Satellite Reign

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Développé par la compagnie australienne 5 Lives Studio, Satellite Reign est un excellent jeu de stratégie en temps réel plaçant le joueur aux commandes d’une escouade de quatre agents lâchés dans une ville vivante et changeante.

Scénario

Le jeu aborde le clonage, les augmentations technologiques, le contrôle de la pensée, la corruption, les infiltrations numériques et une société dont la pourriture suinte à travers les fissures de son vernis affiché à la face du monde.

Mis au point par l’un des créateurs de Syndicate Wars, un jeu sorti en 1996 et permettant au joueur de contrôler l’une des deux factions se livrant une guerre pour le contrôle d’une ville cyberpunk, Satellite Reign est présenté comme le successeur spirituel de ce titre qui avait fait grand bruit à l’époque. 

Responsable d’une équipe d’agents infiltrés dans cette mégapole aux couleurs néon, vous devez progresser en accomplissant diverses missions qui permettront qui de mettre la main sur des prototypes d’armes, qui de récupérer des agents capturés, ou encore, par exemple, de mettre des bâtons dans les roues de vos adversaires en bousillant les systèmes de surveillance.

Dans la plus pure tradition des œuvres à saveur cyberpunk, le jeu aborde les thèmes du clonage, des augmentations technologiques, du contrôle de la pensée, de la corruption, des infiltrations numériques et d’une société dont la pourriture suinte peu à peu à travers les fissures de son vernis affiché à la face du monde.

Design

Jeu en vue 3D isométrique, Satellite Reign donne l’impression de surveiller la ville à l’aide de drones ou de caméras satellites. En contrebas, vos agents, vêtus de vêtements semblant sortir tout droit de Tron: Legacy, évoluent dans une cité pulsante, grouillante, grondante. Les citoyens vont et viennent, les voitures circulent… On compte même des sans-abris recroquevillés dans des allées jonchées de déchets, à l’écart des rues passantes. Il ne faudrait effectivement pas que les bonnes gens soient exposés à la réalité du monde.

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En fait, toute personne ayant lu un livre de William Gibson ou vu un film futuriste de la fin des années 1980 se retrouvera immédiatement en terrain connu : le brutalisme architectural et son béton, les lumières brillantes et les teintes néon, la sensation constante d’oppression, les gardes de sécurité sans visage, les robots qui se déplacent parmi les humains, chaque petit détail est pensé pour que le joueur soit véritablement plongé dans l’aventure. D’où le choix, sans doute, d’une vue isométrique, plus contraignante qu’une vue subjective, par exemple, mais ô combien plus intéressante pour planifier ses opérations, ou simplement déambuler entre les badauds.

Ambiance

L’ambiance nocturne que l’on retrouve dans le premier district de la ville rappelle sans hésiter Blade Runner, avec sa multitude de couleurs, ses bruits, mais aussi sa pluie incessante et son petit côté claustrophobique.

Qui dit cité cyberpunk dit ambiance cyberpunk. La musique, bien que relativement discrète, s’accorde tout à fait bien aux événements se déroulant dans le jeu. Ainsi, comme le veut la tradition, le rythme évolue en fonction de ce que vous accomplissez. Cette petite hausse du tempo, alors que vos agents tentent tant bien que mal d’échapper aux gardes et aux caméras de surveillance, arrivera à point nommé. À devoir être vraiment tatillon, on se dira que les développeurs avaient accès à un monde de musique électronique rétro et que certaines pièces auraient pu se retrouver dans le jeu. Des titres de Kavinsky, par exemple. Ou de Lazerhawk, Carpenter Brut, Power Glove… Mais bon, obtenir les droits de ces pièces aurait coûté des sous, et la bande sonore est déjà suffisamment solide comme cela.

Par ailleurs, l’ambiance nocturne que l’on retrouve entre autres dans le premier district de la ville rappelle sans hésiter Blade Runner, avec sa multitude de couleurs, ses bruits, mais aussi sa pluie incessante et son petit côté claustrophobique. Ne manquerait plus que les répliquants et Harrison Ford en trench brun pour compléter le tableau. Ou la musique de Vangelis.

Jouabilité

D’abord lancé en version bêta, Satellite Reign a maintenant atteint la version 1.0, et ce même si le site web du jeu clame que celui-ci se trouve toujours en early access. Qu’à cela ne tienne, le titre est stable, et si la version pré-1.0 était accompagnée d’un avertissement faisant état de bogues, en plus de fournir des outils pour signaler ces derniers aux développeurs, tout cela a disparu dans la plus récente mouture, et le jeu propose même de créer un nouveau profil, histoire d’éviter d’éventuelles erreurs de continuité dues à la mise à jour.

On constate également que 5 Lives Studio a mis le paquet pour créer le sentiment d’évoluer dans une véritable ville. Des petites choses comme le fait d’alerter les gardes aux alentours en ouvrant le feu, ou déclencher une panique en marchant dans la rue, l’arme au poing. Prenez aussi garde à désactiver les systèmes de sécurité, puisque Big Brother is watching you. Ajoutez à cela une multitude de méthodes permettant d’accomplir vos missions – par infiltration, en criblant de balles le corps de vos ennemis, en passant par une entrée dérobée, en soudoyant un employé ou un quidam -, et vous obtenez un jeu plein de surprises dont le potentiel n’apparaît au grand jour qu’après s’être plongé les mains dans le cambouis pendant quelques heures.

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Il faut effectivement lancer un (semi) avertissement : Satellite Reign est un jeu complexe. S’il peut paraître simple au premier abord (sélectionnez vos agents, tirez sur les méchants, sauvez-vous avec le butin), toute la profondeur du titre se dévoile au fur et à mesure que le joueur progresse. Il faudra gérer l’inventaire et les habiletés de chacun, en plus de tenir compte des besoins en argent de vos escapades nocturnes. Il sera aussi nécessaire d’effectuer des travaux de recherche sur les prototypes volés aux rivaux, ainsi que de trouver les bornes permettant de débloquer des missions supplémentaires.

Satellite Reign est aussi un jeu mélangeant les séquences de grand stress aux séances de lecture. Le jeu déborde effectivement de textes, qu’il s’agisse des descriptions des missions à accomplir, des articles de journaux téléchargés ici et là ou encore des courriels compromettants volés pendant que les principaux intéressés avaient la tête ailleurs. À l’image de la planification nécessaire pour réussir les diverses missions, le jeu invite à la réflexion et à la contemplation. Avant de lâcher un juron après avoir alerté la sécurité et devoir tirer dans le tas.

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Seul écueil sur ce bel océan lisse et calme, le titre semble, pour une raison qui échappe au journaliste, faire tourner la carte graphique à plein régime. Peut-être s’agit-il d’une incompatibilité matérielle, peut-être s’agit-il d’un bogue mineur, mais le fait est que le ventilateur se mettra à surcompenser pour tenter de réduire une température atteignant des maximums d’une cinquantaine de degrés. Une chose plus que surprenante pour un jeu pas si exigeant que ça en termes de ressources informatiques.

Conclusion

Jeu discret provenant d’un studio moins connu, Satellite Reign est pourtant un exemple frappant de ce qui peut être accompli lorsque l’on consacre plus de quelques mois au développement d’un jeu, histoire d’en peaufiner tous les aspects. Pas question, non plus, de compléter le tout en quelques heures seulement. 

Accrochez-vous, donc, car vous risquez fort bien de constater, soudainement, que c’est le matin et qu’il faut partir travailler.

Satellite Reign est offert sur Steam et sur GOG (sans DRM) pour 29,99$ US.

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