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Tout le monde est malheureux, tout le temps!

Par Catherine Gendreau – le dans Actualités
Deux ou trois fois par année, des chercheurs universitaires publient des études qui disent toutes sensiblement la même chose : Facebook rend malheureux.

En janvier dernier, une étude allemande révélait en effet que plus d’un tiers (36,9%) des utilisateurs du célèbre réseau social se sentait plus mal et plus insatisfait de sa vie après s’être connecté. Ceux qui ne publient rien sur leur profil et interagissent peu avec leurs amis seraient les plus affectés par les sentiments de solitude et d’envie. Rien d’étonnant là-dedans, et rien qui soit à proprement parler limité à Facebook. Imaginez un instant que vous êtes invité à un party et que, plutôt que de participer activement à la fête, vous vous cachiez derrière une plante pour observer les autres avoir du plaisir. Vous risquez de trouver la soirée longue et de rentrer chez vous la mine basse.

On a souvent tendance à oublier que les statuts d’autocongratulation et les photos léchées de bonheur familial de nos amis ont été soigneusement triés sur le volet ou carrément «arrangés avec le gars des vues» avant d’être partagés.

La source première d’envie serait les photos de vacances, suivie par la comparaison d’interactions sociales. Quoi, le commentaire de Jean a reçu 17 mentions «J’aime» et le mien uniquement 3? Et pourquoi l’anniversaire de Marie a suscité 148 messages de bons vœux alors que le mien n’a été célébré virtuellement que par 52 amis? Aucune surprise ici non plus. Le populaire dicton «Quand on se regarde on se désole, quand on se compare on se console» ne s’applique pas à Facebook.

Il y a quelques semaines, c’était au tour de l’Université du Michigan de s’intéresser à la question de la «dépression Facebook». La conclusion de l’étude? Plus vous passez de temps sur le site, plus vous devenez malheureux et oui, même possiblement dépressif. Plusieurs facteurs ont été évoqués pour justifier ces résultats assez décourageants, notamment le manque d’interactions sociales directes et d’activités extérieures. Mais surtout, encore une fois, la comparaison avec les autres minerait le moral de l’utilisateur moyen.

Je est un autre

Si on se permet quelques coups de gueule et autres «Meh, soupir d’exaspération» liés à un problème familial ou professionnel, il n’en demeure pas moins que le «je» mis en scène sur Facebook est la plupart du temps une version nettement améliorée du «je» derrière l’écran, qui a un rapport à terminer pour hier et un terrible two grippé sur les bras. Et on a souvent tendance à oublier que les statuts d’autocongratulation et les photos léchées de bonheur familial de nos amis ont été soigneusement triés sur le volet ou carrément «arrangés avec le gars des vues» avant d’être partagés.

Avouons-le, la vie n’offre pas une vingtaine de filtres Instagram et nous ne passons pas toutes nos soirées à boire des drinks fancy sur une plage en contemplant filer les Perséides.

Lundis sans filtre

Parlant de filtres, La Presse+ publiait hier un dossier sur la nouvelle tendance en matière d’affirmation de soi : les lundis sans filtre. Baptisés Real Mama Life par une blogueuse torontoise, ces lundis font l’apologie du chaos et de la «vraie vie». Les lecteurs sont invités à publier des photos sans retouche de leur vie quotidienne, des éviers débordant de vaisselle sale aux brassées de linge à plier qui traînent depuis dix jours sur le divan. Créés pour se libérer de l’image et se déculpabiliser de ne pas avoir une vie parfaite, une maison sortie d’un magazine de décoration et le talent culinaire d’un chef étoilé, les lundis sans filtre pourraient également rassurer les inquiets qui passent leur temps à se comparer à leurs amis Facebook et à les envier.

Nuances de gris

Ne vous dépêchez pas, suite à la lecture de cette humble chronique, de supprimer votre profil Facebook. Les chercheurs des différentes études mentionnées s’entendent également pour dire que le réseau social a des répercussions bénéfiques sur l’estime de soi et l’épanouissement personnel de plusieurs utilisateurs. Les plus actifs (ceux qui interagissent beaucoup et ne se contentent pas de faire défiler leur page d’accueil) seraient les plus propices à retirer des avantages psychologiques de leur présence sur les réseaux sociaux.

Engagez-vous, qu’ils disaient!

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Catherine Gendreau

Catherine a toujours eu un faible pour les nerds, les geeks et les gars qui passent trop de temps devant un écran. Cette ancienne technulle avouée, plus intéressée par la littérature que par la programmation C++, s’est finalement laissé corrompre avec l’avènement de Facebook, auquel elle est indubitablement accro. Rédactrice web et chialeuse professionnelle, elle écrit toujours ses brouillons à la main.