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Guerre des navigateurs

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Préférez-vous Chrome, Firefox, Internet Explorer ou Safari? Attention : la réponse à cette question pourrait avoir une incidence importante sur vos compétences techniques.

On connaît les fanboys d’Apple, de Nintendo ou de toute autre marque qui travaille fort pour se différencier des autres par quelques stratégies que ce soit. Une étude récemment publiée apporte un nouvel éclairage sur ce que votre choix de navigateur Internet laisse transpirer de vos compétences. Si vous surfez avec Internet Explorer, vous feriez peut-être mieux de ne pas trop vous en vanter…

Internet Explorer et Safari, c’est mal

Des employés rient d'un collègue qui utilise Internet Explorer (pas vraiment).

Des employés rient d’un collègue qui utilise Internet Explorer (pas vraiment).

L’entreprise américaine Cornerstone OnDemand, une firme qui développe des logiciels de recrutement pour entreprises, vient de publier des résultats qui ont de quoi surprendre au premier coup d’œil. Lors d’un test de 45 minutes effectué auprès de 50 000 personnes, l’entreprise en est arrivée à des conclusions surprenantes : les employés qui utilisent Internet Explorer ou Safari seraient moins compétitifs et intéressants à recruter que les autres.

En effet, même s’ils n’ont pas trouvé de corrélations directes entre le choix du navigateur et les performances de l’employé, Michæl Housman, Chief Analytics Officer de Cornerstone, conclut que le fait qu’un employé n’emploie pas le logiciel qu’on lui impose par défaut dénote d’une certaine compétence à s’informer par lui-même et à trouver des solutions qui le rendront plus efficace. Un raccourci qui peut en surprendre plus d’un, mais qui – il faut l’avouer – reste logique.

Plus c’est long, plus c’est bon

Un employé qui prend la peine d’installer un autre navigateur que celui qu’on lui impose est susceptible de rester au sein de son entreprise 15% plus longtemps.

Autre résultat de cette étude tout aussi surprenant, les habitués de Chrome ou Firefox resteraient 15% plus longtemps à l’emploi de leur entreprise que leurs congénères adeptes d’Internet Explorer ou Safari. Là encore, il s’agit d’un facteur essentiel lors du recrutement.

Même si ces affirmations sont plutôt amusantes, elles intéressent grandement les entreprises dont le roulement de personnel est très élevé. En fonction des industries, le recrutement d’un employé peut coûter plusieurs milliers de dollars et, comme dans le cas des centres d’appel, le roulement du personnel peut atteindre jusqu’à 45% durant une seule année.

Recruter le bon employé du premier coup et le conserver devient donc un enjeu majeur. Cornerstone avoue pourtant ne pas prendre en compte cette variable, mais la fusionne avec d’autres afin d’affiner son modèle de sélection.

Les navigateurs par défaut ont-ils déjà un pied dans la tombe?

Image : OneComics

Image : OneComics

Microsoft a déjà annoncé en grandes pompes la sortie prochaine de son nouveau navigateur, nommé pour l’instant Project Spartan, en parallèle à Internet Explorer qui sera maintenu pour des fins de compatibilité. Rien de nouveau du côté d’Apple, où Safari continu de perdre tranquillement des parts de marché, même s’il demeure encore le choix préféré de bien des utilisateurs de Mac.

Alors que la guerre des navigateurs n’est pas terminée, elle se retrouve désormais instrumentalisée dans un domaine plutôt inattendu, celui du recrutement des employés. Donc, lors de votre prochain entretien d’embauche, n’oubliez pas de préciser que vous préférez choisir vos logiciels en fonction de vos habitudes et de votre productivité. Vous aurez ainsi plus de chances de faire parti des finalistes prétendants au poste pour lequel vous appliquez.

Espérons qu’il n’en ira pas de même pour les moteurs de recherche, car la bataille de ce secteur est loin d’être sur point de se conclure. Dernièrement, un cadre de Mozilla, John Lilly, s’est rendu compte que Google avait modifié la page des résultats affichés aux internautes sous Firefox, remplaçant les premiers résultats par une annonce invitant les utilisateurs à modifier leur moteur de recherche pour le sien.

Peut-être serait-il alors tout aussi judicieux de ne pas préciser que Bing est votre moteur de recherche préféré lors de votre prochain entretien d’embauche. On peut toutefois se demander si l’utilisation de Google, qui domine toujours le secteur de la recherche sur le Web, est guère mieux.