Facebook, toi et moi it’s complicated

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Le magazine Popular Science décidait la semaine dernière de ne plus publier les commentaires des internautes sur son site, avançant qu’ils «nuisent à la science». Il y a quelques semaines, le recherchiste masqué (Mathieu Charlebois) confrontait le Huffington Post quant à son absence de modération des commentaires haineux et racistes sur sa page Facebook.

Après toutes ces années, le troll est toujours autant un insecte nuisible.

Je suis fréquemment témoin de médisance sur Facebook, de la remarque douteuse au commentaire haineux. J’en vois de toutes les couleurs, autant sur mes statuts que sur ceux d’amis. On peut maintenant dire n’importe quoi et son contraire sous le couvert de la sacro-sainte liberté d’expression. Merci beaucoup Radio X.

J’ai toujours pensé que le Web social devait être un endroit pour échanger, apporter son point de vue de façon constructive et alimenter le débat dans le respect de chacun. Je suis un rêveur fini. Mon constat après toutes ces années à naviguer sur Internet est qu’il n’y a pas pire qu’un sourd qui ne veut pas entendre. Tenter de faire comprendre son point de vue sur les réseaux sociaux équivaut à prêcher à des chameaux dans le désert.

Un peu d’histoire

patdion

Je suis sur Facebook depuis le 28 mai 2007. Au tout début, comme la plupart des gens, j’étais peu présent. Un statut aux trois ou quatre jours, la fameuse question à savoir ce que je foutais là. Puis la machine s’est emballée, en grande partie à cause de mon travail de l’époque comme chef recherchiste à Vlog, et je me suis mis à nourrir le réseau en boulimique. Je publiais du contenu pour la communauté, j’acceptais tout le monde comme ami. OK, ça flattait mon ego d’avoir tant de demandes d’amitié. Je suis niaiseux de même des fois. J’ai par la suite démarré une page publique, ne voulant pas faire fuir mes vrais amis qui croulaient sous mes multiples statuts, que j’ai maintenue en vie jusqu’à ce que ça soit possible de publier des statuts publics. Merci Google+ d’avoir filé l’idée à Facebook.

Nous vivons à une époque d’oversharing. Tout devient une raison pour partager sa vie. Du commentaire fielleux aux idées à cinq cennes, des photos du bébé au vidéo du chien. Mais qu’est-ce qui nous pousse à vouloir absolument tout partager à ce point?

Malgré tout, j’accepte encore toutes les demandes d’amitié, même celles de gens que je n’ai jamais rencontrés, ce qui est plutôt ridicule quand je considère que je les cache systématiquement de mon mur. De leur côté, ils ont accès au même matériel que ceux qui me suivent publiquement. Rien de plus. Pourquoi les accepter alors? Maudite bonne question, surtout quand je constate que la plupart veulent simplement m’envoyer des invitations à leurs foutus événements (et autres «Aime ma page publique») ou épicer mon fil de commentaires qui font rarement évoluer le débat.

J’ai pris la décision il y a quelques mois de supprimer ceux qui m’ajoutent dans ce but unique d’autopromotion. Pus capable. Dorénavant, si je ne te connais pas et que tu m’envoies systématiquement des invitations ou des demandes de n’importe quel genre, je te flushe drette là.

Où est-ce que tout ça s’en va

Je ne me doutais pas que je venais d’ouvrir la porte à quelque chose de plus grand. Je supprime maintenant des contacts Facebook suite à des commentaires insipides ou désobligeants. Je suis passé du gars proliberté d’expression au gars «J’ai tu vraiment besoin de me faire chier à ce point». Dernièrement, la simple lecture de quelques statuts me fait lever les yeux au ciel ou me fait grimper dans les rideaux. Certains partages me mettent hors de moi ou pire, me minent carrément le moral. Ai-je réellement besoin de ça dans ma vie?

De toute façon, honnêtement, qui a besoin de 5 000 amis? De 1 000? De 500? Quel nombre justifie tout le niaisage qu’on accepte sous le couvert de la connexion? Le ménage s’impose chez moi. Il y a trop de boules de poussière sous mon divan virtuel.

Nous vivons à une époque d’oversharing. Tout devient une raison pour partager sa vie. Du commentaire fielleux aux idées à cinq cennes, des photos du bébé au vidéo du chien. Mais qu’est-ce qui nous pousse à vouloir absolument tout partager à ce point? Sommes-nous capables d’arrêter de semer notre vie pour commencer à la vivre?

Je ne fais pas que vous pointer indûment du doigt. Je fais aussi partie du problème.

Je fais tellement partie du problème.

On me demandait hier sur Facebook quel réseau social servait vraiment à quelque chose. Mon constat est qu’ils servent tous autant à quelque chose qu’ils ne servent à rien. Leur utilité est aussi forte que leur nuisance et le salut se trouvera, je l’espère, dans le dosage et la retenue.

Je devrais apprendre de mes réponses.

P.S. : Juste pour faire exprès, il y a un débat intelligent et posé sur le statut d’un ami. Maudit Facebook, plus ça va, moins je sais quoi faire avec toi.

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