Traque interdite : Parce que vos données racontent une histoire

Do Not Track

Le nouveau projet du réalisateur de RIP : A Remix Manifesto souhaite mettre à profit vos données personnelles afin de mieux comprendre comment nous sommes traqués en ligne.

Produit en partenariat avec Arte, Bayerischer Rundfunk, l’Office national du film du Canada et Upian, Traque interdite est une série documentaire personnalisée consacrée à la vie privée et à l’économie du Web. Fondamentalement, on cherche à répondre à la question : Comment vos données sont-elles collectées et vendues en ligne?

Afin de répondre à cette question, le projet collaboratif invite ainsi les internautes à prendre part à l’expérience. Comment? En leur demandant de faire ce qu’ils font déjà involontairement ailleurs sur la Toile, soit de partager leurs données personnelles pour découvrir comment celles-ci sont recueillies, enregistrées et exploitées.

«Nous voulons que vous réalisiez la valeur de votre vie privée, et c’est exactement pourquoi nous vous demandons de nous laisser vous traquer.»

«Avez-vous remarqué que l’Internet devient de plus en plus… troublant? C’était pourtant un endroit magique, mais ces temps-ci, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Il semble qu’une poignée de compagnies s’enrichit, pendant que nous, nous sommes traqués. Plus nous recevons des contenus ciblés, moins nous sommes égaux.»

«C’est pourquoi un groupe de créateurs, de producteurs et de diffuseurs publics se sont réunis pour comprendre ce qui est en train de se passer. De nos téléphones portables aux réseaux sociaux, en passant par la publicité ciblée et le big data, chaque deux semaines, nous publierons en ligne un nouvel épisode documentaire personnalisé qui vous proposera une nouvelle perspective sur différents sujets.»

«Nous voulons que vous réalisiez la valeur de votre vie privée, et c’est exactement pourquoi nous vous demandons de nous laisser vous traquer.»

Conçu et réalisé par le documentariste canadien Brett Gaylor (l’homme derrière l’excellent RIP : A Remix Manifesto), la websérie Traque interdite est l’un des cinq projets sélectionnés pour faire partie de l’édition 2015 de Storyscapes, une vitrine annuelle consacrée aux œuvres transmédias du Festival du film de Tribeca.

Au total, sept épisodes seront produits dans le cadre du projet, qui mettra en vedettes les auteurs et cinéastes Vincent Glad, Zineb Dryef, Richard Gutjahr, Sandra Rodriguez, Virginie Raisson, et le studio de création web montréalais Akufen.

Chaque épisode explorera les différentes manières dont le Web moderne enregistre et traque nos activités, nos publications et nos identités. La mise en ligne du premier épisode est prévue pour le 14 avril prochain.

Wô! Minute papillon…

Bien entendu, l’idée de participer à l’expérience proposée en levant le voile sur sa vie privée peut difficilement plaire aux plus sceptiques d’entre nous. Les producteurs garantissent toutefois que les données ainsi collectées seront exclusivement utilisées dans le cadre du projet. Elles ne seront «ni transmises, ni accessibles, ni vendues à quelque tiers que ce soit».

De plus, les participants bénéficieront d’un droit d’accès, de modification, de rectification et de suppression de leurs données. Pour connaître les mentions légales concernant l’utilisation de vos données personnelles, consultez le site du projet.

  • http://immeria.net/ Stephane Hamel

    Idée intéressante, d’autant plus que c’est mon domaine d’expertise (l’analytique – ou « web analytics »)… j’ai visité leur site:
    a) ils utilisent eux-mêmes Google Analytics et Xiti (une solution française) ainsi que DoubleClick – la solution Google pour le remarketing – vous savez, toutes ces pubs ciblés que vous recevez!
    b) le courriel que j’ai reçu ne répond pas à la loi canadienne antispam, voire http://combattrelepourriel.gc.ca/
    c) la phrase « Les Producteurs garantissent qu’ils sont les seuls destinataires des données collectées et que celles-ci seront exclusivement utilisées dans le cadre du Projet et ne seront ni transmises, ni accessibles, ni vendues à quelque tiers que ce soit. » me laisse plutôt perplexe face au points a) et b) ci-dessus!

    Est-ce qu’ils feront la part des choses entre le marketing qui fait une agrégation de données et permet aux entreprises de cibler leur message en fonction de segments (absolument pas basé sur des informations personnelles, mais bien simplement sur le comportement de navigation) vs les entreprises qui collectent, abusent et ne conservent pas les données personnelles et confidentielles de façon adéquate.

    N’oublions pas qu’une grande part du modèle économique « gratuit » du web et de l’internet en général repose sur la possibilité pour les entreprises de faire du marketing…