Télé-Québec a failli devenir une chaîne exclusivement offerte sur le Web

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Le gouvernement provincial a sérieusement envisagé de faire migrer la société d’État sur le Web. Un grand bouleversement qui n’aura finalement pas lieu.

Si l’idée de voir Télé-Québec aux prises avec les conséquences de l’importante révision des programmes gouvernementaux est loin d’être bien surprenante en cette ère d’austérité, difficile d’imaginer voir disparaître la chaîne des ondes. Un risque qui était pourtant bel et bien présent.

Aux yeux de Michèle Fortin, la migration totale vers le Web «équivaut à fermer Télé-Québec».

En effet, selon le quotidien La Presse, le projet de faire migrer rapidement Télé-Québec sur le Web, abandonnant du même souffle sa télédiffusion traditionnelle, a obtenu l’appui d’importants partisans au sein du gouvernement Couillard. Si bien que la PDG de la société d’État, Michèle Fortin, a produit un document destiné à la Commission de révision permanente des programmes afin de dissuader le gouvernement d’aller de l’avant avec l’initiative.

De son côté, la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, a d’abord confirmé que le virage web était effectivement à l’étude. Elle a toutefois tenu a préciser ses propos quelques heures plus tard. «La télé est là pour rester», a-t-elle affirmé. «Le Web, on va le développer. Mais ça ne sera pas seulement le Web.»

Devant la déclaration de la ministre, Michèle Fortin s’est montrée satisfaite. «Je pense que c’est une bonne décision», a-t-elle déclaré. L’idée de faire migrer complètement Télé-Québec sur le Web «aurait été une décision grandement prématurée, et ça n’aurait pas été une décision économique. Ça aurait été coûteux.»

Télé-Québec risque néanmoins de devoir composer avec d’importants changements prochainement. La ministre souhaite s’assurer que les fonds qui y sont octroyés sont bien investis et que la société d’État remplit bien son mandat. À noter que le budget de Télé-Québec est passé de 59,7 à 63 millions de dollars cette année.

La défense de Télé-Québec

Le document produit par Télé-Québec destiné à la commission Robillard fait valoir que sa fermeture est «une tentation périodique et récurrente des gens à la recherche d’argent» qui «témoigne d’une méconnaissance de l’étendue des activités de Télé-Québec sur le terrain» et «des obligations contractuelles de Télé-Québec avec ses employés, ses producteurs et ses fournisseurs de services».

Aux yeux de sa PDG, la migration totale vers le Web «équivaut à fermer Télé-Québec». Elle souligne qu’une telle opération aurait pour conséquences de rendre la chaîne inaccessible à une partie de la population, notamment aux gens à faible revenu.

Rappelons que Télé-Québec a lancé en mars dernier La Fabrique Culturelle, un portail web qui se décrit comme «le nouvel outil de rayonnement de la culture québécoise».