Grand Theft Auto V parodie Lindsay Lohan, et c’est dans son droit constitutionnel

Par Laurent LaSalle – le dans Actualités
La Cour d'appel de New York a donné raison aujourd'hui à Take Two Interactive et Rockstar Games dans l'affaire qui les opposaient à Lindsay Lohan concernant le personnage de Lacey Jonas, trop fortement inspiré de la vie de l'actrice.

Le tribunal a ainsi conclu que Grand Theft Auto V est truffé de satire, et que par conséquent, le premier amendement de la Constitution des États-Unis protège Take-Two Interactive contre les allégations de détournement de l’image de Lohan qui se trouvent au cœur des procédures judiciaires entamées en juillet 2014.

«L’unicité de l’histoire, des personnages, des dialogues et de l’environnement de ce jeu, associés à la capacité du joueur de choisir la façon de procéder dans le jeu, le qualifie d’œuvre de fiction et de satire.»

Dans sa poursuite, Lohan affirmait que les éléments du jeu, qui met notamment en vedette des célébrités délabrées, étaient trop similaires à sa propre vie.

À ses yeux, le personnage de Lacey Jonas était trop fortement inspiré sur sa personne, empruntant ses vêtements, sa voix, son image, et son style, violant ainsi «son droit à la vie privée en vertu du droit new-yorkais». Le blogue Ars Technica souligne d’ailleurs que l’actrice était même allée jusqu’à accuser Rockstar d’exploiter le «signe de paix» propre à elle, sans son consentement.

Oui, ce signe de paix caractéristique de Lohan que nulle autre personne n’a jamais réalisé lors d’une séance de photo. Quoi? Les Japonais le font depuis des décennies? Allons donc…

Karen Gravano, fille de mafioso en vedette dans la téléréalité Mob Wives, s’était jointe à la poursuite de Lohan pour des motifs similaires liés au personnage d’Andrena Bottino.

Mais dans les deux cas, la Cour d’appel a rejeté leur plainte, jugée sans fondement, étant donné que l’œuvre fictive constitue une satire, et non l’exploitation commerciale de leur image.

«Même si nous acceptons l’affirmation de la partie plaignante alléguant que les représentations du jeu vidéo sont suffisamment rapprochées pour être considérées comme des reproductions fidèles respectives des plaignantes, les réclamations des plaignantes devraient être rejetées parce que ce jeu vidéo ne respecte pas les définitions légales de “publicité” ou “commerce”», peut-on lire dans le jugement rendu aujourd’hui.

«L’unicité de l’histoire, des personnages, des dialogues et de l’environnement de ce jeu, associés à la capacité du joueur de choisir la façon de procéder dans le jeu, le qualifie d’œuvre de fiction et de satire.»

Un dernier recours s’offre à Lohan et Gravano, soit de porter la cause en appel à la Cour suprême. Reste à voir si nous aurons l’occasion de réentendre parler de cette affaire…

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Laurent LaSalle

Depuis qu'il a tapoté sur son Commodore Vic-20 à l'âge de 3 ans, Laurent est (un peu trop) obsédé par la technologie. Passionné d'informatique et de jeux vidéo, il a notamment été blogueur pour Radio-Canada et chroniqueur techno pour MusiquePlus .