Perquisition au domicile du potentiel créateur de Bitcoin en Australie

Justice

Les autorités australiennes ont effectué une descente aujourd’hui à Sidney à la résidence de Craig Steven Wright, soupçonné d’être le créateur de la cryptomonnaie Bitcoin.

Selon des témoins de la scène qui se sont confiés à l’agence Reuters, l’opération a été effectuée par plus d’une douzaine de policiers fédéraux, quelques heures après que le magazine Wired ait publié un article sur la potentielle véritable identité de Satoshi Nakamoto, pseudonyme du créateur de Bitcoin.

De nombreux courriels, billets de blogue, transcriptions d’entrevues et fuites juridiques laissent croire que Craig Steven Wright, Australien de 44 ans, pourrait être l’homme en question selon l’enquête menée par les journalistes. Cependant, Wright ne l’a jamais admis publiquement.

Un officier de la police fédérale australienne au domicile du potentiel créateur de Bitcoin, Craig Steven Wright (Photo : Reuters).

Un officier de la police fédérale australienne au domicile du potentiel créateur de Bitcoin, Craig Steven Wright (Photo : Reuters).

Qui plus est, le mandat détenu par la police fédérale australienne n’est pas intimement lié à l’implication de Wright dans la création de Bitcoin, comme le rapporte quotidien The Guardian, mais plutôt à des allégations d’évasion fiscale.

Pourquoi Wright est-il montré du doigt?

«Soit Wright a inventé Bitcoin, soit il est un brillant escroc qui a tout fait nous laisser croire qu’il en est le créateur.»

Dans les billets de blogue et courriels obtenu par Wired, Wright décrit un homme «si convaincu par un concept de cryptomonnaie hypothétique qu’il a hypothéqué trois propriétés et investi plus d’un million de dollars dans des ordinateurs, un réseau électrique et informatique – allant même jusqu’à poser des câbles de fibre optique à sa maison de campagne située dans l’est de l’Australie afin de miner les premiers Bitcoins». Un des billets du blogue de Wright est d’ailleurs daté d’août 2008, soit trois mois avant la publication du livre blanc de Bitcoin, rédigé par Nakamoto.

Néanmoins, de l’aveu même des journalistes, l’hypothèse que Wright pourrait être Satoshi Nakamoto demeure incertaine : «Soit Wright a inventé Bitcoin, soit il est un brillant escroc qui a tout fait nous laisser croire qu’il en est le créateur.»

Ce n’est pas la première fois qu’un média croit avoir trouvé la réelle identité de celui qui se cache derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto.

En mars 2014, le magazine Newsweek a identifié le créateur de Bitcoin comme étant Dorian S. Nakamoto, un Californien de 64 ans d’origine japonaise. Le principal intéressé a toutefois rapidement démenti la nouvelle, dans ce qui se présentait comme un terrible malentendu.

Un sérieux impact sur l’avenir de Bitcoin

Nakamoto aurait actuellement environ 1,1 million de Bitcoins à son nom en fiducie, une valeur estimée à 617 millions de dollars CA (ou 415 millions d’euros). Il s’agit de la plus importante fortune sur le réseau et n’aurait jamais été touché.

Confirmer la réelle identité du créateur de Bitcoin pourrait avoir un sérieux impact sur l’avenir de la cryptomonnaie, notamment en ce qui concerne la taille maximale d’un bloc de Bitcoin – soit la quantité de données qui peuvent être stockées dans le grand registre public de Bitcoin. À l’heure actuelle, on estime cette taille à 1 Mo, mais la limite pourrait bientôt être atteinte, ce qui provoquerait d’importants délais dans les futures transactions, voire carrément des rejets.

Certains proposent d’augmenter cette limite, d’autres craignent que cette solution ait comme incidence d’engorger le réseau. Les yeux de ceux qui prennent part à ce débat sont alors tournés vers l’architecte même de Bitcoin, Nakamoto, qui devra tôt ou tard communiquer la stratégie à privilégier, au risque de voir sa propre fortune être menacée par une mise à jour inadéquate de son système cryptonuméraire.

  • Gumby

    Pourquoi je ne ferai jamais affaire avec cette monnaie; La réponse est dans l’article…

    • Nivo1

      C’est sûr que de continuer à nourrir un système bancaire corrompu et criminel c’est beaucoup mieux…
      Une monnaie alternative nous offre la possibilité de s’affranchir de ces réseaux traditionnels et de regagner un petit peu de véritable liberté et cela, malheureusement, ne viens pas sans risque!

      • Gumby

        Parce qu’il n’y a rien de criminel dans ces Bitcoins évidemment… Il n’y a que de beaux unicornes à lunettes roses! *atchoum!*