-même peints !

Jeu Concrete Genie
PlayStation.com

Une portion action qu’on aurait pu oublier

L’autre dimension du jeu se débloque tard dans l’aventure et n’occupe qu’une heure ou deux maximum de cette dernière. D’un jeu de plates-formes, Concrete Genie passera à un jeu d’action qui, bien franchement, est beaucoup moins intéressant.

En fait, à un certain moment, les créatures des ténèbres prendront le contrôle de Denska en corrompant notamment vos Génies. Ash devra alors aller les affronter afin de retrouver le contrôle sur ses créations. Pour cela, vous devrez utiliser de nouveaux pouvoirs octroyés par votre pinceau et qui vous permettront d’attaquer les Génies de l’ombre à l’aide du feu, du vent et de l’électricité.

Le problème est que le jeu perd de son charme ainsi que sa raison d’être lorsqu’il bascule vers le jeu d’action. Le système de visée est loin d’être précis et il faut envoyer plusieurs valses de coups pour blesser un Génie du mal ou bien pour briser son bouclier. C’est tout simplement moins intéressant et magique que la portion nous demandant de peindre pour redonner vie à Denska. Les développeurs ont voulu diversifier l’expérience afin de nous donner un jeu plus complet, mais ils auraient définitivement eu avantage à élargir les environnements dans lesquels on peut peindre plutôt que de proposer une dimension basée sur l’action ne cadrant tout simplement pas avec le reste du jeu.

Néanmoins, l’habileté nous permettant de bouger plus rapidement et qu’on débloque durant cette portion est très utile et agréable à utiliser. Vous pourrez surfer indéfiniment sur de la peinture magique, ce qui décuplera votre vitesse de déplacement. Non seulement cela permet des mouvements plus rapides à travers les quartiers de Denska, mais les amateurs de Jet Set Radio auront étrangement l’impression de retourner dans ce vieux jeu !

Jeu Concrete Genie
Variety.com

Des accrocs et une durée trop courte

Même si Concrete Genie est un jeu m’ayant énormément surpris de par sa facture visuelle (si vous avez aimé le film Coraline, vous adorerez le style artistique du jeu), le plaisir de créer ses peintures et le sentiment de progresser en redonnant vie à une ville abandonnée, certains éléments ont amoindri le plaisir que j’ai eu à jouer, et ce, pas seulement dans la portion action.

D’abord, le jeu met de l’avant plusieurs séquences de plates-formes. Or, il n’est pas toujours évident de déterminer où on peut aller. Le design des niveaux fait en sorte qu’on peut facilement manquer des pages à récolter ou encore des murs à peindre, d’autant plus que la caméra ne suit pas toujours Ash et les Génies de façon optimale.

Par ailleurs, il vous arrivera de devoir vous cacher des intimidateurs lors de courtes séquences. Bien qu’ils ne soient pas nombreux, ces moments ne sont pas tellement intéressants tant, à l’instar de la portion action, ils sont inférieurs à toute la dimension nous permettant de peindre librement. Les tactiques pour échapper aux intimidateurs sont limitées, et ces derniers sont plutôt bêtes. Un simple cri suffira à les distraire pour vous permettre de vous échapper et poursuivre vers votre objectif.

Concrete Genie vous donnera aussi l’occasion de jouer avec le gyroscope de votre manette pour peindre. Honnêtement, j’ai rapidement laissé tomber, préférant utiliser le bâton analogue droit pour diriger mes mouvements de pinceau. Les mouvements gyroscopiques sont tout simplement imprécis et nous procurent plus de frustration que de plaisir.

Finalement, Concrete Genie est un jeu plutôt court. En cinq, peut-être six heures, vous en aurez fait le tour. Certes, c’est un jeu attachant qui est vendu pour 40$, mais j’aurais réellement aimé qu’il soit plus long et qu’on puisse davantage explorer Denska. Même si vous pourrez y retourner pour peindre librement et tout débloquer, c’est un jeu vers lequel on a plus ou moins envie de revenir une fois qu’on l’a terminé. Quant au mode VR, dans lequel on peut peindre dans un décor tout mignon en réalité virtuelle avec les Génies, il est plutôt limité et ne vous attirera que le temps d’une séance ou deux de jeu.

Jeu Concrete Genie
DailyExpress.com

Devriez-vous y jouer ?

S’il y a un message que je veux envoyer à Sony, ce serait de porter une plus grande attention aux jeux de petits studios qu’elle distribue. La firme a pris le jeu et ses développeurs sous son aile, mais l’a très peu publicisé. En toute franchise, qui d’entre vous a entendu parler de Concrete Genie ?

Le jeu mérite pourtant qu’on le découvre et qu’on s’y attarde. Il a ses limites, il faut l’admettre, mais il est aussi magnifique que bouleversant. Malgré une prémisse sombre, il nous envoie un fort message d’espoir grâce à ses personnages ayant tous de forts traits humains, même les Génies monstrueux. En ce sens, Concrete Genie atteint le même but que toute forme de thérapie, dont celle par laquelle on peut s’exprimer à travers l’art !

Ce que vous aimerez:

  • L’histoire qui, malgré son côté sombre, cache un magnifique message d’espoir;
  • Les éléments techniques, particulièrement le visuel;
  • Concrétiser ses créations afin de redonner vie à une ville ayant sombré dans le désespoir.

Ce que vous n’aimerez pas:

  • Les autres styles de jeu accompagnant la peinture, dont celles mettant l’emphase sur la furtivité et l’action;
  • Le design plutôt moyen de certaines portions du jeu;
  • La courte durée de vie.

Note: 8 sur 10

Les dernières nouvelles

10 faits méconnus sur la franchise Resident Evil

10 faits méconnus sur la franchise Resident Evil

Google Photos et la confidentialité : pourquoi vous ne devriez pas négliger ce que vos clichés révèlent ?

Google Photos et la confidentialité : pourquoi vous ne devriez pas négliger ce que vos clichés révèlent ?

Test de Pokémon Sword/Shield : encore bien du plaisir à tous les attraper !

Test de Pokémon Sword/Shield : encore bien du plaisir à tous les attraper !

Plus de jeux vidéo

Test du jeu Death Stranding

Test du jeu Death Stranding

Test du jeu Mario and Sonic at the Olympic Games Tokyo 2020 : des olympiques mignonnes, mais pour qui ?

Test du jeu Mario and Sonic at the Olympic Games Tokyo 2020 : des olympiques mignonnes, mais pour qui ?

9 jeux et une console à surveiller en novembre !

9 jeux et une console à surveiller en novembre !

Populaires

Comment payer son accès Netflix (vraiment) moins cher

Comment payer son accès Netflix (vraiment) moins cher

Avec Google Drive, regardez gratuitement des films en streaming

Avec Google Drive, regardez gratuitement des films en streaming

Facebook se met au «dark mode» sur Android

Facebook se met au «dark mode» sur Android

Daniel Carosella

Passionné de jeux vidéo depuis une trentaine d'années, Daniel est chroniqueur en jeux vidéo depuis plus de 21 ans. Il a commencé sur Quebec64 puis sur JeuXpress.ca avant de devenir rédacteur en chef de HardGamers.com jusqu'à la fermeture du portail. Depuis 2010, il collabore au magazine AffairesDeGars en tant que chroniqueur, en plus de participer au podcast Réalité Augmentée.Diplômé en criminologie, Daniel est aussi intervenant psychosocial dans la vie de tous les jours. S'il est conscient qu'il ne peut sauver le monde, il essaie tout de même d'aider le maximum de personnes entre deux parties de jeux vidéo !