Apple souhaite une commission gouvernementale sur le chiffrement

Vie privée

Tim Cook maintient la position de son entreprise à ne pas céder aux demandes du FBI, mais ouvre la porte à un compromis en implorant le gouvernement de mettre sur pied une commission sur le chiffrement.

Alors qu’Apple avait jusqu’à aujourd’hui pour collaborer dans l’enquête du massacre de San Bernardino, l’entreprise a réitéré son refus de céder aux pressions de la justice américaine. Pour son PDG, il est hors de question de fournir une assistance technique au FBI afin d’accéder au contenu de l’iPhone 5c de Syed Rizwan Farook, responsable avec sa femme de la mort de 14 personnes dans une clinique californienne en décembre dernier. Obtempérer aurait des conséquences néfastes selon lui.

Selon un sondage, 51% de la population des États-Unis partagerait le point de vue du FBI contre 38% se disant en faveur de la position d’Apple.

LIRE ÉGALEMENT : Apple refuse d’aider l’enquête sur San Bernardino en intégrant une porte dérobée à iOS

«La meilleure option pour le gouvernement serait de retirer ses demandes formulées en vertu du All Writs Act et de constituer, comme l’ont proposé certains au Congrès, une commission ou un panel d’experts sur le renseignement, les technologies et les libertés civiles pour discuter des implications [de cette mesure] pour les forces de l’ordre, la sécurité nationale, la vie privée et les libertés individuelles», a expliqué Cook dans une lettre adressée aux employés de son entreprise. «Apple participerait volontiers à cet effort.»

Entérinée en 1789 et amendée à plusieurs reprises depuis, la loi américaine sur les mandats (All Writs Act) autorise la justice à émettre une injonction «nécessaire ou appropriée» afin de forcer un tiers parti à aider une enquête en cas de force majeure et lorsqu’aucun autre outil juridique n’est disponible.

Le débat entre Apple et la justice américaine suscite la colère des défenseurs des libertés civiles, qui partagent la crainte d’Apple d’y voir le déclenchement d’une surveillance débridée aux États-Unis – épineux sujet depuis les révélations des programmes de cybersurveillance de la NSA par le dénonciateur Edward Snowden en 2013.

Bien entendu, plusieurs autres personnes (dont des politiciens) n’ont pas hésité à critiquer la position d’Apple, accusant l’entreprise d’entraver la justice et de profiter de la situation à des fins de marketing – ce que l’entreprise se défend catégoriquement de faire. D’ailleurs, selon un récent sondage de la firme Pew, 51% de la population américaine partagerait ce point de vue contre 38% se disant en faveur de la position d’Apple.

Apple répond aux questions de ses utilisateurs

La lettre interne d’Apple ayant circulé depuis ce matin à travers divers médias, l’entreprise a mis en ligne une section sur son site où elle tente de répondre aux questions fréquemment posées par ses clients au sujet de cette affaire. On y retrouve plusieurs éléments provenant du mémo en question, dont notamment la suggestion de l’entreprise de créer une commission gouvernementale afin de débattre de la question.

  • r2d3

    Le gouvernement n’a pas à connaitre ces informations.