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De Wolfenstein 3D à Pokémon GO, les diverses modes du jeu vidéo

Par Tristan Geoffroy – le dans Actualités
Aucun domaine et industrie ne lui échappe. La mode frappe partout et tout le monde au moment où l’on s’y attend le moins. Oui, je parle bien de ce phénomène qui mène des légions de lemmings à suivre une tendance aveuglément parce que «c’est à la mode».

Depuis la démocratisation du jeu vidéo sur les marchés mondiaux, l’industrie a succombé elle aussi à ce phénomène que l’on appelle la mode. Rien de tel pour faire vibrer le gamer en nous que de faire appel à nos plus anciens souvenirs de parties de cowboys contre indiens, policiers contre voleurs, et j’en passe.

On reprend les classiques de notre enfance

Suite au succès des premiers jeux de tir à la première personne engendré par les tremplins qu’ont pu être Quake, DOOM et Wolfenstein 3D (oui, je remonte aussi loin que ça), les joueurs ont été littéralement bombardés de titres du même genre.

Wolfenstein 3D, le jeu qui a lancé le bal des FPS.
Wolfenstein 3D, le jeu qui a lancé le bal des FPS.

Ce fut alors la naissance de franchises dont certaines continuent toujours d’engranger des milliards, avec Call of Duty, Battlefield, Half-Life, Duke Nukem ou encore GoldenEye 007 parmi les premiers jeux les plus populaires. Aujourd’hui, la mode des FPS (first person shooters) perdure encore, avec des déluges de titres publiés annuellement.

Puis, la caméra s’est tranquillement reculée derrière le protagoniste, offrant un plus large panel de possibilités avec des environnements de plus en plus interactifs, ce qui n’était guère le cas avec les premiers FPS.

Uncharted 4 : A Thief's End, un jeu d'action / aventure de type TPS.
Uncharted 4 : A Thief’s End, un jeu d’action / aventure de type TPS.

Avec des mondes plus ouverts (même s’ils étaient loin d’avoir la taille de ceux d’aujourd’hui) et proposant de nombreuses nouvelles opportunités et styles de jeu (exploration, furtivité, ou puzzles), les TPS (third person shooters) ont ensuite muté vers des jeux d’action / aventure pouvant dériver vers des mécaniques plus variées que de simplement éliminer ses adversaires en les canardant allégrement. Les Sam Fisher, Lara Croft et Prince de Perse de ce monde venaient de bouleverser l’omnipotence bien établie des FPS sur les marchés.

Là encore, la technologie était à l’avant-garde, lançant des nouvelles modes en fonction de ses évolutions et de l’augmentation grandissante de la puissance des machines de jeux, PC comme consoles.

Des modes de plus en plus populaires

Les modes sont aussi imprévisibles, comme l’a démontré le succès des jeux indépendants.

Bien sûr, les modes peuvent aussi être imprévisibles. Le débarquement à l’improviste des jeux indépendants dans les plates-bandes des majors de l’industrie en est un exemple flagrant. Minecraft, pour ne citer que celui-là, a tout de même permis à ses créateurs d’engranger la faramineuse somme de 2,5 milliards de dollars US lors de la vente de leur studio à Microsoft en 2014. Suite aux succès inattendus d’une multitude de jeux indépendants surfant sur la mode du rétro-cool, les grands studios n’ont eut de choix que d’emboîter le pas en offrant eux aussi des titres sortants de leur catalogue habituel. Même les manufacturiers de consoles ont su profiter de la vague en ouvrant leurs magasins en ligne à ses nouveaux créateurs de contenu.

Les modes peuvent être de simples réactions à des phénomènes ou des succès temporaires, comme à l’arrivée quasi bibliques de nouvelles plateformes, que ce soit des consoles de salon ou des appareils mobiles. Nintendo avec sa Wii força la concurrence à trouver des parades pour venir, à tout le moins, tenter de profiter de cette nouvelle façon de jouer. Kinect et PlayStation Move ont bien essayé de rattraper leur retard, mais Nintendo tenait son succès et a su conserver son avance dans le domaine. Du moins en termes de pénétration dans les foyers de joueurs qui furent qualifiés de casual.

wii

Parlant de joueurs occasionnels, voilà une autre mode qui asséna des rafales de titres sur plateformes mobiles principalement, à toute une flopée de personnes qui ne jouaient pas du tout avant. Avec de nouvelles modes, de nouveaux marchés et donc, plus de bidous! Être à la mode, c’est avant tout payant! Le tout est de savoir prendre la vague quand il faut et surfer dessus avant de pouvoir sauter sur la prochaine.

Du plaisir, à la dépendance, jusqu’à la folie furieuse…

Je suppose que vous me voyez venir, à moins que vous ne viviez dans une grotte ou que vous veniez d’arriver du passé via un vortex temporel. La mode Pokémon GO s’est rapidement transformée en une frénésie proche de la folie mentale dans certains cas. Depuis la refonte du jeu Ingress de Niantic (ex-filiale de Google) avec un emballage à la sauce Pokémon, les fans de la franchise, comme toute une flopée de nouveaux venus, ont sombré dans cette nouvelle mode.

Même si ces gestes conditionnés par cette mode finiront par ne plus faire parler d’eux, les modes sont toujours d’excellents baromètres pour démontrer le plus beau de la sélection naturelle.

Toutes sortes d’abus ont déjà émergé ici et là, alors que le titre n’était pas encore disponible partout. Accidents routiers, chutes de falaises, détournements pour voler des gens, matraquage médiatique autogénéré avec de faux articles pour attirer les clics, j’en passe et surtout, ce n’est que le début.

Même si une bonne partie de ces gestes conditionnés par cette mode spontanée finiront par ne plus faire parler d’eux, au même titre que les morts provoqués lors de selfies, les modes sont toujours d’excellents baromètres pour démontrer les plus beaux exemples de cas de sélection naturelle.

L’influence allant jusqu’à l’hystérie collective consistant à récolter des êtres virtuels peut toutefois offrir, selon certains, ses avantages lorsqu’ils l’utilisent comme un outil de rencontres. Mais rassurez-vous, les entreprises derrières ce succès commercial se frottent les mains en engrangeant, sur une base tout à fait volontaire, nombres d’informations critiques sur ses utilisateurs tout en sollicitant leur portefeuille.

De quoi se convaincre que oui, en effet, les modes ne sont pas près de disparaître.

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Tristan Geoffroy

Né à Marseille dans le sud de la France, Tristan est venu s'installer à Montréal en 1992 afin d'y continuer ses études en Tourisme, avant de se consacrer à sa plus vieille passion : les ordinateurs et les jeux vidéo. Il est notamment connu au Québec pour avoir été coanimateur, chroniqueur et recherchiste à l’émission M. Net.