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Vivre sa vie par abonnements

Par Tristan Geoffroy – le dans Actualités
Après avoir connu les cassettes VHS, les disques DVD, les disques Blu-ray et autres supports médias destinés à la vente et la location, voilà que nous n’avons même plus besoin de sortir de chez nous pour nous divertir grâce à la fée Internet.

Tranquillement, ce qui était encore jusqu’à tout récemment des produits physiques bien réels s’est transformé en services de consommation dématérialisés offrant un très large catalogue en quelques clics de souris ou de boutons de manette de jeux.

On ne paie jamais assez…

Bien sûr, comme auparavant, il faut payer, ce qui est pour le moins légitime. Mais le problème est que nous sommes désormais sollicités de toutes parts. En effet, ce ne sont plus seulement les films, mais de nombreux aspects de notre vie quotidienne qui sont dorénavant monétisés.

Réfléchissons un instant au nombre d’abonnements qu’un citadin connecté et joueur lambda contracte généralement :

  • Abonnement à Hydro pour l’électricité
  • Abonnement à un service téléphonique (fixe et mobile au besoin)
  • Abonnement à un fournisseur Internet
  • Abonnement à un service de films en streaming (Netflix)
  • Abonnement à un service de jeux en ligne (Xbox Live ou PlayStation Plus)

Bien sûr, tous ces magnifiques abonnements donnent accès à des milliers d’autres produits, achetables ou non. Ils sont aussi mensuels, ce qui peut très rapidement faire monter le compteur dans les centaines de dollars. Tout un budget! Comme si cela n’était pas suffisant, des services qui autrefois étaient exclusivement gratuits, commencent à se dériver en versions payantes sans publicité, comme l’a annoncé YouTube par exemple il y a quelques jours.

Toujours plus d’offres, mais pas plus d’argent

Malgré la surabondance d’offres de services, tous plus attrayants les uns que les autres et promus par de véritables plateformes de distribution que sont devenus les appareils que nous avons nous-mêmes achetés, le contenu du portefeuille du consommateur ne s’est pas multiplié comme des petits pains. Le budget alloué au divertissement numérique et aux communications va finir par faire exploser notre pauvre petite tirelire. À vouloir monnayer la moindre de nos actions, les entreprises s’exposent-elles à un retour en force du piratage, quel qu’il soit?

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La plupart des compagnies l’ont bien compris. Que ce soit dans les jeux vidéo, la diffusion de films, de téléséries ou encore de livres et de musiques, elles veulent toutes contrôler leur chaîne de production et autant que possible de celui de distribution, coupant du même coup les middle men et augmentant ainsi leurs revenus.

Le problème est que le sentiment d’être «prisonnier» d’un unique mode de consommation est en train de s’installer chez bien des consommateurs. En «forçant» les gens à s’abonner à de tels services et de ce fait à avaliser toutes les politiques d’utilisation nébuleuses et complexes qui nous «lient» à ces entreprises, nous devenons encore un peu plus homo consumeris, dont l’une des principales fonctions se résume à consommer sans surtout trop se poser de questions.

Le consumérisme version digitale

Les seules choses qu’il nous reste à acquérir sont les plateformes (consoles, téléviseurs, tablettes et téléphones) que les entreprises nous vendent afin de pouvoir nous vendre davantage.

Certes, nous n’avons jamais eu accès à autant de produits numériques avec autant de facilité, mais cela vaut-il vraiment la peine d’accepter ce modèle d’affaire comme celui par défaut? Si l’on se limite à l’exemple des jeux vidéo et du service de distribution numérique de jeux Steam, plusieurs études révèlent que 36% des jeux achetés ne sont tout simplement jamais joués. On peut donc constater une surconsommation flagrante, qui, même si elle a moins d’impact qu’une surconsommation de produits physiques, a quand même des répercussions. En effet, les serveurs mondiaux consomment une quantité ahurissante d’électricité et notre bande passante et loin d’être illimitée et abordable.

Car le problème n’est pas tant les abonnements en eux-mêmes que cette dépendance à des entreprises pour nous fournir tout ce dont nous avons besoin via des moyens aussi intangibles et faillibles qu’Internet. Une coupure de réseau et ce sont tous vos divertissements qui viennent de prendre le bord, à moins que vous ne conserviez dans un coin poussiéreux un paquet de cartes à jouer, un échiquier ou une version originale de Risk ou Axis & Allies.

Acheter intelligent, c’est définir notre société future… malheureusement

Désormais, chacun de nos achats a quasiment plus d’impact sur notre société que tous les bulletins de vote que nous avons glissés (ou non) dans une urne. Ce «mantra», aussi malheureusement vrai soit-il, s’applique aussi à ces biens dématérialisés qui ne nous appartiennent même plus, puisque ce que vous achetez, c’est le droit d’utilisation. Tout ce que nous avions l’habitude de «posséder» dans la sphère technologique est en train de nous échapper. Les seules choses qu’il nous reste à acquérir sont les plateformes (consoles, téléviseurs, tablettes et téléphones) que les entreprises nous vendent afin de pouvoir nous vendre davantage.

Je n’ai pas hâte de voir le jour où il faudra prendre un abonnement pour avoir de l’air respirable et de l’eau potable. Patience, le secteur privé et les lobbys sont en train de préparer tout cela discrètement, doucement… mais sûrement.

Et vous? Êtes-vous tanné par ces marchands du temple version 2.0?

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Tristan Geoffroy

Né à Marseille dans le sud de la France, Tristan est venu s'installer à Montréal en 1992 afin d'y continuer ses études en Tourisme, avant de se consacrer à sa plus vieille passion : les ordinateurs et les jeux vidéo. Il est notamment connu au Québec pour avoir été coanimateur, chroniqueur et recherchiste à l’émission M. Net.