Test du jeu Marvel’s Guardians of the Galaxy: À se décrocher la mâchoire !

Square Enix
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Avant la parution du film de James Gunn, Les Gardiens de la Galaxie était une bande dessinée plutôt secondaire dans l’univers de Marvel. N’ayant jamais bénéficié de la popularité d’autres superhéros, les Gardiens étaient plutôt méconnus jusqu’à ce que le réalisateur les porte à l’écran. Depuis, des millions, voire des milliards de fans les ont adoptés, au point où nous avons aujourd’hui droit à un jeu les mettant en vedette. Comme vous le verrez, il n’y a pas que James Gunn qui surprend avec ces protecteurs hors de l’ordinaire !

  • Disponible sur: PlayStation 5, Xbox Series S/X, PlayStation 4, Xbox One, PC, Nintendo Switch (en nuage)
  • Prix: 79,99$ + txs

Un scénario respectueux et envoûtant

Un élément irréprochable et totalement surprenant au sein de Guardians of the Galaxy est le respect démontré par Eidos Montréal pour le matériel d’origine. Contre toute attente, le studio québécois a parfaitement capté l’essence de chacun des personnages et celui de l’ensemble de l’univers les englobant. Résultat: nous avons droit à un scénario riche et rempli de clins d’oeil qui nous attache en moins de deux à ses protagonistes.

Vous y prendrez le contrôle de Peter Quill alias le légendaire Star-Lord. Comme à leur habitude, les Gardiens sont des antihéros, des protecteurs de la galaxie un peu malgré eux. Alors que tout semble les séparer et qu’ils sont davantage intéressés par la récompense d’une mission qu’à la protection de leurs clients, le jeu vous amènera progressivement à voir à quel point les Gardiens forment la famille que chacun d’entre eux n’a plus ou n’a jamais eue.

Or, le scénario du jeu est axé sur les bandes dessinées de Marvel et non sur les films de James Gunn. Malgré quelques clins d’oeil aux longs métrages, ne vous attendez pas à retrouver des personnages calqués sur ceux qui font partie de l’univers cinématique de Marvel. De la même façon, une connaissance préalable minimale des Gardiens est recommandée pour bien suivre les événements du jeu. Ainsi, si vous ignorez certains événements comme le meurtre de Thanos par Drax, ou quelles races ont déjà confronté les Gardiens, il se peut que vous ne saisissiez pas bien quelques pans de l’histoire. Le jeu a réellement été conçu pour les fans, ce qui est une bonne chose en soi.

Assumer le rôle d’un chef

Comme je l’ai mentionné, une fois votre partie personnalisée et configurée à l’aide de plusieurs options, Marvel’s Guardians of the Galaxy vous plonge uniquement dans la peau de Peter Quill. Vous ne pourrez donc incarner directement les autres Gardiens puisque l’ensemble du jeu est concentré sur le chef de la bande. Ça peut paraître décevant, mais la décision risquée d’Eidos Montréal paraît logique lorsqu’on joue.

En fait, en tant que Star-Lord, vous devrez asseoir votre leadership et vous mêler de conversations pour éviter que votre groupe éclate. En outre, Drax et Gamorah ont de profonds différends tandis que le caractère exécrable de Rocket tombera sur les nerfs de certains membres de votre groupe. Ce sera donc à vous d’intervenir au sein de certains échanges lors desquels, dans un temps limité, vous devrez choisir entre deux réponses ou bien ne rien dire.

Les choix que vous poserez auront de réelles conséquences. En outre, certains personnages apprécieront que vous preniez leur défense ou rouspéteront face à certaines de vos décisions. En combat, cela pourrait affecter l’efficacité de vos alliés tandis qu’au plan narratif, le fait d’écouter vos comparses et de bien leur répondre vous ouvrira des scénarios qui vous permettront d’en apprendre davantage sur l’histoire du jeu et ses personnages. Rien de tout cela n’est particulièrement complexe, mais le tout est fort bien exécuté.

À cet effet, la qualité de l’écriture m’a jeté par terre. Les scénaristes d’Eidos Montréal ont monté une histoire de très grande qualité grâce à laquelle vous entendrez sans cesse les Gardiens échanger entre eux et réagir de façon réaliste à ce qui se déroulera devant vos yeux. Mieux encore, l’humour caractéristique des bandes dessinées a été préservé et vous fera éclater de rire tout au long de l’aventure. La palme revient à Drax, cette brute ne saisissant aucunement les subtilités de l’humour et répondant du tac au tac avec un sérieux nous faisant exploser la rate. Rarement un jeu m’a-t-il fait autant rire en écoutant les échanges entre ses personnages !

Forbes.com

Un jeu prenant peu de risques

Si la qualité scénaristique de Guardians of the Galaxy ne fait aucun doute, le reste du jeu peut être qualifié de prudent. En fait, il s’agit d’un jeu d’action et d’aventure à la troisième personne très linéaire m’ayant rappelé une série sur laquelle Eidos Montréal a également travaillé.

Cette franchise est nulle autre que Tomb Raider. En effet, à plusieurs endroits, j’ai eu l’impression de retrouver des séquences tirées des trois dernières aventures de Lara Croft. Par exemple, les niveaux donnent l’impression de grandeur quand, en réalité, ils sont plutôt restreints et fort linéaires. Ils sont également garnis de séquences où l’on voit Peter Quill glisser ou se faufiler dans des passages étroits. Si la mort n’est pas aussi brute et présente qu’au sein des derniers Tomb Raider, on pourrait pratiquement croire qu’on personnifie de nouveau madame Croft tant le design des niveaux semble calqué sur les derniers jeux de la légendaire exploratrice.

Ceci dit, la linéarité des niveaux fait en sorte que la découverte de ressources, de tenues et de secrets est évidente. Même constat au niveau des casse-tête, qui sont plutôt faciles. La majorité d’entre eux exigeront que vous ordonniez à l’un de vos coéquipiers d’utiliser une habileté, mais ce sera plus qu’évident de savoir qui utiliser pour avancer. Ne vous méprenez pas, la progression est satisfaisante, mais ceux à la recherche de casse-tête complexes et diversifiés resteront sur leur faim.

Le jeu est également limité au niveau de la progression ainsi que de la personnalisation des Gardiens. En outre, l’arbre d’habiletés de chacun des personnages ne comporte qu’une poignée de nouvelles techniques. Du côté de Star-Lord, même si les habiletés à débloquer sont plus nombreuses, elles ne sont pas aussi exhaustives qu’au sein d’autres jeux. Le même constat se pose au niveau des éléments à amasser ainsi qu’à débloquer. On ne récolte que deux types de ressources, et les tenues à trouver sont fort limitées. Plus de diversité aurait contribué à rendre l’exploration des niveaux encore plus satisfaisante.

NME.com

Des combats coopératifs en solo

Du côté des combats, ces derniers sont remplis d’action et plutôt uniques dans leur genre. Bien entendu, vous pourrez tirer frénétiquement avec les pistolets de Star-Lord, mais vous pourrez aussi commander les actions des autres Gardiens. Durant ces moments, le temps ralentira afin que vous puissiez sélectionner un personnage puis l’une de ses attaques. Bien que Star-Lord découvrira de nouvelles habiletés avec ses pistolets, vous n’aurez pas le choix d’utiliser les capacités des Gardiens, sans quoi vous mourrez.

La coopération entre les personnages est donc un élément central des combats, et ce, même s’il s’agit d’un jeu solo. En combinant leurs techniques, vous réaliserez de puissants combos et pourrez aussi révéler les faiblesses de vos adversaires. Vous devrez donc demeurer aux aguets et utiliser les bons personnages aux meilleurs moments tout en mitraillant afin d’obtenir le plus de points d’expérience et exécuter les meilleurs combos. Même si les ennemis sont répétitifs, les combats sont très satisfaisants tant l’action se mêle bien à la coopération dont doivent faire preuve les Gardiens.

L’efficacité du système de combat sur terre n’a malheureusement pas été transposée dans l’espace. En effet, certaines séquences vous amèneront à piloter le vaisseau Milano de Quill. Or, ces passages sont plutôt banals tant on se contente d’éviter des obstacles et de tirer un peu partout, sans plus. Il n’y a que très peu de défi et ces séquences deviennent fort répétitives tout en manquant de substance. Elles n’ajoutent absolument rien à l’aventure et on aurait carrément pu les supprimer sans que cela n’affecte notre expérience.

PCMag.com

Une excellente bande sonore camouflant certaines lacunes

En terminant, difficile de passer sous silence l’excellente bande sonore du jeu. Si vous êtes un amateur de la musique des années ’80, Eidos Montréal vous a concocté une bande sonore jouissive réunissant des classiques de cette époque, dont Never Gonna Give You Up de Rick Astley, Take on Me de A-Ha, Call Me de Blondie, Tainted Love de Soft Cell, et bien plus encore. Le studio a même créé un groupe fictif du nom de Star-Lord dont les pièces rock des années ’80 sont excellentes. Allant de pair avec la personnalité de Peter Quill coincée dans cette décennie, la musique du jeu m’a fait pivoter le cou et sourire à plusieurs reprises. Après tout, quoi de plus satisfaisant que de combattre avec la chanson légendaire de Rick Astley dans les oreilles !

La bande sonore permet ainsi de mettre un certain baume face à des lacunes évidentes du jeu. En outre, visuellement, vous verrez un certain manque de finition. Bien que certains effets d’ombres et de lumières soient splendides et que les décors soient impressionnants, la modélisation des personnages laisse à désirer. Je ne compte pas non plus le nombre de bogues de collisions que j’ai rencontrés entre les décors et les personnages ou carrément entre ces derniers.

D’ailleurs, parlant de bogues, attendez-vous à en rencontrer durant la dernière portion du jeu. L’ensemble des problèmes sera probablement corrigé par l’entremise de mises à jour, mais à l’heure actuelle, le jeu comporte des bogues exigeant carrément de repartir le jeu à partir d’une sauvegarde antérieure. De personnages coincés dans des crevasses à des séquences ne s’activant pas, Eidos Montréal a probablement manqué de temps afin de fixer des bogues qui sont frustrants alors qu’on atteint la fin de l’aventure.

YouTube

Devriez-vous y jouer ?

Avec la déception de Marvel’s Avengers, on pouvait craindre pour la qualité de Marvel’s Guardians of the Galaxy. Or, ce dernier est surprenant. Sa campagne de 15 à 20 heures est fort agréable à suivre et on sent qu’Eidos Montréal a insufflé beaucoup d’amour dans son projet. Certes, les limites du jeu paraissent rapidement et on constate que les développeurs ont fait preuve de prudence en offrant un jeu plaisant, mais au cadre bien défini. Malgré tout, il s’agit d’un jeu rendant justice à ces héros qui, il y a à peine une dizaine d’années, étaient encore méconnus du grand public.

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