Si quelqu’un vous avait dit il y a deux ans que Devil May Cry 5 tournerait entre 90 et 120 images par seconde sur une console portable Nintendo, vous auriez probablement souri poliment avant de changer de sujet. Et pourtant c’est exactement ce qui se passe, et Capcom n’a même pas jugé bon d’en faire un argument de vente central. Le studio est en ce moment dans une forme que les autres éditeurs doivent regarder avec une certaine jalousie. Resident Evil Requiem, RE7, Village, Pragmata, Monster Hunter Stories 3, et maintenant DMC5 en quelques mois sur Switch 2. Une cadence que personne d’autre ne tient sur cette plateforme, et à chaque fois le travail est sérieux. Avec ce Devil Hunter Edition, le studio repousse encore ce qu’on pensait pouvoir attendre d’un port sur cette console.
Un classique qui n’a pas pris une ride
Devil May Cry 5 est sorti en 2019 et c’est toujours l’une des références absolues du jeu d’action à la troisième personne. Trois personnages aux styles radicalement différents : Nero et ses prothèses démoniaques interchangeables, Dante et son arsenal complètement délirant qui mêle épées, guitares électriques et bras démoniaques, et V qui combat en invoquant des familiers tout en lisant de la poésie. Un système de notation en temps réel qui récompense la variété et la créativité des enchaînements plutôt que le simple fait d’infliger des dégâts. Une mise en scène qui assume son côté excessif jusqu’au bout sans jamais ciller.

Sept ans plus tard, rien de tout ça n’a vieilli. C’est la marque des grands jeux d’action : ils n’ont pas besoin de contexte temporel pour fonctionner. On y joue en 2026 avec le même plaisir qu’en 2019.
Cette édition inclut un résumé des quatre épisodes précédents pour les nouveaux venus, ce qui est une attention appréciable.
Les performances : la vraie surprise de ce port
Capcom avait communiqué sur du 60 fps stable. C’est déjà respectable pour un jeu de cette envergure sur Switch 2. Mais si vous activez le mode 120 Hz dans les paramètres d’affichage de la console, le jeu grimpe entre 90 et 120 images par seconde selon les zones et l’intensité de l’action. Le studio n’a probablement pas mis ce chiffre en avant parce que la fréquence n’est pas fixe et oscille selon les situations. Mais l’effet est réel et perceptible, surtout en mode portable où la fluidité supplémentaire change franchement le ressenti des combats.
Pour un jeu d’action aussi rapide et aussi précis dans ses exigences de timing que DMC5, cette fluidité n’est pas un luxe cosmétique. Les animations ennemies sont plus lisibles, les fenêtres d’esquive et d’attaque sont plus faciles à identifier, et les enchaînements ont une netteté qui dépasse ce qu’on associe habituellement à une console portable.


La contrepartie est évidente : la batterie tient moins longtemps en mode 120 Hz. Chacun jugera selon ses habitudes.
Ce qui impressionne autant que la fréquence d’images, c’est la cohérence entre le mode portable et le mode télévision. La plupart des ports Switch 2 montrent des différences perceptibles entre les deux modes, l’image étant généralement plus propre en dock. Ici, l’expérience est pratiquement identique dans les deux configurations. En 1080p via DLSS dans les deux cas, avec un niveau de détail sur les modèles, les textures et l’éclairage qui tient vraiment la comparaison avec les versions sur d’autres plateformes. On va parfois penser qu’on joue sur PS5, à quelques petits détails près.

Les cheveux des personnages, souvent le premier élément à souffrir dans ce type de port, s’en sortent très bien. Il reste un léger bruit visuel dans certaines conditions d’éclairage, mais c’est nettement moins apparent que dans d’autres jeux comparables sur la même plateforme. Les seules aspérités qu’on a relevées sont des chargements légèrement plus longs en mode portable et de rares baisses de fluidité lors de certaines transitions vers des cinématiques. Rien de significatif sur l’ensemble de l’expérience.
Le contenu : des choix éditoriaux questionnables
Cette Devil Hunter Edition est basée sur la version originale de 2019 et non sur la Special Edition next-gen. Capcom a récupéré certains éléments de cette Special Edition : le mode Vergil est présent, les costumes EX aussi, ainsi que la fonctionnalité Platine Vinyle qui permet de jouer avec les musiques des épisodes précédents. Bonne nouvelle pour les fans de longue date.

Mais deux absences font tache. Le Mode Turbo, qui accélérait l’action d’environ 20%, n’est pas là. Et surtout, le niveau de difficulté Légendaire Chevalier Sombre est absent. Cette omission est plus significative qu’elle n’y paraît, parce que c’était de loin la façon la plus efficace d’accumuler les orbes rouges nécessaires pour déverrouiller les compétences et améliorations des personnages. Sans lui, le processus devient nettement plus long et plus répétitif. Pour les joueurs qui veulent explorer la profondeur complète du système de combat, ça se fait sentir.
Capcom n’a pas non plus ajouté de contenu exclusif à cette version Switch 2. Pas rédhibitoire, mais c’était une occasion manquée.

La situation de la version physique mérite aussi d’être soulevée. Le jeu est disponible en numérique depuis le 23 juin, mais la version physique n’arrive que le 28 août, deux mois plus tard. Et quand elle arrivera, ce sera sous forme de Carte Clé plutôt qu’une vraie cartouche. Sachant que DMC5 pèse environ 30 gigaoctets, ce qui rentrerait parfaitement sur une cartouche de 32 gigaoctets, ce choix ressemble davantage à une décision économique qu’à une contrainte technique. Pour les amateurs de physique, c’est frustrant.
Ce qu’on retient
Devil May Cry 5 Devil Hunter Edition est techniquement l’un des ports les plus impressionnants qu’on ait vus sur Switch 2. La fréquence d’images en mode 120 Hz, la cohérence entre mode portable et mode télévision, la qualité visuelle générale qui rivalise sérieusement avec les autres versions, tout ça représente un travail d’optimisation remarquable. Capcom repousse les limites qu’on pensait connaître de la plateforme, et ce port établit un nouveau standard de référence pour ce genre d’exercice.
Les critiques s’adressent aux choix éditoriaux, pas à la qualité du port. L’absence du Légendaire Chevalier Sombre et du Mode Turbo, l’absence de contenu exclusif, et la situation de la version physique témoignent d’une désinvolture qu’on aurait préféré ne pas voir.
Quant au jeu lui-même, il reste ce qu’il a toujours été : un des titres qui définissent ce que l’action à la troisième personne peut atteindre quand elle est conçue avec ambition et maîtrise. Le voir tourner comme ça sur une console portable, ça surprend encore un peu.
Note : 17 / 20
Ce qu’on a aimé : 90 à 120 fps en mode 120 Hz qui changent concrètement le ressenti du jeu, une cohérence visuelle remarquable entre mode portable et mode télévision, le RE Engine parfaitement optimisé pour Switch 2, le mode Vergil inclus, un système de combat toujours aussi référentiel.
Ce qu’on a moins aimé : l’absence du Légendaire Chevalier Sombre qui complique le farming d’orbes rouges, le Mode Turbo aux abonnés absents, aucun contenu exclusif à cette version, version physique repoussée à août en format Carte Clé plutôt qu’en vraie cartouche.
Devil May Cry 5 Devil Hunter Edition est disponible depuis le 23 juin 2026 sur Nintendo Switch 2 en format numérique. La version physique en Carte Clé est attendue le 28 août 2026. Ce test a été réalisé à partir d’une copie fournie par l’éditeur. Cette réception n’a eu aucune incidence sur le contenu de cette critique.


