Test du jeu God of War: Ragnarök – Une balade en montagnes russes !

Par Daniel Carosella – le dans Jeux vidéo, Tests

Développer God of War: Ragnarök n’a pas dû être une petite balade en forêt. En effet, comment développer une suite à l’un des jeux les plus appréciés de la dernière décennie ? La pression sur Sony Santa Monica était forte pour répondre aux attentes mirobolantes des fans de Kratos et disons que le produit final nous transporte dans une montagne russe à l’image de ce qu’ont dû vivre ses concepteurs.

  • Disponible sur: PlayStation 4 et PlayStation 5
  • Prix: 79,99$ + txs (PS4) / 89,99$ + txs (PS5)

Les multiples combats de Kratos

God of War: Ragnarök prend place quelque temps après les événements de God of War. Toujours affligé par la mort de sa femme et la violence de son passé, Kratos doit également conjuguer avec son rôle de père de plus en plus difficile. En effet, Atreus a grandi et remet davantage en question les idées ainsi que les actions de son père. Bénéficiant des conseils de Mimir, le Spartiate devra malgré lui reprendre ses armes alors que le Ragnarok semble inévitable.

Si vous avez joué à God of War, vous vous retrouverez immédiatement en terrain connu. Pour vous donner une idée, la scène supplémentaire que l’on a vue dans le précédent jeu est reprise dans Ragnarök, donnant ainsi l’impression que celui-ci fut pensé et développé dès la fin de la conception de son prédécesseur. Les enjeux demeurent aussi, sinon plus poignants qu’au sein de la première aventure, spécialement entre Atreus et son paternel. Une fois de plus, Sony Santa Monica démontre tout son talent tant l’écriture de God of War: Ragnarök est quasi-irréprochable.

Ceci dit, la qualité du scénario ne passe pas toujours par sa trame principale. Effectivement, à l’image d’une montagne russe, il arrive que certains passages soient des creux. Vous le remarquerez notamment dans le premier tiers de l’aventure alors que certaines portions semblent être du remplissage plutôt que des séquences faisant avancer le scénario. À certains moments, Sony Santa Monica a tellement voulu creuser la personnalité de chaque personnage présenté que diverses séquences sont des passages à vide. Fort heureusement, elles sont rapidement rattrapées par des moments grandioses qui confronteront Atreus et Kratos au pire de ce qu’Asgard peut leur envoyer.

Par ailleurs, certaines missions secondaires s’avèrent plus intéressantes que les missions principales. C’est notamment le cas de l’histoire de Freya, profondément affectée par le meurtre de son fils et demeurant en quête de vengeance face à Kratos. Si l’ex-femme d’Odin est bien présente dans la trame narrative primaire, son histoire se dévoilera davantage au fil de quêtes secondaires mieux fignolées et écrites que les missions principales où elle apparaît. À l’instar d’autres missions connexes, l’histoire de Freya risque de vous accrocher davantage que certaines portions du récit principal.

Ne pas réparer ce qui n’est pas brisé

Pourquoi briser un moule étant déjà en parfait état de marche ? C’est la philosophie derrière God of War: Ragnarök. Le jeu ne redéfinit pas ce que son prédécesseur a établi, mais agit plutôt comme une continuité.

Tout comme dans l’aventure précédente, vous combattrez des ennemis de toutes sortes et explorerez neuf royaumes issus de la mythologie scandinave. Si le jeu contient son lot de nouvelles runes, armures et technologies, Kratos utilisera d’emblée ses deux armes de prédilection. De ce fait, dès le début de votre quête, vous pourrez employer la hache et les lames du chaos afin de trucider vos ennemis.

Or, quelques nouveautés intéressantes font leur apparition au sein du jeu. En outre, il est possible de charger la hache afin qu’elle blesse davantage des ennemis et de faire tournoyer les lames pour qu’ils infligent des dégâts de feu aux créatures qui vous attaqueront. Ragnarök met d’ailleurs l’accent sur les dommages de glace et de feu de sorte que vous devrez en tenir compte pour tirer profit des faiblesses de vos ennemis, spécialement dans les modes de difficulté les plus élevés.

D’autre part, Kratos étant Kratos, la violence de ses exécutions est plus prononcée qu’au sein de God of War. En étourdissant vos adversaires ainsi qu’en les blessant suffisamment, vous pourrez les exécuter brutalement en appuyant sur R3. Si God of War était violent, Ragnarök nous donne cette impression que Kratos libère sa colère en massacrant sans gêne des ennemis vulnérables. Le résultat en devient grisant, spécialement lorsqu’on parvient à éliminer une créature nous ayant donné du fil à retordre.

Outre Kratos, Atreus a un rôle plus prononcé au sein de cette nouvelle aventure. Le fils de Kratos ne bénéficie pas seulement d’une place plus grande au sein de l’histoire, mais aussi dans les séquences d’aventure. Ainsi, vous aurez l’occasion de le contrôler lors de certaines portions de l’aventure, diversifiant par le fait même le style de l’aventure. Atreus n’ayant pas la force de son père, le jeu se transformera en jeu de tir à la troisième personne lorsque vous le personnifierez. Une belle idée de Sony Santa Monica donnant un rôle décent à un personnage central de God of War.

God of War Ragnarok
Forbes.com

Un jeu prudent

Malgré tout, God of War: Ragnarök demeure prudent. Le jeu bonifie tous les éléments de son prédécesseur sans pour autant le dénaturer. Cela se traduit par des séquences en corridors similaires à celles de son prédécesseur et des combats qui, bien que plus brutaux, sont pratiquement identiques au jeu de 2018.

L’exploration des royaumes est elle-même similaire au jeu précédent. Non seulement retournerez-vous dans certains royaumes du jeu paru il y a quelques années, mais vous retrouverez aussi plusieurs portions identiques. Par exemple, attendez-vous à récupérer le même type de ressources servant à améliorer l’équipement de Kratos et Atreus ainsi qu’à détruire les mêmes types d’objets, incluant 48 corbeaux d’Odin. Certains casse-tête s’avèrent également pareils à ceux de 2018, quoique mieux pensés dans l’ensemble.

Pourrait-on reprocher à God of War: Ragnarök d’être trop collé trop sur son prédécesseur ? C’est une question légitime, mais qui se répond avec la volonté de ses concepteurs de mettre fin au périple de Kratos dans la mythologie scandinave. Ragnarök fut annoncé comme tel et en ce sens, il est logique que le jeu soit une continuité plutôt qu’une réinvention du titre proposé il y a quatre ans. Truffé d’éléments à découvrir lui octroyant facilement une durée de vie de plus de 50 heures lorsqu’on veut tout faire, Ragnarök doit être vu comme une excellente suite concluant un chapitre de Kratos et non un nouveau jeu créant le même effet de surprise que le jeu de 2018.

God of War Ragnarok
Bloomberg.com

Magnifique, tout simplement

Étant un jeu AAA, il est évident que bien des ressources ont été conférées au jeu afin qu’il soit grandiose. Cela paraît notamment dans ses dimensions techniques, toujours aussi époustouflantes.

Au niveau visuel, certains royaumes vous en mettront plein la vue. C’est notamment le cas du royaume des Elfes de lumière, qui est magnifique avec ses effets d’ombres et de lumières. Les personnages sont toujours aussi bien modelés qu’il y a quatre ans tandis que les textures de l’ensemble des environnements sont à couper le souffle. Mes seuls bémols sont la présence de textures apparaissant et disparaissant ainsi que certains bogues de collisions. Ce sont des accrocs sommes toutes mineurs qui seront probablement corrigés avec des rustines.

Côté musical, nous avons droit à une bande sonore appuyant fermement le ton de l’aventure. Grâce à sa musique orchestrale, l’ambiance lourde et sombre du jeu se fait ressentir jusque dans nos tympans. D’autre part, tous les acteurs du jeu précédent reprennent avec brio leur rôle respectif, dont l’excellent Christopher Judge étant devenu la voix emblématique de Kratos. Mention spéciale aux acteurs ayant doublé Thor et Odin, dont la personnalité n’a rien à voir avec les films de l’univers Marvel !

God of War Ragnarok
GamesRadar.com

Devriez-vous y jouer ?

En jouant à God of War: Ragnarök, ai-je eu le même effet de surprise qu’avec God of War ? Non. Ragnarök est une continuité plutôt qu’un nouveau genre de jeu. En ce sens, Sony Santa Monica nous livre une excellente suite qui, malgré certains passages à vide, comblera ceux qui attendaient les nouvelles péripéties de Kratos et Atreus. Tout comme une montagne russe dans laquelle on remonte, l’effet de surprise n’est plus là, mais la balade n’en demeure pas moins forte en émotions !

Évaluation

Verdict

Ne bénéficiant plus de l'effet de surprise de son prédécesseur, God of War: Ragnarök n'en demeure pas moins une excellente suite qui comblera les grandes attentes des fans de Kratos.

Note finale : 4.5 sur un total de 5
Critères
God of War Ragnarok
4.5

Points forts

  • Style de jeu toujours aussi fonctionnel qu'en 2018
  • Excellente histoire creusant davantage certains thèmes abordés dans God of War
  • Éléments techniques de haut calibre

Points faibles

  • Certaines portions présentent des passages à vide
  • Certains y verront un God of War 1.5 plutôt qu'une suite à proprement dit
  • Quelques bogues visuels mineurs

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Daniel Carosella

Passionné de jeux vidéo depuis plus d'une trentaine d'années, Daniel est chroniqueur en jeux vidéo depuis plus de 23 ans. Il a commencé sur Quebec64 puis sur JeuXpress.ca avant de devenir rédacteur en chef de HardGamers.com jusqu'à la fermeture du portail. Il a également collaboré au magazine Web AffairesDeGars.com pendant une dizaine d'années avant de transporter sa passion du jeu vidéo sur Branchez-Vous. Par ailleurs, Daniel partage cette dernière par la parole grâce à d'autres projets, dont une chronique hebdomadaire sur les ondes de CHOI Radio X et la chaîne YouTube M2Gaming.Diplômé en criminologie, Daniel est aussi intervenant psychosocial dans la vie de tous les jours. S'il est conscient qu'il ne peut sauver le monde, il essaie tout de même d'aider le maximum de personnes entre deux parties de jeux vidéo !